Roland-Garros: Cinq heures, des larmes et un cm... Wawrinka et Tsitsipas ont ébloui un Lenglen en transe

TENNIS Wawrinka et Tsitsipas se sont livrés un combat titanesque sur le Lenglen

William Pereira

— 

Stan Wawrinka et Stefanos Tsitsipas à l'issue de leur match sublime en huitièmes de finale de Roland-Garros, le 2 juin 2019.
Stan Wawrinka et Stefanos Tsitsipas à l'issue de leur match sublime en huitièmes de finale de Roland-Garros, le 2 juin 2019. — M. Bureau / AFP

De notre envoyé à Roland-Garros,

Cinq heures d’un combat interminable, une balle de match dans le court pour un centimètre, un soleil de plomb, une ambiance comme seul le Lenglen peut vous en procurer à Roland-Garros. A vous faire pleurer. Littéralement. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas pleuré après un match. Ça a été difficile à gérer sur le plan émotionnel. Je suis épuisé, je n’arrive plus à réfléchir », a lâché, dépité, un Stefanos Tsitsipas visiblement affaibli par son match contre Stan Wawrinka. Abattu, aussi. « [Perdre en cinq sets] c’est la pire chose au tennis. Le pire sentiment. Vous ne voulez pas être à ma place. »

Inconsolable, le Grec, malgré la belle accolade et les mots doux de son bourreau du jour après le point d’anthologie qui venait de sceller l’issue incertaine d’un match qui aurait très bien pu basculer dans l’autre sens, comme le Suisse a la modestie de le rappeler.

Mon expérience a fait que j’ai pu bien jouer au cinquième set, mais c’est pas ça qui a fait la différence. Tout se joue à un cm. Aujourd’hui j’en sors vainqueur, mais des matchs comme ça… Il aurait pu le gagner mais j’ai quand même été content de gagner ce combat. »

L’ambiance y est pour beaucoup. Dans un court Suzanne Lenglen acquis à sa cause, francophonie oblige, l’ancien vainqueur, porte d’Auteuil a retrouvé contre Tsitsipas des sensations qu’il avait presque oubliées. L’adrénaline des grandes joutes, les endorphines que procure l’effort extrême. Le pied, putain. « Ce genre d’ambiance, ce genre d’émotion, c’est la raison pour laquelle je me suis remis d’une opération [au genou] pour revenir. Je n’avais jamais vu une telle ambiance pour moi ici. C’était incroyable. »

L’Helvète revient de tellement loin qu’il vit un rêve éveillé. Alors bien sûr, il parle un peu de la suite, des courbatures qui promettent de transformer ses prochains jours en enfer, de Roger Federer​, « le plus grand de ce sport », du challenge qu’il a hâte de relever, vous connaissez la chanson. Mais pour le moment, Stan a plutôt envie de savourer le début de ce qu’il appelle sa deuxième carrière. Et accessoirement de cette première semaine parisienne, symbole de cette renaissance. « Je viens de finir un gros match, un match où je suis content de m’en être sorti, j’ai envie de profiter de ce qu’il s’est passé en première semaine. »