Le Roland de Roger (jour 8): Autodérision et chambrage… Federer est aussi le roi de la vanne

TENNIS Pendant toute la quinzaine (enfin, s’il va au bout), « 20 Minutes » vous fait vivre au jour le jour le tournoi de la légende Roger Federer  

Nicolas Stival

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Marion Bartoli et Roger Federer s'échangent leurs meilleures histoires drôles sur le central de Roland-Garros
Marion Bartoli et Roger Federer s'échangent leurs meilleures histoires drôles sur le central de Roland-Garros — Ella Ling / BPI / Rex / Sipa
  • Roger Federer est de retour à Roland-Garros après quatre ans d’absence.
  • A 37 ans, il s’agit peut-être de sa dernière apparition Porte d’Auteuil.
  • « 20 Minutes » a décidé de suivre le tournoi du Suisse au jour le jour.

A Roland-Garros,

Pendant toute la quinzaine (enfin, s’il va au bout), les envoyés spéciaux de 20 Minutes vous font vivre au jour le jour le tournoi de la légende Roger Federer. Entraînements, conférences de presse, entourage, nos envoyés spéciaux Porte d’Auteuil vous offrent les coulisses de ce qui pourrait bien être le dernier Roland de Roger. Aujourd’hui, on vous parle du côté blagueur de la légende.

Quand on évoque Roger Federer, on pense à son incroyable palmarès, à sa formidable longévité ou encore à son indéniable élégance. Beaucoup moins à son sens de l’humour. Et pourtant, le Suisse de 37 ans régale son audience depuis le début de la quinzaine, à Roland-Garros.

Attention ! Quand on parle de l’humour de Federer, on n’évoque pas les blagues de Tonton Pierrot à la fin des repas de famille, lorsque le vieil Armagnac vient se diluer dans les cinq verres de rouge du repas et les quatre pastis de l’apéro. Rodgeur n’est pas non plus du genre Hubert Bonisseur de la Bath, à rire à ses propres vannes.

Non, le Suisse sait rester classe et pince-sans-rire, en toutes circonstances. Même si le maestro helvète en rajoute pas mal, comme après son deuxième tour contre Oscar Otte, sur le Chatrier. Au micro de Marion Bartoli, le sage de Bâle avait alors ironisé sur le fait qu’il n’avait « pas toujours bien vu la balle », parce qu’il était « super vieux ». La ficelle est grosse, mais le public du central, particulièrement en forme ce jour-là, avait explosé de rire.

Pioline chambré

Idem pour celui du Lenglen deux jours plus tard, lorsque Federer avait chambré Cédric Pioline, qui l’interrogeait après son succès au troisième tour sur Casper Ruud. « A l’époque, quand je commençais et que tu finissais, les joueurs avaient deux-trois coups fabuleux et une grosse faiblesse, avait lancé la légende helvète à son aîné de douze ans. Toi, tu n’as pas eu ça, tu es Cédric Pioline ! » Bon, à l’écrit, c’est moyennement drôle, mais en direct, l’effet était très réussi.

Au sortir de sa balade face à Leonardo Mayer ce dimanche sur le central, l’idole s’est cette fois gentiment moquée de son ami Stan Wawrinka, alors en train de livrer un formidable combat à Stefanos Tsitsipras sur le Lenglen.

Questionné par Fabrice « Monsieur Loyal » Santoro, Federer a confié qu’il espérait rencontrer son compatriote mardi en quart de finale. Ce qui sera effectivement le cas. « Il m’a mis trois sets en 2015, c’est un mauvais souvenir. Il avait joué fabuleusement, avec son short horrible. » Tout de suite, le vilain habit à carreaux est revenu s’incruster dans l’esprit des presque 15.000 spectateurs. Effet comique garanti.

Forcément, à Paris encore plus qu’ailleurs, après quatre ans d’absence, Federer évolue devant un public conquis. Mais même face aux journalistes, le meilleur joueur de tous les temps se mue parfois en « Monsieur Petites Blagues ».

Stan Wawrinka et son fameux short à carreaux lors de l'édition 2015 de Roland-Garros.
Stan Wawrinka et son fameux short à carreaux lors de l'édition 2015 de Roland-Garros. - David Vincent / AP / Sipa

Dernier exemple en date, ce dimanche, lorsqu’une consœur lui a demandé s’il se souvenait de son huitième de finale contre l'Allemand Tommy Haas ici même en 2009. Bousculé comme rarement, le Maître avait retourné la situation, pour remporter le match en cinq sets et, quelques jours plus tard, son seul Roland-Garros.

« J’ai failli envoyer un texto à Tommy [samedi], parce que je savais que c’était le dixième anniversaire du match, mais je ne l’ai pas fait, a-t-il répliqué dans un sourire, déclenchant l’hilarité de la salle de presse. Je me suis dit qu’il ne fallait pas le faire. » Sans pression apparente, simplement heureux d’être là et de préparer un 54e quart de finale en Grand Chelem… Telle est la belle vie de Roger Federer à Paris.