Coupe de France: Petit poucet éliminé, l'Olympique Strasbourg a atteint son objectif, «ne pas se casser la gueule»

FOOTBALL Après la fin de sa folle aventure contre Saint-Etienne (0-6) ce dimanche à la Meinau, l'Olympique Strasbourg, petit poucet de la Coupe de France (Régional 2), veut penser à poursuivre son développement...

Bruno Poussard

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Les joueurs de l'Olympique Strasbourg face à leurs adversaires de l'AS Saint-Etienne ce dimanche à la Meinau.
Les joueurs de l'Olympique Strasbourg face à leurs adversaires de l'AS Saint-Etienne ce dimanche à la Meinau. — Page Facebook / Olympique Strasbourg.
  • Petit poucet de la Coupe de France, l’Olympique Strasbourg (Régional 2) a vu son aventure se terminer contre Saint-Etienne (0-6) ce dimanche à la Meinau.
  • Après un « rêve de gamin » joyeux malgré l’élimination, la petite formation alsacienne veut désormais penser à poursuivre son développement.
  • De retour à la vie normale ce lundi, le président Aziz Soylu se réjouit que son club ait réussi à assurer l’organisation coûteuse d’un tel match.

« La vraie vie reprend, ça fait tout drôle. » Au terme des vacances de Noël, Aziz Soylu s’en est rendu compte ce lundi en accompagnant ses enfants à l’école. Au lendemain du 32e de finale de Coupe de France entre  son Olympique Strasbourg, petit poucet, et l’AS Saint-Etienne (0-6) disputé à la Meinau, le président du club a enfin trouvé le temps de profiter des siens.

Après deux longues semaines focalisées sur l’organisation, Aziz Soylu a vécu une journée dans « une autre dimension » ce dimanche, entre satisfaction et fatigue. Une fin d’aventure émouvante pour lui, des réunions d’avant-match aux noms de ses joueurs donnés par le speaker en passant par leur arrivée dans l’antre mythique du foot alsacien, « un rêve de gamin ».

Malgré la défaite de la petite formation qu'il préside depuis 2016, Aziz Soylu est en tout cas soulagé : « On a atteint notre objectif financier premier : ne pas se casser la gueule sur ce match. » C’est que, depuis la joie du tirage au sort l’opposant à un historique de Ligue 1, l’Olympique Strasbourg a sacrément cravaché, avec l’aide de la FFF, pour jouer en Alsace.

Un peu plus de 6.000 entrées payantes, juste assez

Malgré le soutien de l’adjoint aux sports de la ville et l’aide du Racing, le responsable de 35 ans du club amateur a tant galéré (coût élevé, absence de parcage dans un autre stade…) qu’il a un temps accepté d’évoluer à Geoffroy-Guichard. Avant que la Fédération n’intervienne. Au final, l’affiche à la Meinau a été confirmée le 21 décembre, et les billets reçus le 28 seulement.

« On a perdu deux semaines, estime Aziz Soylu. On aurait pu être mieux préparés. » Avec les 2.000 places vendues le jour du match, l’Olympique Strasbourg a toutefois dépassé les 6.000 entrées payantes. La onzième affluence des 32es de finale a ainsi permis au club aux 200 licenciés et 40.000 euros de budget annuel de rentrer dans ses frais, son inquiétude.

Sans gagner beaucoup d’argent en plus, néanmoins. Si l’Eurométropole, propriétaire, a mis à disposition le stade, et la FFF pris en charge le coût des écrans géants, l’Olympique Strasbourg a payé 77.000 euros pour la sécurité, le traiteur, la sonorisation, l’assurance et la pelouse. Heureusement, le club de Cronenbourg a dégagé 83.000 euros avec la billetterie.

Un retour à l’anonymat à gérer en janvier à Cronenbourg

Son vrai bénéfice, le petit poucet alsacien le tirera de la dotation de la Fédé acquise par son parcours : 52.500 euros. « Pour le futur du club », insiste Aziz Soylu. Le nouveau président de la formation de quartier d’un peu plus de 20 ans a plein de projets. Après la création de trois équipes jeunes (U13, U15, U18), il veut désormais être présent auprès des plus petits.

D’ici-là, l’Olympique Strasbourg devra gérer son retour à l’anonymat et la reprise de son championnat de Régional 2. Mais le président a confiance en son groupe pour ne pas prendre la grosse tête. A la reprise de l’entraînement dans cinq jours, lui et le coach connaissent déjà la teneur de leur discours pour aider leurs joueurs à « redescendre de leur nuage. »

En attendant des vestiaires - promis pour 2020 - permettant au club d’évoluer enfin chez lui, l’Olympique espère que son parcours en Coupe lui attirera plus de soutien, en s’éloignant d’une vieille image négative. « Il faut qu’on nous voit comme un vrai club, qu’on nous respecte comme les autres équipes, et que les gens n’aient pas peur de venir nous découvrir », demande Aziz Soylu.