VIDEO. Coupe de France: «Une Ligue 1, un rêve, Saint-Etienne, le Graal», pour l'Olympique Strasbourg

FOOTBALL Dans une salle du quartier de Cronenbourg ce lundi, les joueurs de l’Olympique Strasbourg (Régional 2), parmi les petits poucets de la Coupe de France, ont vécu ensemble le tirage des 32es de finale…

Bruno Poussard

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A Cronenbourg, l'effusion de joie des joueurs de l'Olympique Strasbourg au moment du tirage des 32es de Coupe de France qu'ils joueront contre Saint-Etienne. Lancer le diaporama
A Cronenbourg, l'effusion de joie des joueurs de l'Olympique Strasbourg au moment du tirage des 32es de Coupe de France qu'ils joueront contre Saint-Etienne. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Dimanche, l’Olympique Strasbourg, club de Régional 2 (septième niveau français), a sorti le SAS Epinal,  trois échelons au-dessus en Coupe de France.
  • Au lendemain, ses joueurs se sont rassemblés dans une salle du quartier de Cronenbourg pour vivre ensemble le tirage au sort des 32es de finale.
  • Les Cronenbourgeois du jeune club de la capitale alsacienne (l’Olympique Strasbourg est né en 97) sont parmi les petits poucets de la compétition.

En découvrant le chapeau de l’Olympique Strasbourg, Osmane, un des dirigeants, l’avait presque prophétisé : « On veut une Ligue 1, Saint-Etienne ou Lille ! » Monté en Régional 2 cet été, le petit club du quartier de Cronenbourg, dans l’ouest de la capitale alsacienne, est désormais un des deux petits poucets (avec l’ESC Longeau) de la Coupe de France, à l’aube des 32es de finale.

Pendant qu’un plus petit encore, l’Entente Crest Aouste (Régional 3), a vu son match reporté, la formation strasbourgeoise a sorti le SAS Epinal, pourtant trois échelons au-dessus (National 2), en 64es ce dimanche. Au lendemain, le coach Mohamed Khettab a donc proposé à ses joueurs de suivre le tirage sur rétroprojecteur dans une salle du centre socio-culturel où il bosse.

Probablement le plus grand moment de l’histoire du club

Expérimentés ou petits jeunes, du quartier ou d’un peu plus loin, rares sont ceux à ne pas s’être déplacés. Parce que ce 32e de finale sera assurément le plus grand moment de la jeune histoire du club, créé en 1997. Un club de quartier, de potes, aux 200 licenciés. Mais ambitieux. « C’est l’histoire d’un quartier », insiste Gauthier et Selcuk, deux anciens.

Mais au moment de voir leur chapeau présenté sur Eurosport 2 sur l’écran géant, plus un bruit. Le son et l’image sont un peu décalés, mais qu’importe. A la télé, le président du club a le micro. Puis viennent les premières boules tirées. Les uns après les autres se lèvent. Les canettes de thé glacé sont posées. Certains prennent le téléphone pour immortaliser l’instant.

Le stress, puis plusieurs effusions de joie devant le tirage

Le stress… Puis la joie. Quand le SC Schiltigheim, autre alsacien, mais de niveau semi-pro (National 2), tombe. Quand l’US Gravelines, un autre petit (Régionale 1), aussi. Puis quand Raon-l’Etape (National 3) est enfin tiré, ne laissant plus que deux clubs de Ligue 1 comme possible adversaire. Puis le tirage de l’AS Saint-Etienne, laissant finalement l’Olympique en dernier !

Alors les Cronenbourgeois exultent. Puis remettent ça au moment de voir leur nom sorti de la dernière boule de leur chapeau ! Le portable dans une main, l’autre sur l’épaule du voisin, les joueurs sautent dans tous les sens. En bon trentenaire, Gauthier, le capitaine, reste mesuré : « On est ravis. » Le coach, pendant ce temps, n’y croit pas : « C’est un club mythique les gars ! »

Avant que la folie ne s’empare de la salle à Cronenbourg

Devant le canapé au milieu de la salle, l’effusion n’en finit pas. Les coups de fil s’enchaînent. Francky, un retardataire, arrive : « Voilààààààààààààà ! » Puis serre ses équipiers dans les bras. « On est des gens qui travaillent et on va les taper », se marre-t-il, bonnet sur la tête, après avoir écouté le tirage à la radio. M’Vila, Cabella, Ruffier, Khazri sont les noms sortis.

« Une Ligue 1, c’est un rêve, Saint-Etienne c’est le Graal ! », prolonge Selcuk, magasinier de 34 ans. « Saint-Etienne c’est la base, un peu comme une pâte à pizza, embraye le pourtant sobre Gauthier, la banane aux lèvres. La fête continue ! On veut montrer notre meilleur visage. » Supporter de Lyon, Sohayl, 21 ans et du quartier, ne peut qu’avaliser : « En plus on va parler de nous. »

Un match prévu le 6 ou 7 janvier, mais où se jouera-t-il ?

Partagé entre « soulagement » et « intensité » du moment, le coordinateur sportif Lahrizi Elfitess a du mal à faire redescendre le palpitant, tandis que les joueurs sont désormais partis : « On va faire rêver les jeunes, on va rentrer sur le terrain avec les petits, ça va être génial ! » Mohamed Khettab n’est pas redescendu non plus : « Je suis sur un nuage, je pourrais marcher 10 km en tee-shirt maintenant ! »

En bon coach, il sait néanmoins que de gros choix l’attendent. L’organisation sera, elle, pour les dirigeants. La rencontre se jouera le week-end du 6-7 janvier, mais ils ne savent pas encore où. Certains n’ont pas tardé à formuler un autre rêve : « La Meinau. » Mais d’ici là, il y a encore deux journées de Régional 2, où ils sont en milieu de tableau. « Il faut prendre des points sur ces matchs-là », conclut le capitaine.