Coupe de France: Le mythe du petit poucet? «Obsolète et ringard»

FOOTBALL Quatre clubs amateurs vont tenter de se hisser en quarts de finale de la coupe de France cette semaine…

N.C.

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Trélissac (CFA) a réalisé l'exploit des 16es de finale de la Coupe de France en éliminant Lille, le 20 janvier 2016.
Trélissac (CFA) a réalisé l'exploit des 16es de finale de la Coupe de France en éliminant Lille, le 20 janvier 2016. — NICOLAS TUCAT / AFP

Chaque année, la même rengaine. Au gré des tours qui passent et des clubs amateurs qui restent en lice, le fameux « petit poucet de cette coupe de France » réapparaît, comme un caillou dans la chaussure des clubs de l’élite. Car c’est bien là que se trouve le principal intérêt de la compétition : voir des pros se faire sortir sur des champs de patates entourés de tribunes montées sur échafaudages.

Cette saison, c’est Granville, formation de CFA2 (5e division) en déplacement à Bourg-en-Bresse mardi en 8e de finale, qui a droit à ce titre honorifique. En tout cas pour l’instant. Trois équipes de CFA, Trélissac, Sarre-Union et Saint-Malo (opposés respectivement à l’OM, Lorient et au Gazélec Ajaccio), n’attendent qu’un exploit pour lui chiper la place.

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Sauf que la métaphore avec le conte de Perrault « est de moins en moins fondée », selon l’historien du foot Alfred Wahl. « A l’époque, quand un club amateur battait le Stade de Reims, par exemple, là c’était vraiment extraordinaire. Depuis une vingtaine d’années, les équipes amateurs n’en sont plus vraiment. Elles s’entraînent presque comme des pros, la plupart du temps au moins quatre fois par semaine. Techniquement, physiquement, l’écart de niveau s’est extrêmement réduit ».

Les « petits poucets », ce serait donc terminé. « C’est obsolète et ringard de mettre ça en avant », appuie celui qui fut le premier à aborder le football comme un sujet d’étude « sérieux » dans les années 80. « Le concept est aujourd’hui surfait. Il n’y a qu’à voir le nombre de fois où ça arrive qu’un club de niveau inférieur gagne. Je ne m’étonne plus de ces résultats ». La colonisation des équipes de 3e et 4e division par les laissés-pour-compte des centres de formation et le développement du statut de semi-professionnel, avec le flou qui l’entoure parfois, participent à l’effacement du mythe.

La FFF, elle, semble toutefois y tenir. En témoigne son très sérieux « classement des petits poucets » élaboré chaque année et qui permet au lauréat de remporter un grand nombre d’équipements. Sûrement pour que perdure « la magie de la Coupe »…

«Bertrand Renard ? Le compte est bon »/Source : www.fff.fr