Liga: «Ce Real est une ruine», la presse espagnole tire à boulets rouges sur Lopetegui

FOOTBALL Si le clasico se passe mal dimanche prochain, on ne voit pas comment Florentino Perez pourrait le maintenir... 

N.C. avec AFP

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L'avenir de Julen Lopetegui à la tête du Real Madrid ne tient plus qu'à u fil après la défaite à domicile contre Levante, le 20 octobre 2018.
L'avenir de Julen Lopetegui à la tête du Real Madrid ne tient plus qu'à u fil après la défaite à domicile contre Levante, le 20 octobre 2018. — Paul White/AP/SIPA

La descente aux enfers se poursuit pour Julen Lopetegui. L’entraîneur du Real Madrid a vu son équipe perdre pour la troisième fois d'affilée, samedi à la maison contre Levante (1-2). Evidemment, la presse sportive espagnole s’en donne à cœur joie ce dimanche. Même la pro-madrilène. « Ce Real est une ruine », titre Marca, quand As barre sa une d’un imposant « impuissance » écrit en majuscules. « La tête de Lopetegui ne tient plus qu’à un fil », ajoute As. Le quotidien catalan Mundo Deportivo voit lui une « mega crise » au sein du rival.

Comment expliquer une telle chute ? Usés par le Mondial, certains cadres semblent en méforme (Modric, Ramos, Varane…) et l’absence de recrues estivales majeures pour compenser le départ de Ronaldo a limité la concurrence dans un groupe repu de victoires.

« La principale responsabilité relève de footballeurs trop à l’aise et trop en deçà de leur réel niveau, pointe dans un éditorial Carlos Carpio, directeur adjoint de Marca. Ils sont incapables de retrouver la tension de la compétition au quotidien en Liga et sont ensuite angoissés, dépassés et manquent terriblement de leadership. » Et l’incroyable maladresse offensive, avec 34 tirs pour un seul but contre Levante, fait déjà regretter le départ vers la Juventus de Ronaldo…

Lopetegui déjà condamné ?

En tout cas, les médias espagnols sont unanimes : comme pour l’éphémère Rafael Benitez en 2015-2016, Lopetegui devrait voir son contrat de trois ans écourté. Il y a toutefois encore un peu d’espoir pour l’ancien sélectionneur national. Déjà, en 2016, le président Florentino Pérez avait Zinédine Zidane sous la main. L’actuel entraîneur de la réserve, Santiago Solari, ne semble lui pouvoir prétendre qu’à un court intérim en équipe première.

Deuxième point, les remplaçants de renom et disponibles ne courent pas les rues. On peut tout de même citer Arsène Wenger, qui n’a pas dit adieu au monde du football, et Antonio Conte. Le nom de l’Italien revient ce matin régulièrement dans les médias.

Enfin, le calendrier immédiat joue en faveur de Lopetegui. Il est même son meilleur allié : impossible de se séparer de l’entraîneur à 48 heures d’un duel crucial contre le Viktoria Plzen que le Real doit gagner pour viser les huitièmes de C1. Et surtout, difficile pour un nouvel entraîneur de faire son baptême du feu dimanche au Camp Nou face au FC Barcelone.

« Lopetegui n’est maintenu que par la perspective du clasico et la prudence de ne pas changer d’entraîneur juste avant. C’est un désastre », pointe dans un éditorial Alfredo Relaño, directeur du quotidien As. Pour l’instant, le capitaine Sergio Ramos et le vice-capitaine Marcelo ont chacun réaffirmé leur soutien à Lopetegui, signe que le vestiaire n’a pas lâché l’ancien sélectionneur espagnol. « Il n’est jamais bon de changer d’entraîneur, a souligné le défenseur espagnol samedi. Julen a le soutien de tout le vestiaire. »

Le clasico comme jugement dernier

Lopetegui lui-même a assuré, d’un ton monocorde, être « plus motivé que jamais », rappelant que son équipe n’avait que quatre points de retard au classement sur le leader Barcelone. Si une victoire dimanche au Camp Nou pourrait rendre du crédit à Lopetegui, une défaite lui ferait sans doute prendre la porte.

Petite lueur d’espoir pour le Real, Lionel Messi s'est blessé ce week-end et sera forfait. Voilà qui va rééquilibrer (un peu) le rapport de forces. « Nous nous attendons à affronter le meilleur Real, quoi qu’il arrive, a prévenu l’entraîneur barcelonais Ernesto Valverde. C’est le genre de match où les écarts au classement ou la dynamique du moment importent peu. Le clasico est un match spécial. » Et la seule planche de salut de Julen Lopetegui.