VIDEO. FC Nantes: «Au FCN, ils m'ont mis la misère pendant des semaines...», confie Eric Cubilier

INTERVIEW Vous l'aviez sans doute oublié, mais l'ancien Niçois a évolué à Nantes pendant une saison... et à la fin de son expérience, il a été licencié pour faute grave...

David Phelippeau

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Eric Cubilier, le 1er avril 2007, lors d'une mémorable Nantes-Sedan (0-1).
Eric Cubilier, le 1er avril 2007, lors d'une mémorable Nantes-Sedan (0-1). — EVRARD JS/SIPA
  • Eric Cubilier, dont le club de cœur est l’OGC Nice, raconte sa galère au FC Nantes entre 2006 et 2008.
  • En 2008, l’ancien défenseur sera licencié pour faute grave.
  • En 2015, il a gagné contre le FCN devant les prud’hommes.

Il n’a pas perdu sa faconde et son accent chantant du sud. Eric Cubilier* (38 ans), retraité du foot depuis 2010, vit à Saint-Laurent-du-Var, près de Nice. Dimanche (17 heures), il aura un œil attentif sur le match FCN-Nice. Deux de ses anciens nombreux clubs (Monaco, PSG, Lens, Metz et Bastia aussi) s’affrontent. L’ OGCN l’a davantage marqué que le FCN. Et pour cause : il n’a évolué finalement qu’une saison (2006-2007) avec le maillot jaune et vert. L’expérience nantaise se solde par une relégation (en 2007), un prêt d’un an à Metz (avec une relégation) et un retour à Nantes avec un licenciement pour faute grave (en 2008)… Entretien avec l’ancien défenseur.

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Vous arrivez à Nantes en 2006 sous l’ère Socpresse. Que retenez-vous de cette expérience d’une seule saison ?

Que des regrets. On n’avait pas une mauvaise équipe, mais il y avait eu tellement de changements de joueurs. Roussillon [le président] et la Socpresse ont voulu changer l’esprit nantais. Ils ont mis des cadres de côté comme Da Rocha et Savinaud. Ils ont refait une équipe avec beaucoup de nouveaux joueurs, mais la mayonnaise n’a pas pris du tout.

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Wilhelmsson, Boukhari, Stojkovic arrivent…

Il y avait beaucoup de jalousie dans le vestiaire avec ces gros salaires qui sont arrivés, notamment celui de Wilhelmsson. Il y avait beaucoup tensions car certains voulaient être réévalués et ne l’avaient pas été. Les purs Nantais avaient le sentiment que les recrues avaient des privilèges alors que ce n’était pas le cas…

Le Dizet, Eo puis le duo Der Zakarian-N’Doram sur le banc en une saison ?

C’est parti dans tous les sens. J’ai vécu une des pires saisons de ma carrière. En plus, moi, j’avais été blessé à la cheville, j’avais pris un gros tacle à l’entraînement par un joueur de CFA. J’ai voulu revenir trop vite… C’est vraiment une saison à oublier pour moi.

Pourquoi ça n’avait pas marché à ce point ?

Je pense qu’il y a une identité à respecter là-bas. Le passé est très présent à Nantes. Je le vois aujourd’hui encore, il faut plus s’appuyer sur le centre que de faire venir des joueurs de l’extérieur, soi-disant stars. Les dirigeants ont fait une erreur de stratégie.

Et Barthez arrive en cours de saison…

C’est un ami à moi. Ce n’était pas fait pour lui ce club. Il a eu des soucis avec les supporters. Il revenait de six mois d’arrêt, je pense qu’il a, lui aussi, mal calculé son coup. Moi aussi, j’ai senti que c’était compliqué quand tu arrives d’ailleurs de t’intégrer dans ce club. Je ne sais pas comment c’est maintenant…

Bon, il y a quand même un bon souvenir. Un but magnifique d’une reprise de volée [à l’angle de la surface de réparation], non ?

Contre Saint-Etienne. Mon seul en Ligue 1 et Ligue 2. Quand mes copains m’en parlent, je leur raconte que j’ai glissé et que j’ai eu de la chance.

Vous êtes prêté un an à Metz à l’issue de la saison 2006-2007. Et vous revenez à l’été 2008, mais on ne veut plus de vous. Racontez-nous.

Le coach Michel [Der Zakarian] ne disait rien, c’était le sous-fifre de tout le monde. Cette décision vis-à-vis de moi venait plus de Monsieur Kita et de Christian Larièpe [directeur technique]. Ils m’ont dit qu’ils ne comptaient pas sur moi et surtout qu’ils ne voulaient pas me payer alors que j’étais sous contrat. Ils n’ont pas été corrects et ils le savent. Ça s’est vu au résultat du procès [il a eu gain de cause en 2015 devant les prud’hommes]. J’ai forcément gagné devant le tribunal car ils n’avaient rien contre moi…

Un matin, vous êtes arrivé à la Jonelière avec un huissier…

Je n’avais aucun équipement. Monsieur Kita me mettait des amendes et ne me payait pas. Il m’a fait des reproches sur un match alors que je ne l’avais même pas joué. Ça devenait compliqué. Ils m’ont mis la misère pendant plusieurs semaines. Je me suis accroché. Ils ont fini par me licencier pour faute grave.

En voulez-vous à des gens ?

Non, je n’en veux à personne. Je dis même respect à Monsieur Kita car il faut voir ce qu’il a pris depuis des années. Il me semble que le club progresse. Aujourd’hui, il a pris un très bon coach [Ranieri]. Avec tout ce que Kita a subi, il aurait pu tout plaquer, mais il s’est accroché.

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* Eric Cubilier a été consultant pour France Bleu Azur sur les matchs de Nice la saison dernière. Il occupe son temps en famille (petit garçon de 19 mois), joue souvent avec les anciens Aiglons et pratique avec des ex-joueurs de foot comme Rool ou Deschamps du padel (sport de raquette dérivé du tennis)