Stade Rennais-FC Nantes: «Didot avait dansé la gavotte, moi, j'aurais pu faire la danse de la brioche», rigole Savinaud

FOOTBALL L’ancien milieu de terrain du FCN Nicolas Savinaud n’a pas oublié les derbys contre le rival régional, Rennes…

David Phelippeau

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Le 19 mars 2000, Savinaud face au Rennais Bigné... et les nantais l'emportèrent ce soir-là 2-1 après prolongation en 1/4 de finale de la Coupe de France.
Le 19 mars 2000, Savinaud face au Rennais Bigné... et les nantais l'emportèrent ce soir-là 2-1 après prolongation en 1/4 de finale de la Coupe de France. — MARCEL MOCHET / AFP
  • Nicolas Savinaud, Canari de 1995 à 2007, raconte ses souvenirs de derbys entre Rennes et Nantes.
  • Il n’a pas oublié la gavotte d’Étienne Didot, le soir d’un succès historique de Rennes à la Beaujoire en 2006.

« On est un peu vieux donc on ne se souvient pas très bien des années… » Qu’il se rassure, âgé de 42 ans depuis lundi, Nicolas Savinaud, Canari de 1995 à 2007, n’a pas encore la mémoire qui flanche. Et sur le sujet derby Rennes-Nantes - qui se jouera au Roazhon Park samedi - il en connaît encore un petit rayon. Entretien (un peu) vintage.

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Quels bons souvenirs gardez-vous des derbys ?

Beaucoup de bons car on a gagné beaucoup de derbys là-bas. Je me souviens d’un succès en 2004 [le 6 mars] avec des buts de Moldovan. J’ai toujours une photo de la communion de nous joueurs avec les supporters face à la tribune au Stade de la route de Lorient. Je me rappelle aussi d’une victoire éclatante à la Beaujoire cette fois-ci. C’était 1999 [le 19 septembre]. Il y avait Shabani Nonda sur le terrain et Paul Le Guen sur le banc en face. Ce fut un des meilleurs matchs au niveau du jeu et de la maîtrise qu’on ait pu faire en pro. Ça arrive rarement que tout se passe aussi bien dans le jeu et quand ça arrive dans un derby c’est encore meilleur…

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Et les plus mauvais ?

En janvier [le 4] 2006, c’était la première victoire de Rennes après 41 ans de disette à la Beaujoire. J’en garde un très mauvais souvenir évidemment. Les séries sont faites pour être interrompues et c’est arrivé ce soir-là. Il me semble que des succès de Rennes à Nantes, ça arrive plus souvent depuis quelques années.

Rennes l’avait emporté 0-2 grâce notamment à un but de Didot qui avait dansé…

Oui, il avait fait la gavotte [petite danse bretonne] devant le parcage rennais. On n’avait pas pris ça comme une provocation non plus. Je le revois faire des gestes avec ses doigts. Mais, c’était normal qu’il fête ça, ça faisait tellement longtemps que Rennes n’avait pas gagné à la Beaujoire. Si, nous, on était allés gagner à Rennes après autant d’années de disette, on l’aurait exprimé de manière encore plus grande j’imagine. Tiens, moi, j’aurais fait la danse vendéenne de la brioche…

C’était déjà le match à gagner à votre époque ?

Ça représentait un match où la passion était un peu décuplée. Nous, joueurs, on n’en faisait pas non plus une fixette. C’était notre meilleur ennemi, mais on ne regardait pas non plus en début de saison quand le derby avait lieu. Moi, j’étais content de les battre et j’ai détesté perdre contre eux en revanche…

Ce sont les supporters qui finalement ont donné autant d’importance à ce match ?

Oui, la semaine avant, les supporters nous faisaient comprendre que c’était un derby. Il y avait déjà plus d’engouement et de passion. J’ai l’impression que la rivalité régionale s’est accentuée au fil des années. Il y a aussi des petites guéguerres entre les groupes de supporters. C’est devenu LE derby… et ça me semble être plus important que Bordeaux ou Saint-Étienne.

Y avait-il un joueur rennais qui aimait chambrer ?

Franchement non. Christophe Le Roux est le seul joueur avec qui on avait eu des soucis sur un derby. Mais ce n’était pas parce que c’était un derby, je pense. On avait joué ensemble une année avant, et à la fin d’une défaite de Rennes contre Nantes, il avait trouvé que certaines attitudes chez nous n’étaient pas terribles. Il avait l’impression qu’on chambrait alors que ce n’était pas le cas. Je me souviens qu’après le match il avait râlé, mais c’était passé. C’était sous le coup de la déception.

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Frédéric Da Rocha dans vos rangs aimait chambrer, non ?

(Rires) Oui, il aimait les brancher, les provoquer la semaine avant. Il y avait beaucoup de second degré. Il n’avait peur de se faire siffler là-bas pendant tout le match. Au contraire, ça le motivait encore plus. Et nous, ça nous faisait rire.