FC Nantes: Dénicher des joueurs en DH ou N3, c'est la spécialité du FCN... et souvent, ça marche!

FOOTBALL Raspentino, Rodelin, Cissokho, Birama Touré, etc. et le dernier en date Ngom... 

David Phelippeau

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Santy Ngom.
Santy Ngom. — J.Bouchacourt / Foot amateur
  • Le FC Nantes est devenu depuis plusieurs années spécialiste du recrutement post-formation.
  • Le club a souvent réalisé de très bons coups avec Rodelin, Djilobodji ou encore Cissokho.
  • Santi Ngom pourrait être la future bonne pioche nantaise de ce recrutement.

Le FC Nantes leur redonne un peu une deuxième vie. Et le club nantais peut se targuer d’en être devenu presque spécialiste. Pêle-mêle depuis plusieurs années (et sans être exhaustif) : Raspentino, Cissokho, Mayenga, Djilobodji, Birama Touré, Bammou, Oudrhiri ou Ngom, le dernier en date… Tous ces joueurs, passés ou encore à Nantes, ont un point commun : ils ont signé sur les bords de l'Erdre alors qu’ils évoluaient à un niveau bien inférieur à la Ligue 1 (DH, N3, N2 ou N). On appelle cela le recrutement post-formation. Le taux de réussite dans ce secteur semble supérieur à celui de l'échec.

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La plupart de ces éléments sont arrivés pour renforcer l’équipe réserve nantaise, mais beaucoup - grâce à leur talent, souvent un peu de chance et (très souvent) un recrutement pour l'équipe 1 défaillant - ont fini en pro. « Je me souviens de Florian Raspentino, qui venait d’Agde (CFA), raconte Matthieu Bideau, patron du recrutement au centre. Il était prévu pour la réserve, et finalement, il est parti avec les pros car il restait une place… » Il inscrira une dizaine de buts en L2 puis signera… à l’OM (L1).

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A Nantes, Matthieu Bideau et son réseau de neuf recruteurs sillonnent les terrains français et « suivent des matchs de U12 jusqu’au National ». Depuis cet été, Philippe Mao, ancien entraîneur de la réserve, est chargé de ce recrutement post-formation. Un poste qu’il devrait toutefois abandonner à court terme pour se consacrer au marché des pros… Surprenant quand on sait que le FC Nantes depuis une décennie a déniché de bons joueurs en post-formation et réalisé avec ce secteur « de belles opérations financières », selon Philippe Mao. Djilobodji avait par exemple été acheté 100.000 euros à Moissy-Cramayel (CFA 2) puis vendu à Chelsea pour une somme comprise entre 3 et 4 millions d’euros.

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« Ça ne coûte souvent pas un rond, avoue Samuel Fenillat, directeur du centre de formation du FCN. Il y a des coups à faire dans ces divisions inférieures. C’est peut-être ancré maintenant dans les mœurs du club de faire de la place à des joueurs avec ce profil. » Et la concurrence est sans doute moins accrue sur ce type de « marché » que celui des jeunes joueurs talentueux de 11 à 17 ans… Au club, le recrutement post-formation n’a pourtant pas toujours été du goût de tout le monde. « Oui, ça a fait grincer certains staffs pros, confie Bideau. "Vous ne pouvez pas mettre plutôt des jeunes en réserve plutôt que d’aller chercher ce genre de profils ? !" a-t-on entendu souvent… »

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A 24 ans, Santy Ngom, qui est entré en jeu à la pause à Saint-Etienne (1-1) dimanche, fait partie de la longue liste des joueurs considérés comme « perdus » pour le haut niveau. Cet attaquant, auteur de 32 buts en DH à la Suze en DH la saison dernière et arrivé à la Jonelière cet été, pourrait s’avérer être la nouvelle belle surprise du recrutement de la post-formation. « Plusieurs fois, la saison dernière, on s’est demandé ce qu’il faisait avec nous, raconte maintenant le coach de la Suze, Eric Chambron. Devant le but, il est tellement impressionnant. Sur un exercice, centre-reprise, 8 fois sur 10, il trouve le cadre ! »

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Philippe Mao et Samuel Fenillat, qui l’ont vu à Nantes lors de son essai en mai, ont été conquis d’emblée. Et le FCN a jugé son joueur sur pièce et non sur les renseignements pris. La précision a son importance. « La seule chose qui vient à l’esprit de beaucoup de recruteurs de clubs avec des joueurs de ce profil-là c’est que s’ils sont là, il doit y avoir un problème, explique Bideau. On n’a pas appelé ses anciens clubs… » Fenillat : « On juge sur ce que l’on voit. On ne ferme donc aucune porte. » Au contraire, celle du monde pro s’ouvre souvent pour ces éléments considérés comme « perdus » pour l’élite.