Scandale Facebook: Cambridge Analytica a finalement accédé aux données de 87 millions d'utilisateurs

DATA Le chiffre des utilisateurs de Facebook piratés ne cesse d’augmenter depuis la révélation du scandale…

20 Minutes avec AFP

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Le siège de Cambridge Analytica, à Londres.
Le siège de Cambridge Analytica, à Londres. — Brais G. Rouco / SOPA Ima/SIPA

De 50 à 87 millions d’utilisateurs touchés. Finalement, Facebook vient d’annoncer que 87 millions d’utilisateurs du réseau social ont vu leurs données personnelles récupérées à leur insu par la firme Cambridge Analytica. « Au total, nous pensons que les informations Facebook de jusqu’à 87 millions d’utilisateurs – la plupart aux États-Unis -ont pu être partagées de façon indue avec Cambridge Analytica », a écrit le groupe. Jusqu’à présent le nombre d’utilisateurs affectés évoqué était de 50 millions.

C’est sur ce scandale ainsi que sur sa réponse jugée tardive aux manipulations politiques attribuées à la Russie que Mark Zuckerberg, le patron du groupe, devra s’expliquer le 11 avril devant des parlementaires américains très remontés.

Un questionnaire psychologique à l’origine des fuites de data

La firme Cambridge Analytica a récupéré, via un questionnaire psychologique téléchargé par plus de 300.000 personnes dans le monde, - une précieuse base de données pour la société, plus tard embauchée par l’équipe de campagne de Donald Trump. A l’époque, les applications autorisées par une personne avaient accès aux données de ses amis. Cette option a été supprimée en 2014, mais Mark Zuckerberg a reconnu que le réseau social devait mieux contrôler lui-même l’usage des données par les applications.

Empêtré dans ce scandale, qui est venu s’ajouter à d’autres polémiques, Mark Zuckerbeg organise depuis plusieurs semaines la contre-offensive politique et médiatique. Il veut convaincre les utilisateurs, et les pouvoirs publics aux Etats-Unis et dans le reste du monde, que le site a pris conscience de sa responsabilité, agit pour protéger ses usagers de toute exploitation malveillante de leurs données ainsi que contre toute opération de propagande ou de désinformation politique. Encore mercredi, le groupe a détaillé ses mesures destinées à rendre plus clairs et transparents les paramètres de confidentialité puis, dans un autre texte, expliquer ce qu’il comptait faire pour limiter la diffusion de données personnelles vers des tiers.

Deux témoignages au Congrès à venir

Mark Zuckerberg, 33 ans, devrait témoigner au moins deux fois au Congrès, chaque chambre gardant jalousement ses prérogatives et exigeant de l’entendre séparément. Il a confirmé sa venue le 11 avril à 10 heures devant la commission du Commerce de la Chambre des représentants.

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Il a également été invité le 10 avril par la commission des affaires juridiques du Sénat, aux côtés des patrons de Google, Sundar Pichai, et de Twitter, Jack Dorsey. Selon des déclarations de la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein au quotidien San Francisco Chronicle, il en aurait accepté le principe, mais la date n’a pas encore été calée.

Ses réponses seront particulièrement écoutées, notamment en Europe, où il a également été invité à venir s’expliquer en personne au Parlement britannique et au Parlement européen mais n’a pas encore donné suite.