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Comment « Wemby » a signé sa plus grande perf en carrière pour foudroyer OKC

NBA : Comment Victor Wembanyama a signé sa plus grande perf en carrière (et de loin) pour foudroyer OKC

Alien above ThunderLe pivot français de 22 ans est devenu lundi le plus jeune joueur de l’histoire à combiner plus de 40 points et de 20 rebonds dans un match de play-offs NBA. Découvrez les cinq raisons qui font de ce succès à Oklahoma City LA masterclass de « Wemby »
Est-ce un scandale si Wembanyama n’est pas désigné MVP ?
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Avec 41 points et 24 rebonds, Victor Wembanyama a réussi une immense prestation pour le match d'ouverture des finales de la conférence Ouest lundi soir, remporté par les Spurs (115-122 après deux prolongations) sur le parquet d'Oklahoma City.
  • Opposé au champion en titre et à sa féroce défense, « Wemby » tient son match référence en carrière, à 22 ans et pour sa découverte des play-offs NBA.
  • 20 Minutes liste en cinq raisons pourquoi il s'agit de la masterclass ultime du pivot de l'équipe de France, alors que San Antonio était privé de De’Aaron Fox pour ce gros rendez-vous.

Oubliez sa merveilleuse finale olympique à Paris 2024 contre les Etats-Unis, son ahurissant come-back post-thrombose en octobre dernier pour détruire les Mavs, ou encore son record de 50 points à relativiser vu l’enjeu et l’opposition (no offense Washington).

On tient depuis lundi soir LE match référence le plus effrayant en carrière de Victor Wembanyama, avec un récital pour chiper d’emblée l’avantage du terrain au champion en titre Oklahoma City (115-122 après deux prolongations), en finales de la conférence Ouest. 20 Minutes vous détaille cela en cinq raisons, au-delà de la ligne statistique monstrueuse (41 points à 14/25 aux tirs et 24 rebonds) de « Wemby » face à la plus féroce défense que peut proposer la NBA.

La sympathique feuille de stats de Victor Wembanyama face au Thunder est là.
La sympathique feuille de stats de Victor Wembanyama face au Thunder est là. - Sofascore / 20 Minutes

Parce qu’il n’a jamais été autant leader

Avec son lieutenant supposé le plus fiable et expérimenté De’Aaron Fox (28 ans, 18,8 points de moyenne sur ces play-offs) finalement sur le flanc (cheville), on se doutait que les responsabilités de Victor Wembanyama allaient encore grimper d’un cran lundi soir pour ce lancement des finales de conf contre le Thunder. Mais on n’imaginait pas voir « Wemby » autant en guide rassurant et sûr de sa force, alors qu'il n'était « que » le deuxième meilleur scoreur des Spurs derrière Stephon Castle sur l’entame de la « postseason ».

Très calme/« locked in » dans les moments chauds de cette rencontre à l’intensité exceptionnelle, le pivot français de 22 ans s’est aussi montré ultra-démonstratif après quelques actions d’éclat. On pense surtout à cet énorme dunk durant la deuxième prolongation (114-117), suivi de quelques mots en direction d’un Chet Holmgren qu’il n’apprécie guère, et qui l’avait contré au bout du temps réglementaire. Voir tous ses coéquipiers se ruer sur lui au coup de sifflet final en dit long, tout comme son aura de big boss assumé dégagée au moment de son interview sur le parquet, en mordillant son protège-dents façon Stephen Curry.

Victor Wembanyama célèbre ici avec rage son énorme dunk sur Chet Holmgren, durant la deuxième prolongation lundi.
Victor Wembanyama célèbre ici avec rage son énorme dunk sur Chet Holmgren, durant la deuxième prolongation lundi.  - T. Gutierrez/AP/SIPA

Parce qu’il n’a jamais été aussi « clutch »

Sa plus grosse action d’éclat de cette folle soirée évoque aussi le meneur superstar des Warriors. A savoir une bombinette balancée à plus de 9 m, à 28 secondes de la fin de la première prolongation, alors que le match penchait sérieusement vers OKC (108-105). Un shoot prodigieux et déclenché très vite qui n’est donc pas sans rappeler le plus grand game winner en carrière de Steph Curry sur ce même panier, en février 2016.

Ces grandes images en plein money-time manquaient encore à Victor Wembanyama durant ses trois premières saisons régulières NBA. Son statement ne pouvait pas tomber à un meilleur moment, pour sa plus grosse bataille de play-offs face au champion en titre et sa féroce défense. Outre ce tir du parking, on a listé cinq actions majeures de « Wemby » dans les moments chauds :

- A 97-97, à 1 minute de la fin, il s’arrache pour revenir en défense et arrache un rebond défensif archi-contesté après un lay-up manqué de Shai Gilgeous-Alexander.

- A 99-99, à 11,5 secondes de la fin, il se joue de Jalen Williams pour inscrire, tout en technique et toucher, ce qui aurait pu être le panier de la gagne.

- A 114-118, à 22 secondes du terme de la deuxième prolongation, peu après son énorme dunk (plus lancer bonus) sur Holmgren, « Wemby » convertit une audacieuse passe lobée de Stephon Castle pour quasiment plier le match.

- A 114-120, à 19 secondes de la fin du match, son contre sur Jalen Williams enterre pour de bon les derniers espoirs du Thunder.

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Parce que le « load management », c’est officiellement fini en play-offs

Qui dit arrivée des matchs couperets via les play-offs dit aussi la fin des protocoles visant à préserver au maximum le jeune et fragile joyau « Wemby » du côté de la franchise texane. Limité à 29,7 minutes de jeu par match sur sa saison rookie avec Gregg Popovich, puis encore à 29,2 minutes en moyenne durant cette saison régulière, en raison de plusieurs alertes physiques et d’un effectif assez fourni pour l’économiser, « Wemby » en a fini avec le « load management » à la sauce Spurs.

Il ne tourne certes qu’à 28,8 minutes de moyenne sur ces play-offs, mais ce chiffre est trompeur, car lié à quelques victoires faciles contre Portland et Minnesota sur les tours précédents, ainsi qu’à ses sorties très rapides (5 et 12 minutes) sur deux matchs pour cause de protocole commotion et d’expulsion. Mais sur les rencontres accrochées, l’ancien grand espoir de Nanterre reste au taquet sur le terrain, avec déjà sept matchs à plus de 32 minutes, et cette hallucinante pointe à 49 minutes lundi à Oklahoma City. Ça lui va plutôt bien à notre Frenchie de ne plus être bridé, non ?

Parce qu’il n’a jamais autant su s’adapter à des adversaires « hors profil »

Dans pas mal d’années, Charles Kahudi et Yves Pons pourront raconter à leurs petits-enfants comment ils avaient su cadenasser Victor Wembanyama avec l’Asvel en Betclic Elite, malgré un déficit de taille d’une vingtaine de centimètres. Car depuis ses débuts professionnels, « Wemby » est globalement plus gêné sur le plan offensif lorsqu’il est gardé par de toniques postes 3-4 le contrariant sans cesse au niveau des hanches.

Les équipes NBA sont ainsi parvenues à s’adapter depuis trois ans au profil inédit de l'« Alien » du Chesnay, en lançant sur lui des Julius Randle, Draymond Green, Dillon Brooks and co. Le Thunder est allé encore plus loin lundi, grâce à ses multiples options de défenseurs élite sur les postes d’arrières-ailiers.

C’est ainsi que Jalen Williams et surtout Alex Caruso (1,96 m tous les deux), qui avait su perturber Nikola Jokic lors des play-offs 2025, se sont davantage collés au dossier que Chet Holmgren (2,16 m). Des choix qui ont pu user Wembanyama, vu la dureté des profils retenus, mais qui ne l’ont pas empêché de profiter de toutes ses qualités athlétiques, notamment pour survoler la deuxième prolongation (9 points).

OKC a fait le choix de souvent mettre lundi soir son arrière Alex Caruso (1,98 m) en défense individuelle sur Victor Wembanyama (2,24 m).
OKC a fait le choix de souvent mettre lundi soir son arrière Alex Caruso (1,98 m) en défense individuelle sur Victor Wembanyama (2,24 m).  - J. D. Garrabrant/NBAE/Getty Images/AFP

Parce qu’il est toujours resté lucide

Qu’il semble loin, ce fameux coup de coude adressé à l’intérieur des Wolves Naz Reid le 10 mai, ce qui lui avait coûté une expulsion logique durant ces play-offs. Pour le premier match de finales de conf de sa carrière, Victor Wembanyama est tout simplement devenu le plus jeune joueur de l’histoire des play-offs NBA à compiler plus de 40 points et de 20 rebonds sur un match.

Et autant on a pu redouter le pire, lorsqu’il est tombé dans le piège d’Alex Caruso avec une faute offensive assez grossière à deux minutes de la fin du temps réglementaire (à 92-94), autant le reste de ce match ultra-serré est un modèle de lucidité. Dans ce registre, on peut noter en vrac le 12/13 aux lancers-francs, un ballon gratté à un moment irrespirable en demandant à raison un challenge auprès des arbitres, ou encore une meilleure protection dans une chute avec Chet Holmgren que sur son protocole commotion contre Portland.

Notre dossier sur Victor Wembanyama

Même lorsqu’on a pu s’étonner de ne pas le voir venir aider Stephon Castle sur une pénétration du désormais double MVP Shai Gilgeous-Alexander en fin de temps réglementaire (à 99-101), il y a une explication. Il aurait alors libéré son adversaire direct Chet Holmgren, qui aurait eu tout le loisir de rentrer le shoot de la gagne à trois-points dans le corner. On a eu beau chercher la petite bête, la masterclass est bel et bien totale.