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Journées de la réparation : Le prix de la réparation, toujours un frein pour prolonger la durée de vie des produits
économie circulaire•Les Journées nationales de la réparation qui ont lieu les 18, 19 et 20 octobre veulent sensibiliser davantage pour prolonger la vie des produitsChristophe Séfrin
L'essentiel
- Co-organisées par HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) et make.org Foundation, les secondes Journées nationales de la réparation se déroulent du 18 au 20 octobre.
- Vocation : mieux nous sensibiliser à la réparation de nos objets, notamment électroniques et textiles, afin de prolonger leur durée de vie et de limiter notre impact sur l’environnement.
- De Paris à Marseille, de Rennes à Lyon, des centaines d’événements et de festivals sont organisés pour fédérer autour d’une meilleure durabilité pour nos produits.
Le combat continue. Les vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 octobre 2024, les secondes Journées nationales de la réparation battront leur plein dans de nombreuses villes de France, toutes au diapason d’un même message : entretenez, réparez, faites durer vos produits ! Co-organisées par HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) et Make.org Foundation, ces JNR comptent mobiliser autour de Repair cafés, d’ateliers de réparation, de couture, de mécanique, et faire encore bouger les lignes autour de la réparabilité, mais aussi la durabilité de nos équipements.
Du Repair café au Docteur Doudou
Un Festival Repar’action à Strasbourg ; des ateliers Balancepastapaire ! (pour donner une nouvelle jeunesse à ses chaussures) à Toulouse ; une initiation au Sashiko (une technique japonaise pour customiser ses textiles) à Vendôme (41) ; ou encore une clinique pour doudous à Cenon (33) : les secondes Journées nationales de la réparation ont maillé le territoire. Plus de 1.000 événements organisés !
« 2024, c’est un peu l’année de la continuité et de l’élargissement à des thématiques plus larges, comme l’entretien de produits et la prolongation de leur durée de vie au quotidien », s’enthousiasme Rémi Reboux, chargé de mobilisation pour HOP. Car si depuis des années la sensibilisation autour de la réparation bat son plein, il reste fort à faire. Une étude sur l’impact du bonus réparation (lancé en France en décembre 2024) mené par l’association fondée en 2015 indique que 50 % de nos compatriotes ne connaissent pas encore l’existence du bonus réparation.
En 2023, 178.098 réparations ont pourtant déjà profité de ce bonus lancé par l’Etat dans le cadre de la loi Antigaspillage pour une Economie circulaire (AGEC). Bonus qui permet, selon les produits réparés auprès de réparateurs labellisés, de profiter d’un coup de pouce financier non négligeable : de 15 euros (pour un rasoir électrique, un sèche-cheveux ou un épilateur…), à 60 euros (pour un téléviseur). Des dizaines d’équipements sont éligibles.
Un lien social très fort
« Il y a encore du travail », note Rémi Reboux, même si les choses avancent avec de plus en plus de marques qui s’impliquent en rendant leurs équipements plus durables comme Fairphone, des grandes enseignes qui bougent sur ces thématiques (Fnac/Darty ; Boulanger ; Orange ; Electro Dépôt, mais aussi Mondial Tissus pour les textiles), et « un secteur de la réparation solidaire avec un lien social très fort », se félicite le chargé de mobilisation pour HOP.
Dès 2025, l’actuel indice de réparabilité qui aide les Français dans leurs achats (en décernant à certains produits une note sur dix) se transformera progressivement en indices de durabilité intégrant des critères de fiabilité, de robustesse et de facilité de maintenance.
Le prix : frein à davantage de réparations
Reste un frein, malgré le bonus s'il est utilisé : le prix de la réparation. L’Ademe a démontré que si celle d’un produit coûte plus d’un tiers de son prix à neuf, cela décourage le consommateur qui risque fort de le remplacer plutôt que de prolonger sa durée de vie. Et dans l’état, le bonus réparation ne couvrirait que 17 % du coût total d’une réparation. Cette part pourrait évoluer, avec une modification de la TVA sur la réparation, qui devrait, revendique HOP, migrer vers une TVA « circulaire » minorée.
Au-delà, c’est toute une filière qu’il faut (re) construire avec, selon Rémi Reboux, « de gros besoins de réparateurs formés, des emplois locaux, non délocalisables ». Selon les estimations, il manquerait 35.000 réparateurs en France ! Sans compter ces savoirs d’artisans qui ne sont pas ou plus transmis et que des départs à la retraite condamnent inexorablement, comme dans le secteur de la cordonnerie. Les JNR des 18, 19 et 20 octobre susciteront-elles de vocations parmi les dizaines de milliers de visiteurs attendus ?
D’ici là, de nouvelles batailles pointent leur museau comme autour des voitures électriques bardées de logiciels souvent impénétrables, ou de batteries dont la fabrication coûte très cher, pollue, et qui sont très difficilement réparables.
Autre champ d’action autour des phénomènes de « l’obsolescence marketing » et de « l’obsolescence esthétique », des pratiques qui nous poussent à renouveler nos produits alors qu’ils sont fonctionnels. En influant, parfois malgré nous, sur nos modes de consommation.



















