Williwaw : On a testé le ventilateur le plus cher du monde (et on a compris ce qui justifie son prix)

CANICULE Test à l'appui, Williwaw, le ventilateur le plus cher du monde, n'a pas trop de mal à justifier son prix

Christophe Séfrin

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Williwaw : On a testé le ventilateur le plus cher du monde — 20 Minutes
  • Avec les fortes chaleurs, les ventes de ventilateurs risquent de s’enflammer et de monter aussi vite que le mercure dans le thermomètre.
  • Vendu 849 euros, Williwaw est peut-être le ventilateur connecté le plus cher du monde, mais il sait marquer sa différence.
  • Matériaux, fabrication, durabilité : cet appareil français respire la qualité et se distingue sur le terrain des performances.

Un peu de fraîcheur dans un monde caniculaire. Vous pensiez investir dans un climatiseur ? A moins que le ventilateur ne soit la solution ?  Williwaw, qui coûte le prix d’un bon smartphone, veut prouver que l’alternative est possible. Français et fier de l’être, Williwaw revendique une ventilation efficace, silencieuse et peu gourmande en énergie. C’est ce que « 20 Minutes » a vérifié.

Stéphane Thirouin, le concepteur de Williwaw.
Stéphane Thirouin, le concepteur de Williwaw. - WILLIWAW

Un projet d’abord avorté

Williwaw, c’est l’idée du designer Stéphane Thirouin. Ce fut d’abord un projet avorté dans son ancienne entreprise, un géant national des produits électroménagers, où le concept de ce ventilateur fut abandonné car jugé trop cher. Indemnités de licenciement en poche, le créateur a pu repartir avec le moule du ventilateur sous le bras. « J’ai cassé ma tirelire, liquidé mes participations et me suis lancé ». Deux ans de développement, six mois de process de fabrication et une médaille d’or au Concours Lépine et voici Williwaw soufflant son vent nouveau sur le marché des ventilateurs.

Neuf pales pour brasser l’air

Derrière son look de produit aéronautique, l’appareil cache une hélice de 40 cm de diamètre. Celle-ci est équipée de neuf pales, contre trois pour un ventilateur classique. Si elle est trois fois plus lourde, l’hélice est animée par un moteur brushless (sans balai) qui permet de parfaitement ajuster la vitesse de rotation. Rien à voir avec les ventilateurs classiques dont le moteur à charbon démarre à haute vitesse pour ensuite se stabiliser. Et un moteur brushless tourne sans frottement, donc sans usure.

Williwaw intègre un moteur brushless, sans frotement ni usure possible.
Williwaw intègre un moteur brushless, sans frotement ni usure possible. - WILLIWAW

Connecté et autogéré

Se connectant instantanément en Bluetooth à un smartphone lesté de l’application Williwaw, le ventilateur dévoile progressivement ses secrets. Il est possible d’en régler manuellement la vitesse avec le bouton en façade, d’orienter plus ou moins l’oscillation, mais aussi l’inclinaison grâce à sa tête pivotante, mais avec cela, rien qui ne sorte vraiment de l’ordinaire.

Le ventilateur est pilotable et programmable à distance.
Le ventilateur est pilotable et programmable à distance. - WILLIWAW

Disposant de deux sondes de température, Williwaw peut par contre s’autogérer. Les capteurs Bluetooth à placer dans la pièce ventilée (l’un près du plafond, l’autre proche du sol) vont ainsi influer sur le ventilateur afin qu’il maintienne un niveau stable de température dans une fourchette choisie entre 1 et 5°C. Cette fonction nous a semblé particulièrement pratique pour réduire significativement la chaleur en haut de notre escalier. A tester également en hiver, lorsque la chaleur de la cheminée s’engouffrera à l’étage… Pour cela, il suffira d’orienter le ventilateur vers le haut pour qu’il fasse redescendre d’un niveau un peu de ces précieuses calories perdues.

Agréable sensation de fraîcheur

Williwaw est aussi programmable. Il peut ainsi se déclencher et s’éteindre lorsque désiré, être contrôlé à distance depuis un smartphone et différents utilisateurs. On regrette sur ce point que l’application Williwaw manque sérieusement d’ergonomie, mais elle devrait être prochainement revisitée. Surtout, le ventilateur peut brasser l’air tout doucement, sans qu’on l’entende. Situé à 1,50 mètre alors que nous bouclons cet article, il semble à l’arrêt. Pourtant, un léger souffle d’air permanent diffuse une agréable sensation de fraîcheur, sans que l’on finisse par avoir froid, comme c’est souvent le cas avec des ventilateurs qui tournent à toute blinde et qui font s’envoler les papiers sur le bureau.

Le design de Williwaw est particulièrement soigné et réussi.
Le design de Williwaw est particulièrement soigné et réussi. - WILLIWAW

Dire que dans notre chambre sous mansarde surchauffée par le soleil écrasant le Wiliwaw s’est fait apprécier durant les dernières nuits serait un pléonasme… Programmant son extinction en milieu de nuit, nous nous sommes endormis avec, sans suer à grosses gouttes.

Le prix de la qualité… et des taxes

Vendu 849 euros, Williwaw est « le ventilateur le plus cher du monde », estime Stéphane Thirouin, son concepteur. Si l’on vérifie sur le site de Darty, l’appareil est effectivement le plus onéreux dans sa catégorie. Sur le podium des prix forts, il est devancé par un ventilateur de plafond actuellement en promotion à 858 euros. Pour Stéphane Thirouin, le tarif élevé de Williwaw s’explique par un extrême souci de qualité.

Outre le design particulièrement réussi du ventilateur planté sur des pieds en bois que l’on doit assembler, l’appareil nécessite 90 minutes de montage en atelier. Pas de collage, pas de clipsage, pas de soudure qui en auraient réduit le coût, mais 114 vis qui lui permettent aussi de dire « halte » à l’obsolescence programmée. Du coup, « la durabilité du ventilateur est totale, tout est démontable », explique Stéphane Thirouin. Celui-ci garantit les pièces mécaniques du ventilateur durant dix ans et ses pièces électroniques durant deux ans. Cette éthique va jusqu’à se loger dans le packaging du ventilateur, un gros carton « entièrement compostable ».

Certes, Williwaw est fabriqué en Chine, mais selon Stéphane Thirouin, « si je l’avais fabriqué en France, il aurait coûté 1.700 euros. Aujourd’hui, sur les 849 euros finaux, 55 à 60 % reviennent tout de même en diverses taxes à l’État français ».