Cambriolages : Caméras connectées à installer soi-même ou télésurveillance ?
vacances•Si entre les caméras connectées et les systèmes de télésurveillance votre cœur balance, « 20 Minutes » vous donne quelques billes pour bien vous équiper avant les vacancesChristophe Séfrin
L'essentiel
- 217.000 logements ont été cambriolés en France en 2023.
- Pour se prémunir d’un cambriolage, les occupants des lieux peuvent renforcer la sécurité des entrées mais aussi se doter de caméras connectées ou de systèmes de télésurveillance.
- Les premières sont plus économiques et permettent de réaliser soi-même une levée de doute. Les seconds, plus chers, délèguent à une entreprise la surveillance de vos biens.
Alors que les juillettistes profitent de leurs vacances, les futurs aoûtiens préparent les leurs. Pour certains, la question se pose d’installer ou de faire installer un système pour surveiller son logement afin de se prémunir d’un cambriolage, voire de tenter de confondre les malfrats après un sinistre. Et deux partis s’affrontent. D’un côté, celui de la vidéosurveillance, avec ces petites caméras connectées à installer soi-même. De l’autre, celui de la télésurveillance en s’en remettant à une société tierce. 20 Minutes fait le point.
Les caméras connectées : simples et efficaces ?
C’est vrai qu’elles sont simples à installer, les caméras connectées. Fonctionnant en Wifi, il suffit le plus souvent de suivre le pas à pas dans leur application et de se laisser guider. Une fois en place, elles nous alertent via une notification en cas de détection de bruit ou de mouvement suspect. Ne reste plus qu’à effectuer une « levée de doute » en vérifiant sur l’écran de son terminal mobile s’il y a bien un intrus chez soi, et de donner l’alerte.
Depuis qu’elles sont apparues sur le marché, nous avons testé nombre de ces petites caméras à 20 Minutes.
D’année en année, elles se sont perfectionnées et leur prix a aussi chuté. On trouve ainsi des caméras d’intérieur comme l’Indoor Cam 2e gen, de Ring, un modèle Full HD vendu moins de 40 euros. En montant en gamme, la WelcomeEye Look, de Philips (129 euros) propose des images en 2K, et le suivi de sujet à l’aide de sa motorisation. Pour l’extérieur, la Smart Outdoor Camera, de Netatmo (319 euros) est depuis longtemps une référence. Et des fabricants comme Arlo ont conçu des éco-systèmes complets (avec sonnette vidéo, caméras d’intérieur ou d’extérieur fonctionnant sur batterie) vendus en kit, qui fonctionnent très bien.
Reste qu’à l’usage, leurs prestations peuvent poser question. Toutes déclenchent un enregistrement vidéo sitôt un intrus détecté. On peut s’y référer après avoir été alerté. Cet enregistrement peut s’effectuer sur carte microSD, logée dans la caméra. Mais que deviennent les preuves vidéo d’un cambriolage si la caméra est elle aussi volée ? Plus sécurisantes, certaines caméras effectuent leurs enregistrements sur « le cloud ». Mais après une période d’essai gratuite, un abonnement doit être payé pour que ces vidéos soient accessibles. Quelques euros par mois.
Gare, aussi, aux alertes intempestives. Notamment pour les caméras d’extérieur. Pas rare que le simple mouvement d’une branche d’arbre devant leur objectif déclenche une notification inutile. Même si les fabricants travaillent sur ce point (et l’on peut imaginer que l’IA sera précieuse pour faire vraiment la différence entre la détection de personnes, d’animaux, de véhicules…), la solution idéale manque toujours.
Gare à la zone de couverture
Et que dire de ces alertes que l’on reçoit sans que l’on puisse effectuer une levée de doute ? Cela se produit souvent (nous en sommes témoins !), lorsque l’on se trouve en vacances avec une mauvaise connexion téléphonique (comme en rase campagne), ou wifi (dans une zone ou la fibre n’a pas encore été installée). Si la notification arrive bien sur notre smartphone, impossible, souvent, de consulter les images de sa caméra en direct faute de connexion de qualité suffisante !
Enfin, la plupart de ces caméras sont inopérantes en cas de coupure d’électricité. Quand bien même elles fonctionneraient sur batterie, la box à laquelle elles sont reliées reste inaccessible… Certaines disposent cependant d’une puce 3G/4G.
Résultat : les caméras connectées ne sont pas la panacée. Difficile de les substituer à un système professionnel, même si certaines intègrent une alarme (dont le niveau sonore reste généralement assez faible). On peut cependant les privilégier pour un appartement dans une résidence qui dispose déjà de garde-fous (grille, porte avec code, concierge, etc.) ; un logement dont on peut surveiller un accès… On peut aussi les adopter pour se rassurer en cas d’absence de chez soi, pour savoir quand les enfants sont rentrés à la maison ou si notre animal de compagnie n’a pas déchiqueté le canapé. Voire, pour être alerté lorsqu’un livreur se présente à notre domicile.
Télésurveillance : un gardien H24 à la maison
Le 26 mars 2024, Free déboulait comme un éléphant dans un magasin de porcelaine en cassant les codes de la télésurveillance. En proposant une offre comprenant un système complet de télésurveillance assorti de son abonnement à « prix juste » (249 euros l’équipement, plus 19,99 euros d’abonnement/mois), l’opérateur et son partenaire Qiara en profitaient pour pointer les prix pratiqués dans un univers qui, selon eux, « manque de transparence ».
Nous l’avons vérifié : avant de s’équiper, il est nécessaire de faire réaliser un devis. « Comptez à partir de 799 euros pour le matériel installé et 37,90 euros pour la télésurveillance en abonnement. Avec maintenance, sans frais caché », tient à préciser Cédric Bernard-Laufer, président de Sector Alarm, qui fait partie de cinq gros acteurs du secteur. S’équiper d’un système de télésurveillance est donc plus cher que d’acheter des caméras connectées. C’est surtout investir pour une plus grande tranquillité d’esprit.
Détecteurs, caméras, alarmes sont donc installés par un professionnel (pas chez Free, c’est le client qui fait le boulot !). Ce matériel est connecté à une centrale qui fonctionne sur batterie (pas de problème en cas de coupure électrique) et transmet ses informations au prestataire en 4G (pas de souci de connexion).
Ensuite, un service de télésurveillance gère les alertes et s’occupe des levées de doute. Si la présence d’un intrus est détectée et que son identité ne peut être vérifiée, une société de gardiennage ou les forces de l’ordre sont alertées et se rendent sur place.
Évidemment, un abonnement est requis. D’après l’UFC-Que Choisir, son prix était en moyenne de 42,50 euros par mois en 2023. Cela dépend de l’importance du matériel déployé dans votre logement et des services souscrits. Il faudra régulièrement remplacer les piles/batteries des caméras (tous les deux ans, environ), ce qui implique la visite d’un agent et un coût d’entretien.
Récapitulons. Il existe d’un côté les caméras connectées souples d’usage, mais non sans faiblesse. De l’autre, les systèmes d’alarme avec une offre de télésurveillance. Les premières sont économiques ; les seconds beaucoup plus chers. Les unes consistent en de l’auto gestion de sa surveillance ; les autres en sa délégation à un tiers. Mais pas plus dans l’univers de la vidéosurveillance que dans celui de la télésurveillance, il existe une solution 100 % fiable contre les intrusions. En France, le nombre de cambriolages a augmenté de + 3 % en 2023 (source : Ministère de l’Intérieur et des Outre-Mer). L’équivalent de 217.600 logements « visités ».



















