Mis hors ligne par Amazon, le réseau social conservateur Parler porte plainte

APPLICATION Accusé d’avoir encouragé les violences au Capitole en ne retirant pas certains messages, le réseau social a également été banni des plateformes Apple et Google

20 Minutes avec AFP

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Le logo du réseau social Parler.
Le logo du réseau social Parler. — Jaap Arriens/Sipa USA/SIPA

Le réseau social prisé des partisans de Donald Trump, Parler, a porté plainte lundi contre Amazon qui l’a expulsé d’internet en l’empêchant d’accéder à ses serveurs pour avoir, selon le géant de la tech, laissé proliférer des messages problématiques après l’assaut sur le Capitole.

Amazon a suspendu le compte de Parler lundi, expliquant dans une lettre adressée au site conservateur avoir « observé récemment une augmentation persistante de contenus violents ». Mais Parler estime que cette décision est plutôt motivée par des considérations politiques et par la volonté de réduire la concurrence au bénéfice de Twitter.

« Ça va tuer l’entreprise »

Le réseau social reproche également à Amazon de ne pas lui avoir donné un préavis de trente jours avant de couper les ponts. Parler demande ainsi au tribunal d’empêcher Amazon de lui bloquer ses serveurs. « Cela revient à débrancher un patient sous assistance respiratoire. Cela va tuer l’entreprise – au moment même où elle montait en flèche », écrit Parler dans sa plainte.

Les géants de la tech Apple et Google avaient auparavant retiré de leurs plateformes de téléchargement d’applications le réseau social où se multipliaient, selon eux, « menaces de violences » et « activités illégales ». Tous ces groupes reprochent à Parler une politique de modération trop laxiste.

L’application la plus téléchargée des Etats-Unis

Face à la profusion de messages encourageant à la violence, « Parler ne peut pas, ou ne veut pas, identifier rapidement et retirer ces contenus », a de nouveau affirmé lundi Amazon dans un message transmis à l’AFP. Le réseau social enfreint à cet égard les termes d’Amazon et sa plainte n’est en conséquence « pas justifiée », a estimé la société en soulignant servir « des clients de tous bords politiques ».

La popularité de Parler a grimpé en flèche après la fermeture définitive par Twitter du compte de Donald Trump vendredi : son application était samedi la plus téléchargée aux Etats-Unis sur la plateforme d’Apple. Dimanche, dans un entretien à Fox News, le cofondateur du site, John Matze, a souligné que la remise en route du site pourrait prendre du temps. « Tous nos partenaires, ceux qui gèrent les textos, les courriels, nos avocats, nous ont laissés tomber le même jour », a-t-il déploré.

« On va faire tout ce qu’on peut pour revenir en ligne le plus rapidement possible mais tous les fournisseurs que nous contactons nous disent qu’ils ne veulent pas travailler avec nous si Apple ou Google n’approuve pas », a-t-il expliqué. Et il est difficile de trouver « 300 à 500 serveurs informatiques en 24 heures ». Dans un communiqué dimanche soir, il a réaffirmé vouloir faire de Parler un lieu de « dialogue ouvert » où la violence n’était en aucun cas tolérée.