Twitter supprime 70.000 comptes liés à la mouvance pro-Trump QAnon

COMPLOTISME Ces comptes, parfois plusieurs par utilisateur, sont accusés de partager des contenus dangereux

20 Minutes avec AFP

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Un homme porte un t-shirt Qanon à Londonderry aux Etats-Unis.
Un homme porte un t-shirt Qanon à Londonderry aux Etats-Unis. — Joseph Prezioso / AFP

Twitter a annoncé lundi avoir « suspendu de façon permanente » 70.000 comptes affiliés à la mouvance pro-Trump QAnon. Les plateformes craignaient que ces comptes n’utilisent le réseau social à des fins violentes, comme pour les émeutes à Washington la semaine dernière. « Ces comptes partageaient des contenus dangereux, associés à QAnon, à grande échelle. Ils étaient essentiellement consacrés à la propagation de ces théories du complot sur tout le service », a expliqué Twitter dans un communiqué.

QAnon est une mouvance conspirationniste d’extrême droite. Ses adeptes défendent l’idée que Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte libérale mondiale composée de pédophiles satanistes. Le nombre de comptes évincés est élevé car de nombreux individus en possédaient plusieurs.

La plupart des grandes plateformes ont pris des mesures sans précédent depuis que des partisans du milliardaire républicain ont envahi le Capitole pendant plusieurs heures mercredi, choquant le pays et ternissant son image à l’international. Facebook et Twitter, notamment, ont suspendu indéfiniment le compte de Donald Trump, qui n’a pas cessé depuis des mois de jeter le discrédit sur le processus électoral, et d’accuser sans preuves les démocrates de lui avoir « volé l’élection ».

« Manifestations armées »

Pour justifier leur décision, les deux réseaux ont notamment fait référence à des risques de violences futures, d’ici la cérémonie d’investiture de Joe Biden. « Des plans pour de futures manifestations armées prolifèrent sur Twitter et ailleurs, y compris pour une deuxième attaque du Capitole le 17 janvier 2021 », avait relevé Twitter vendredi. Twitter était le principal outil de communication de Donald Trump, qui s’adressait quotidiennement à ses 88 millions d’abonnés.

La décision du réseau social a été accueillie fraîchement, y compris par certains dirigeants européens comme Angela Merkel, qui a jugé cette décision « problématique » car elle montre la toute-puissance des plateformes en termes de liberté d’expression.