Violences à Washington : Google, Apple et Amazon coupent les ponts avec Parler, l’appli prisée des pro-Trump

RESEAUX SOCIAUX Des messages de soutien aux émeutiers qui ont fait irruption au Capitole mercredi se sont multipliés ces derniers jours sur cette plateforme ultra-conservatrice

H. B. avec AFP

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Parler, le nouveau réseau social qui cartonne aux USA
Parler, le nouveau réseau social qui cartonne aux USA — Geeko

Après Google et Apple, Amazon prévoit de couper les ponts avec Parler, le réseau social prisé des partisans de Donald Trump, accusé depuis quelques jours de relayer des menaces de violence. De nombreux fans du président américain se sont rués en fin de semaine sur cette plateforme ultra-conservatrice.

Parler est devenu un refuge pour certains internautes ulcérés par la politique de modération des réseaux grand public comme Twitter, qui a définitivement fermé le compte de Donald Trump vendredi. Des messages de soutien aux émeutiers qui ont fait irruption au Capitole mercredi y ont notamment fleuri tandis que d’autres appellent à de nouvelles manifestations.

Des messages incitant « à la violence »

Dans une lettre adressée au site conservateur, Amazon dit avoir « observé récemment une augmentation persistante de contenus violents ». « Compte tenu des événements malheureux qui se sont produits cette semaine à Washington, il existe un risque sérieux que ce type de contenus incite davantage à la violence », est-il ajouté dans la missive, publiée dans un premier temps par BuzzFeed et dont le contenu a été confirmé par une porte-parole d’Amazon. Comme le groupe héberge les données de l’application sur son service de cloud, la suspension du compte de Parler à partir du 10 janvier devrait empêcher au moins temporairement le fonctionnement du réseau social.

Google et Apple avaient déjà retiré ce samedi Parler de leur plateforme de téléchargement d’applications respective. Mais ces décisions ont toutefois eu des conséquences moindres : elles ont rendu plus compliqué l’accès à l’application Parler sur les appareils mobiles mais les abonnés peuvent toujours y accéder s’ils l’avaient déjà téléchargée ou aller directement sur Internet. Pour justifier sa décision vendredi, Google avait mentionné la présence de messages « incitant à la violence ». Apple a suivi son exemple samedi en regrettant la « prolifération » de « menaces de violence et d’activités illégales ».

« Un effort coordonné » pour bloquer l’application

Le fondateur de Parler, John Matz, a confirmé sur son profil qu’il était « possible que le réseau social ne soit pas accessible sur Internet durant une semaine ». « Nous allons tout faire pour trouver un nouveau fournisseur rapidement », a-t-il ajouté. « Amazon, Google et Apple ont fait cela dans un effort coordonné en sachant que nos options seraient limitées et que cela nous infligerait le plus de dommages possible au moment où le président Trump est banni par les entreprises de la tech », a déploré le patron de Parler.

John Matze a aussi regretté qu’Apple interdise le réseau social « jusqu’à ce qu’on abandonne la liberté d’expression, qu’on mette en place des politiques (de modération) très larges et invasives comme Twitter et Facebook et que nous devenions une plateforme de surveillance en jugeant par avance coupable les utilisateurs de Parler ».

Un repaire de l’extrême droite qui attire désormais des voix conservatrices plus traditionnelles

Samedi, son application était la plus téléchargée sur l’App Store avant qu’elle ne soit suspendue. De nombreux militants pro-Trump se sont en effet rués sur les plateformes conservatrices comme Parler ou Gab après la décision prise par Twitter de fermer définitivement le compte de Donald Trump.

Le réseau social Parler était surtout à ses débuts en 2018 l’apanage de franges extrémistes. Mais il attire désormais des voix conservatrices plus traditionnelles, y compris des parlementaires républicains Comme d’autres plateformes alternatives, Parler régule moins la désinformation et les propos haineux que les réseaux établis.