Violences à Washington : Twitter suspend le compte de Donald Trump de façon permanente

WEB Le réseau social explique avoir pris cette décision à cause des risques « de nouvelles incitations à la violence »

Philippe Berry

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Le compte Twitter de Donald Trump (illustration).
Le compte Twitter de Donald Trump (illustration). — Sipa

C’est une décision sans précédent qui devrait diviser Internet. Twitter a suspendu « de façon permanente » le compte de Donald Trump, vendredi, à cause des risques « de nouvelles incitations à la violence » après l’assaut contre le Capitole, à Washington, mercredi. Dans une déclaration, Donald Trump a accusé Twitter «d'attaquer la liberté d'expression» et laissé entendre qu'il pourrait lancer sa propre plateforme ou en rejoindre une autre.

Twitter avait bloqué le compte du président américain pour 12 heures, mercredi, après la mise en ligne d’une vidéo dans laquelle il ne dénonçait pas les violences et réaffirmait « On nous a volé l’élection ». L’entreprise avait expliqué qu’elle pourrait sévir de manière permanente en cas de nouvelle infraction à sa charte.

Après avoir condamné l’attaque contre le Capitole dans une nouvelle vidéo, Donald Trump a tweeté à deux reprises, vendredi, écrivant : « Les 75.000.000 de patriotes américains qui ont voté pour moi disposeront d’une VOIX GEANTE à l’avenir. Personne ne leur manquera de respect ou ne les traitera injustement. » Il a également annoncé qu’il ne se rendrait pas à l’investiture de Joe Biden.

Twitter ne piétine pas la liberté d’expression de Donald Trump

Au premier regard, ces messages sont loin d’être les plus virulents publiés par Donald Trump. Mais Twitter explique qu’il faut les lire dans le contexte des violences et des tensions actuelles, et juge qu’ils enfreignent sa charte sur la « glorification de la violence ». Selon l’entreprise, des discussions pour mener de nouvelles attaques contre le Capitole le 17 janvier prochain se multiplient sur Twitter et ailleurs.

Depuis plusieurs mois, de nombreux conservateurs, le sénateur Josh Hawley en tête, accusent Twitter de faire de la « censure » et d’enfreindre le premier amendement de la Constitution sur la liberté d’expression. Mais ils oublient qu’il ne s’applique qu’au gouvernement et au Congrès, et pas aux entreprises privées, qui peuvent gérer leur plateforme et leur charte comme elles le souhaitent.

Ultimatum d’Apple à Parler

Après les violences au Capitole, les plateformes, qui ont longtemps été réticentes à sévir, ont entamé un grand ménage. Donald Trump a été bloqué par Facebook (et Instagram) pour deux semaines, et Twitter a banni des personnalités liées à la mouvance QAnon, notamment l’ex-conseiller du président américain Michael Flynn et l’avocate Sidney Powell.

L’exode vers le service alternatif Parler est, lui, menacé : vendredi, Apple a donné 24 heures à la plateforme pour proposer un plan de modération de ses contenus, sous peine d’être éjectée de son app store. Dans la foulée, Google a retiré l’app de sa boutique Play store pour la même raison. Prisé par l’extrême droite et les disciples de QAnon suspendus par Twitter, Parler a, avec le forum TheDonald et des messageries cryptées, servi à préparer l’assaut du Capitole. On trouve encore des appels au meurtre visant Nancy Pelosi ou Mike Pence, et des projets pour une nouvelle action avant l’investiture de Joe Biden.

Où Donald Trump trouvera-t-il refuge? Le futur ex-président des Etats-Unis pourra toujours créer sa propre plateforme avec les centaines de millions de dollars qu'il a levés depuis sa défaite.