Violences à Washington : Trump plus seul que jamais après la suspension de son compte Twitter

ETATS-UNIS Le réseau social a frappé un grand coup en suspendant « de façon permanente » le compte du président républicain, caisse de résonance du Trumpisme et outil sur lequel il a bâti son ascension politique

H. B.

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Le profil Twitter de Donald Trump, qui comptait près de 82 millions d'abonnés.
Le profil Twitter de Donald Trump, qui comptait près de 82 millions d'abonnés. — Jenny Kane/AP/SIPA

Trois jours après les violences qui ont endeuillé le Capitole et ébranlé l’Amérique, Donald Trump se trouve aujourd’hui totalement isolé, potentiellement sous le coup d’une nouvelle procédure de destitution, mais aussi privé de Twitter, son canal de communication favori. Le réseau social a frappé un grand coup en annonçant suspendre « de façon permanente » le compte du président républicain, caisse de résonance du trumpisme et outil sur lequel il a bâti son ascension politique.

Après avoir suspendu son compte durant 12 heures mercredi, Twitter a dit prendre cette mesure inédite face au « risque de nouvelles incitations à la violence ». « Après examen approfondi des tweets récents de@realDonaldTrump et du contexte actuel – notamment comment ils sont interprétés (…) – nous avons suspendu le compte indéfiniment à cause du risque de nouvelles incitations à la violence » de la part du président américain sortant, a expliqué l’entreprise dans un communiqué

Reclus dans la Maison Blanche

Donald Trump a utilisé un autre compte, celui de la présidence américaine (@POTUS) pour répliquer. « Twitter est allé encore plus loin dans son musellement de la liberté d’expression, et ce soir, les employés de Twitter ont coordonné avec les démocrates et la gauche radicale le retrait de mon compte de leur plateforme, pour me faire taire moi – et VOUS, les 75.000.000 grands patriotes qui ont voté pour moi », a écrit le président sortant. Mais ce message a lui aussi été quasiment immédiatement supprimé par la plateforme.

Reclus dans la Maison Blanche, c’est justement d’un tweet, laconique, qu’il avait plus tôt annoncé qu’il n’assisterait pas, contrairement à la tradition, à la cérémonie d’investiture de son successeur. Ce message lourd de symbole restera le dernier de@realDonaldTrump et ses environ 88 millions d’abonnés au moment de sa suspension.

Lâché par nombre de ténors républicains

Sous le feu de critiques, accusé d’avoir sapé les institutions et jeté de l’huile sur le feu, Donald Trump avait tenté jeudi soir de calmer le jeu, marquant une rupture spectaculaire après des semaines de rhétorique incendiaire. Dans un message vidéo, le tempétueux président avait enfin reconnu sa défaite, même s’il n’a à aucun moment cité – encore moins félicité – son successeur démocrate Joe Biden. Il avait également dénoncé « une attaque odieuse » sur le Capitole, sans jamais cependant évoquer sa responsabilité dans ce drame qui a durablement terni l’image de l’Amérique à travers le monde.

Certains de ses détracteurs estiment que le plus simple serait que le 45e président se taise et laisse de facto le vice-président Mike Pence aux commandes jusqu’au 20 janvier. Pour Jeh Johnson, ancien ministre de la Sécurité intérieure, toute personne ayant un peu d’influence sur Donald Trump devrait lui faire passer un message simple : « Montez dans Air Force One, partez à Mar-a-Lago et restez-y. »

Le Wall Street Journal, propriété du magnat Rupert Murdoch, qui fut un allié de Donald Trump, a également appelé dans un éditorial ce dernier à prendre ses responsabilités et à démissionner. Une première sénatrice, Lisa Murkowski, en a fait de même, assénant : « Je veux le voir partir. » Deux membres du gouvernement ont aussi démissionné ces derniers jours…