La communauté des fans de K-pop se politise sur les réseaux sociaux

TIKTOK Cette communauté aux millions d’abonnés sur les réseaux sociaux s’affirme de plus en plus comme activiste, loin de l’image lisse de cette musique coréenne populaire

H. B. avec AFP

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Le groupe de K-Pop BTS.
Le groupe de K-Pop BTS. — Wenn/Starface

Célébrée sur les réseaux sociaux pour avoir saboté le récent meeting de Donald Trump, la communauté des fans de K-pop s’affirme de plus en plus comme activiste, loin de l’image lisse de cette musique coréenne populaire. #RallyFail (meeting raté), #CrowdFail (foule absente)… Depuis samedi, ils sont des centaines à célébrer sur le réseau social TikTok ce qu’ils présentent comme une opération concertée pour perturber la réunion de campagne de Donald Trump à Tulsa (Oklahoma).

Construite sur des groupes de jeunes Coréens inspirés des « boys bands », créés de toutes pièces par des labels musicaux, la K-pop est, a priori, un mouvement musical sans aspérité, à l’opposé de toute forme d’engagement politique. Mais il y a longtemps déjà que la communauté des fans, au niveau de maîtrise des réseaux sociaux très élevé, se met au service de causes, principalement des œuvres de charité.

« Les fans de K-pop sont des gens ouverts, intéressés par les questions de société »

Un premier virage décisif a été opéré avec le mouvement né après la mort de George Floyd, soutenu par une bonne partie de l’armée K-pop. Début juin, le groupe BTS, étendard du mouvement avec ses 26 millions d’abonnés sur Twitter, a tweeté son soutien aux manifestants et affiché sa solidarité avec le mouvement #BlackLivesMatter. Le groupe a également donné un million de dollars au mouvement. En quelques heures, une association montée par des fans, One in An ARMY, a alors réuni la même somme.

«Les chansons de BTS ont un rôle en ce qu’elles nous aident à avoir confiance en nous, à être gentils avec les autres, à nous soutenir les uns les autres », explique Dawnica Nadora, bénévole de One in An ARMY.

«Les fans de K-pop sont, en général, des gens ouverts, intéressés par les questions de société », explique CedarBough Saeji, spécialiste de culture asiatique et professeure à l’université d’Indiana. « Et aux Etats-Unis », ajoute-t-elle, « la K-pop est très soutenue par les personnes de couleur, (ainsi que) par les personnes qui s’identifient comme LGBTQ. »

« Ils vont se convaincre que le vote sert à quelque chose »

La communauté K-pop a plusieurs fois pris l’initiative en ligne ces dernières semaines, notamment pour contrer une tentative de conservateurs de rendre viral le mot-clé #WhiteLivesMatter («les vies des Blancs comptent »). En quelques heures, des centaines de messages reprenant ce « hashtag » ont été postés par des fans mais avec un contenu dénonçant le racisme et promouvant la K-pop. Ils ont ainsi noyé les messages hostiles à Black Lives Matter sous un déluge de leur propre production.

« S’ils ont le sentiment qu’ils peuvent changer les choses », estime CedarBough Saeji, le regard tourné vers la présidentielle de novembre, « ils vont se convaincre que le vote sert à quelque chose. »