La panne de Facebook, une «censure» déguisée des «gilets jaunes»? Gare à l'intox

FAKE OFF De nombreux internautes sont convaincus que la panne subie par Facebook mardi 20 novembre était un moyen de censurer le mouvement des « gilets jaunes » à la demande de l'Elysée...

Alexis Orsini

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L'un des tweets relayant la théorie complotiste sur la censure de Facebook.
L'un des tweets relayant la théorie complotiste sur la censure de Facebook. — capture d'écran
  • « Dictature », « censure »... Des internautes affirment que la panne subie par Facebook le mardi 20 novembre était un moyen de nuire au mouvement des « gilets jaunes ».
  • Le réseau social aurait selon eux agi aux ordres de l'Elysée.
  • Contacté par 20 Minutes, Facebook dénonce une affirmation « totalement [fausse] » et précise l'origine de la panne.

La panne qui a touché Facebook, mardi 20 novembre, n’a pas duré bien longtemps… mais suffisamment pour que certains internautes se plaignent d’une perturbation selon eux bien opportune en plein mouvement de protestation des « gilets jaunes ».

Nombre d’entre eux ont en effet vu dans cette panne une étrange « coïncidence », qui cacherait une forme de censure du mouvement dont la première journée de mobilisation a eu lieu le 17 novembre.

 « C’est de la dictature, quelle honte », « Facebook est aux ordres de Macron ??? », « C'est encore l'État qui est derrière, il commence à voir que ça prend de l'ampleur avec les gilets jaunes, ne lâchez rien, continuez » peut-on ainsi lire dans différents commentaires postés… sur Facebook.

Si le réseau social a bien été touché par une panne mardi 20 novembre, celle-ci n’avait aucun lien avec une prétendue censure commandée par l’Elysée, comme le confirme Facebook à 20 Minutes : « C’est totalement faux ».

Un photomontage sur la prétendue censure opérée par Facebook pour l'Elysée.
Un photomontage sur la prétendue censure opérée par Facebook pour l'Elysée. - capture d'écran

FAKE OFF

Facebook était déjà revenu sur cette panne hier dans une déclaration : « Plus tôt dans la journée, une configuration de serveur a provoqué des problèmes intermittents [...], entraînant une expérience dégradée pour les utilisateurs. Le problème a été résolu, nous sommes de nouveau à 100% pour tout le monde et nous sommes désolés [pour ce] dérangement. »

L’entreprise précise à 20 Minutes que cette perturbation touchait l’ensemble de la « maison Facebook », soit, outre le réseau social en lui-même, Messenger, Instagram et Oculus.

Dans une vidéo Facebook mise en ligne ce 21 novembre, et déjà visionnée plus de 6.000 fois, un internaute livrait toutefois sa propre explication de la panne, aux accents complotistes : « Je fais une petite vidéo, j'espère que je vais réussir à la publier parce qu'en ce moment c'est le gros bazar sur Facebook, voilà, donc je reçois énormément de messages qui me disent : "Oui, John, pourquoi j'ai des messages qui disparaissent, pourquoi j'ai des publications sur Facebook qui disparaissent également"... »

 « Donc moi, voilà, je vous explique, je suis informaticien, j'ai fait un peu ma petite enquête, et il s'avère que le bug – le bug, entre parenthèses "censure" –  il n'est [qu’en] France » affirme-t-il notamment, alors que cette perturbation a touché plusieurs pays d’Europe et les Etats-Unis, comme le rapportait Mashable – ainsi que le Japon ou encore l’Argentine,   selon la carte du site Downdetector.com.

Le retour des photos de Mark Zuckerberg et d’Emmanuel Macron

L’internaute soutient en outre : « Facebook est en bug mais je vais vous en dire un peu plus. [Ce n’est] pas un petit bug qu'ils n'arrivent pas à gérer, loin de là. En fait, si vous avez des messages qui disparaissent, des vidéos qui disparaissent, ils [ne] disparaissent pas. Ils [Facebook] ont tout simplement gelé partiellement la fonction "rafraîchissement". Si cette fonction est partiellement gelée, un coup sur deux, vous allez voir des publications. »

Une affirmation là encore infondée puisqu’elle attribue l’origine de la perturbation à une décision de Facebook, qui aurait volontairement choisi de bloquer une fonctionnalité, alors que la panne est due à un problème de serveur. Les gilets jaunes inquiets pour leur liberté de parole n’ont donc pas besoin de « migrer » sur le Facebook russe, VK, contrairement à ce que leur recommandent certains soutiens du mouvement.

D’autres internautes reprennent pour leur part des photos de la rencontre entre Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, qui avait eu lieu en mai 2018 à l’Elysée, pour dénoncer ce prétendu complot. 

« #FacebookDown Emmanuel #Macron qui a contacté Mark Zuckerberg le grand patron de #Facebook pour supprimer les messages envers les #giletsjaunes » peut-on ainsi lire dans un tweet, tandis qu’un photomontage signé de la page « Humour noir et décalé sans limites » imagine un dialogue entre les deux hommes appelant au blocage des « gaulois réfractaires ».

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20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre la  désinformation. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.