Nintendo: «Sans l’échec de la Wii U, il n’y aurait pas eu la Switch»

JEU VIDEO Le charismatique président de Nintendo Amérique du Nord est revenu sur les succès variables des consoles du géant nippon...

M.C.

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Le président de Nintendo of America Reggie Fils-Aimé parle de la Wii U en 2012.
Le président de Nintendo of America Reggie Fils-Aimé parle de la Wii U en 2012. — Mark Lennihan/AP/SIPA

« Nous nous réinventons tous les cinq ou dix ans. C’est indispensable. C’est dans notre ADN. » A bientôt 130 ans, Nintendo a traversé les époques et lancé bien des produits. L’entreprise japonaise, qui a longtemps produit des jeux de cartes traditionnels avant de mettre un pied dans le marché du jeu vidéo dans les années 1970, a aussi connu des fortunes très diverses.

Sa dernière console, la Switch, est considérée comme un succès commercial, avec près de 20 millions d’exemplaires écoulés dans les quinze mois qui ont suivi son lancement en mars 2017. Sans atteindre les ventes insolentes de la Wii sortie fin 2006, qui a dépassé les 100 millions d’unités, la Switch a déjà coiffé au poteau sa prédecesseure la Wii U, qui a péniblement atteint les 13,5 millions d’exemplaires, six ans après sa mise en vente.

« Il y aura toujours de petits accidents en chemin »

Mais « si on n’avait pas eu la Wii U, on n’aurait pas non plus la Switch », estime Reggie Fils-Aime. Le charismatique président de Nintendo Amérique du Nord, qui s’exprimait au salon des technologies GeekWire Summit de Seattle, a insisté sur la volonté de l’entreprise de « donner aux consommateurs des expériences auxquelles ils n’auraient même pas pensé », même s’« il y aura toujours de petits accidents en chemin, nous sommes les premiers à l’admettre ».

La Wii U était l’un de ces accidents, misant sur un nom trop proche de la Wii et un concept qui n’a pas séduit les joueurs : une tablette tactile sans fil qui permettait de jouer (pour certains titres) sans télévision, mais pas trop loin de la console branchée sur le secteur. « Les retours que l’on a eus des consommateurs, c’est que le principe d’une tablette sur laquelle on peut jouer, tout en ayant la possibilité de jouer sur la télé si on le souhaite, était vraiment séduisant », raconte Reggie Fils-Aimé. « Les gens nous disaient "je veux jouer sur cette tablette, mais quand je m’éloigne de la télé de 10m, elle se déconnecte". Les joueurs détestent devoir poser la manette. Il fallait donc que l’on propose quelque chose pour répondre à cette attente. »

La Switch qui « hérisse les poils du dos »

De cette déception est née la Switch, qui elle permet de naviguer du salon à l’extérieur en devenant portable et nomade. En découvrant ce concept, « j’ai les poils du dos qui se sont hérissés », assure l’Américain. Tout comme, dit-il, pour la télécommande de la Wii ou la DS, deux consoles qui ont fait lever des sourcils au début, avec la télécommande à détection de mouvements de la première et l’écran tactile de la seconde, mais ont finalement bouleversé le marché du jeu vidéo (plus de 150 millions de DS ont été écoulées).

« Comme le disait l’un de nos présidents [Hiroshi Yamauchi, en poste de 1949 à 2002], il ne faut pas être grisé par les succès, ni attristé par les échecs, note Fils-Aimé. Il faut toujours être constant. » Fort de cette maxime, le constructeur nippon, constatant un ralentissement des ventes de sa Switch, s’apprêterait à en lancer une nouvelle version, selon le journaliste du Wall Street Journal Takashi Mochizuki. Cette mouture, dont on ne sait pas exactement ce qu’elle apportera (peut-être un meilleur affichage) pourrait arriver dès l’été prochain.