Suède-France: Le soleil qui ne se couche (presque) pas va-t-il coûter la victoire aux Bleus?

FOOTBALL Des nuits de même pas six heures, on n’a pas trop l’habitude nous en France…

Nicolas Camus

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L'équipe de France à l'entraînement à la veille de Suède-France, le 8 juin 2017.

L'équipe de France à l'entraînement à la veille de Suède-France, le 8 juin 2017. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Solna,

Si vous voulez rendre dingue un spécialiste du sommeil, ce n’est pas très compliqué. Parlez-lui juste des Scandinaves. « Ils sont déprimés l’hiver et insomniaques l’été », résume François Duforez, médecin au Centre du Sommeil et de la Vigilance. Il faut dire que pour gérer les nuits de 20 heures en décembre et de 4 heures en juin, avaler une tisane « nuit tranquille » ne suffit pas. La forme en prend un coup, en même temps que l’humeur. Du coup, on s’inquiète un peu pour nos Bleus, qui affrontent la Suède à Solna, vendredi.

On aurait dû demander s'il y avait des rideaux dans ce Airbnb...
On aurait dû demander s'il y avait des rideaux dans ce Airbnb... - DR

« Ça peut être problématique, estime le docteur Duforez. La lumière du jour perturbe le sommeil, car l’horloge biologique est programmée pour qu’il y ait huit heures d’obscurité. » Ce dernier est particulièrement sensible à la question. Il a travaillé toute l’année avec les joueurs de l’AS Monaco, pour les aider à récupérer du mieux possible au cœur de leur folle saison à plus de 60 matchs.

Même si le jour va se lever à 3h38 vendredi matin, il n’y a pas trop d’inquiétudes à avoir non plus. Mal dormir avant un match n’est pas idéal, mais sur un déplacement aussi court la performance ne devrait pas être altérée. N’est-ce pas Doc ?

« Ce n’est pas parce qu’on dort mal une nuit qu’on est mauvais le lendemain. C’est la répétition qui est préjudiciable car elle crée un état inflammatoire. On a remarqué par exemple que chez les jeunes sportifs, dormir moins de 8 heures par nuit multiplie le risque de blessure par 1.7. »

Pour le match qui nous intéresse,Didier Deschamps n’en fait pas une affaire. Même si ses souvenirs suédois ne sont pas très glorieux. « C’est vrai qu’en 1992, ça ne nous avait pas trop réussis, en sourit-il aujourd’hui [les Bleus avaient été éliminés au premier tour de l’Euro]. Mais honnêtement je ne crois pas que c’était à cause de ça. C’est une particularité, oui, mais on est dans des hôtels de haut standing, tout est prévu. »

Ce qui est prévu, ce sont des rideaux ultra-occultants. Et des masques, au cas où. La prévention des joueurs a également son importance, même si ça n’a l’air de rien là comme ça. « Quand ils sont prévenus, le cerveau peut s’adapter, assure notre médecin. Il met en place une sorte de programmation pour dire "c’est bon, j’ai les moyens de ne pas être perturbé". »

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On a profité de contacter pour un autre sujet Manu Amoros, qui s’était déplacé en Suède en 1989 et lors de l’Euro 92, pour lui demander à chaud s’il se souvenait de nuits particulièrement compliquées. Raté. « Franchement, pas du tout », dit-il. Pas tout à fait ce à quoi on s’attendait, mais plutôt une bonne nouvelle pour les Bleus. En tout cas, ça ne pourra pas leur servir d’excuse si jamais ça ne se passe pas bien sur le terrain.