Equipe de France: Un an après l'Euro, on peut dire qu'on a sacrément progressé non?

FOOTBALL Et il y a quelques petits trucs qui nous font dire que c'est loin d'être fini...

Nicolas Camus

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Les joueurs de l'équipe de France n'ont pas fait de détails face au Paraguay en amical (5-0), le 2 juin 2017.
Les joueurs de l'équipe de France n'ont pas fait de détails face au Paraguay en amical (5-0), le 2 juin 2017. — FRANCK FIFE / AFP
  • L'équipe de France affronte la Suède vendredi en match de qualification à la Coupe du monde 2018
  • A mi-chemin entre l'Euro et le Mondial, où en sont les Bleus dans leur projet ?
  • L'homogénéité du groupe et son potentiel impressionnent

Les Bleus n'y pensent sûrement pas, occupés qu’ils sont à préparer ce match contre la Suède qui doit leur permettre de réserver leur billet pour la Russie - ou tout comme. Mais il y a un an jour pour jour, on tremblait tous un peu des genoux à la veille du match d’ouverture de l’Euro à domicile. Depuis, après être passée à ça de faire une teuf monumentale sur les Champs-Elysées, l’équipe de France a avancé. Pas quatre à quatre tel un Mbappé au cœur de la défense de Dortmund, mais de manière évidente, tout de même.

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« On n’a pas régressé en tout cas », juge Didier Deschamps, qui maîtrise la litote comme personne. La nuance, aussi. « Les certitudes, ça n’existe pas en football. En revanche, j’ai plus de convictions, oui », ajoute-t-il quand on lui demande s’il est plus avancé qu’il y a 12 mois en arrière. Et quelles sont-elles, ces convictions ? Le sélectionneur les garde pour lui, évidemment, mais voilà ce qu’on en pense nous, en vrac :

  • A profil égal, priorité à ceux qui ont fait l’Euro
  • On a trouvé des latéraux jeunes et performants (Mendy et Sidibé) - comme quoi tout est possible
  • Martial et Coman ont pris beaucoup de retard
  • Mbappé et Dembélé ont pris la relève… et sont là pour 15 ans s’ils ne font pas n’importe quoi
  • Payet est définitivement installé
  • L’axe Giroud-Griezmann est plus fort que jamais
  • Benzema n’ira pas en Russie
  • Kanté est maintenant le meilleur joueur de Premier League, et quand tout le monde est là il se retrouve sur le banc de touche (Deschamps ne joue plus autrement qu’en 4-4-2)
  • Umtiti apporte une vraie concurrence à l’axe Varane-Koscielny
  • Lloris, nouveau recordman de sélections pour un gardien (88), est de plus en plus fiable avec les années

Plutôt pas mal, non ? Pour s’arrêter deux minutes sur tout ça, on peut quand même dire qu’aujourd’hui l’équipe de France dispose sans doute de l’effectif le plus compétitif du monde. Même sans Benzema, mais on ne va pas ouvrir le débat ici. Elle n’a ni Messi ni Ronaldo pour la porter, ni un trio Chiellini-Bonucci-Buffon pour la protéger, mais son homogénéité et son potentiel impressionnent. Ce qui nous fait penser à ces mots de Raphaël Varane dans une interview donnée à L’Equipe en mars dernier :

« Ces dernières années, à l’approche d’un tournoi majeur, quand on parlait dans le vestiaire du Real ou avec de grands joueurs des favoris, on évoquait l’Allemagne et l’Espagne. Maintenant, on parle de l’Allemagne, de l’Espagne et de la France. On inspire le respect. Et la curiosité. Notamment les jeunes qui intègrent le groupe ».

L’Ovni Mbappé est de ceux-là, bien sûr, mais pas seulement. Dembélé, Mendy, Umtiti, Kimpembe, Rabiot, Tolisso, Lemar, Thauvin… ils n’ont pas plus de 23 ans, ils sortent d’une sacrée saison et ils ne demandent tous qu’à voir plus haut. « On a un bon groupe, il y a beaucoup de qualité partout, estime Varane, cette fois devant la presse réunie à Clairefontaine en ce début de semaine. Le coach a énormément de choix, mais une richesse comme ça, c’est une chance. On sent du positif autour de notre groupe. »

Vrai. Et même si la prestation contre l’Espagne a été franchement décevante (0-2), le fait que les Bleus n’aient raté aucun rendez-vous important depuis la rentrée rassure. « On a un statut de favori dans notre groupe de qualification, et on l’assume bien je trouve, considère Olivier Giroud. On a fait un super Euro, et depuis on se sent de plus en plus forts. »

On n’en est pas encore à l’orgie de foot et à la maturité tactique à toute épreuve, mais le contenu est plus constant, plus solide. « On a passé un cap dans la confiance en nous, reprend Raphaël Varane. Les joueurs prennent leurs responsabilités, on varie plus, on marque sur différents types d’actions, placées ou rapides. Les adversaires ne peuvent pas anticiper notre manière de jouer. »

Dans l’immédiat, l’objectif est de valider le plus vite possible la qualification pour la Coupe du monde. Une victoire à la Friends Arena de Solna vendredi et les Bleus y seront presque. Au pire, il y aura toujours les réceptions des Pays-Bas, du Luxembourg ou de la Biélorussie pour finir le boulot. Et si possible achever la construction du rouleau compresseur. Vu le potentiel et la manière dont ça avance, on y croit. On ne pourrait pas se télétransporter à la même date l’année prochaine juste pour être sûr ?