Et s’il suffisait de balancer de grosses énormités avec beaucoup de conviction pour en faire une info valable ? Cela ressemble à s’y méprendre à la stratégie de communication employée par Donald Trump. Sur Twitter, son terrain de jeu favori, le fraîchement élu 45e président des Etats-Unis, alias @RealDonaldTrump, envoie à l’envi ses missiles Scud à toute une variété de cibles. A Hilary Clinton et ses partisans en tête, mais aussi à la Chine et, bien sûr, à la presse. Des salves qui sont souvent des intox, mais dont le manque de véracité n’apparaît pas toujours ni clairement, ni rapidement.

C’est sans compter sur la mobilisation de certains internautes, bien décidés à prouver par A + B au grand public que Donald Trump s’écarte parfois de la vérité. Dernier outil en date : l’extension Chrome « RealDonaldContext », proposée cette semaine par un journaliste du Washington Post, Philip Bump, et qui réussit la prouesse de passer au crible les propos tenus par le président milliardaire sur Twitter et de recontextualiser ses invectives.

« Pour votre information »

Comment ça marche ? Il suffit de télécharger l’extension par ici et à droite de la barre d’adresse apparaît alors une petite icône représentant Trump et un petit emoji qui s’interroge. Ne reste plus qu’à aller sur le compte Twitter de l’intéressé, cliquer sur la petite icône et… TADA ! En appuyant sur un tweet qui appelle du fact checking, une petite bulle de vérité apparaît directement sous le message, et qui commence par un bien senti « Just so you know » (pour votre information), avant de dérouler (ou démonter factuellement) la déclaration « trumpeuse ».

Petite démonstration : le tweet posté par le futur président ce samedi, et dans lequel Donald Trump s’en prend à l’Empire du Milieu. « La Chine vole un drone de recherche de la marine américaine dans les eaux internationales - le sort de l’eau et le ramène en Chine dans un acte sans précédent », a-t-il écrit. Sans précédent ? Vraiment ? Pas tout à fait, comme le rappelle l’outil RealDonaldContext. « Il y a eu d’autres cas où les Chinois ont saisi des biens militaires américains. En 2001, suite à une collision avec un chasseur chinois, un avion espion américain a été contraint de débarquer en Chine, où l’appareil et son équipage ont été détenus plusieurs jours », précise l’outil, qui renvoie également vers un lien pour en savoir plus.

L'extension Chrome
L'extension Chrome - Twitter

Facebook dans le collimateur

Mais les sources de désinformation dépassent Donald Trump, et une poignée d’irréductibles a décidé de s’y s’attaquer. Face aux canulars et aux fausses informations publiées à foison sur le web, des internautes ont eux aussi mis au point des outils permettant de démêler le vrai du faux dans le flot d’informations (parfois fausses, donc), que l’on peut lire sur le Web, Facebook en tête, accusé d’être un terrain majeur et complaisant de la désinformation.

Dans la même lignée que le Washington Post, Slate a ainsi mis au point une extension Chrome qui permet d’ identifier les « fake news » que l’on retrouve sur le réseau social et qui fait, notamment, le jeu des conspirationnistes. Grâce à ce dispositif, les internautes peuvent eux-mêmes tagués les fausses informations directement sur Facebook.

Avant Slate, un journaliste spécialiste des nouvelles technologies, Daniel Sieradski, a lui aussi mis au point un outil similaire, BS Detector, qui fait apparaître un emoji « caca » s’il détecte une fausse information sur Facebook. Une initiative qui n’a pas du tout plu à la firme qui, dans un premier temps, a décidé de bloquer l’extension (avant de faire marche arrière). La démarche de Daniel Sieradski a sacrément dû chatouiller l’entreprise, puisque Mark Zuckerberg en personne a annoncé le 19 novembre dernier son intention de lutter activement contre la désinformation sur Facebook, un problème pris « très au sérieux »