La majorité des ados américains ne savent pas repérer une fausse information sur le Web

ETUDE L’université de Standford a mené une étude auprès de 7.804 élèves du collège à l’université sur la façon dont ils cherchent de l’information sur le Web. Le résultat est inquiétant…

Fabrice Pouliquen

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Capture d'écran du site du Gorafi, le 12 septembre 2013.
Capture d'écran du site du Gorafi, le 12 septembre 2013. — 20 MINUTES

Les hoax, ces fausses informations diffusées sur Internet, ont fait beaucoup parler d’eux lors de la dernière élection américaine. Avec un constat alarmant fait par le site internet  Buzzfeed : les fausses informations sur l’élection ont davantage attiré l’attention sur Facebook que les vrais articles durant les trois derniers mois de la campagne présidentielle américaine.

82 % des collégiens incapables de repérer une information vraie

L’université Standford, en Californie, s’est aussi penchée sur la question dans une étude menée auprès de 7.804 élèves du collège à l’université, et relayée cette semaine sur le Wall Street Journal ou Numerama en France.

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Cette étude, la plus grande jamais menée sur cette thématique précise le Wall Street Journal, a analysé la façon dont les ados américains cherchent de l’information sur le Web. Elle en conclut que 82 % des collégiens se montrent incapables de faire la différence entre une publicité présentée comme un « contenu sponsorisé » et un véritable article d’actualité. Un exemple ? Plus de deux collégiens sur trois ne voient aucune raison de se méfier d’un article rédigé par un banquier incitant les jeunes adultes à se faire aider pour gérer leur patrimoine.

Les ados se réfèrent à la taille de la photo

Pour juger de la crédibilité des tweets, beaucoup d’étudiants se basent alors sur le nombre de détails contenu dans le post ou la taille de l’image, plutôt que sur la source (le compte à l’origine du tweet). Près de quatre lycéens sur dix ont été ainsi convaincus, à la lecture d’un titre sur la pollution engendrée autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daichi, que la photo de marguerites déformées accompagnant l’article prouvait à elle seule la véracité de l’information. Pourtant, rien ne permettait de déterminer l’origine du cliché.

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Facebook et Google ont dernièrement annoncé vouloir prendre des mesures pour sanctionner la diffusion d’informations fausses sur le Web. Ils songeraient à couper les revenus publicitaires des faux sites d’infos. Pour le Wall Street Journal, le problème est toutefois bien plus large. Les fausses informations viennent de divers canaux. Des sites satiriques, des publicités trompeuses ou de posts et d’articles orientés de partisans.

Des ados multitâches

Le Wall Street Journal regrette alors la diminution du nombre de bibliothécaires dans les établissements scolaires, dont le rôle est d’accompagner les élèves dans leurs recherches. Yalda T. Uhls, psychologue à l’université de Californie, émet une deuxième explication : « De nombreux étudiants font aujourd’hui plusieurs tâches à la fois, estime-t-il, toujours dans le Wall Street Journal. Ils envoient un SMS en même temps qu’ils lisent ou regardent une vidéo. » Pour le psychologue, cela entrave alors leur concentration et leur capacité à s’interroger sur l’information qu’ils lisent. A prendre du recul tout simplement.