Coupe du monde 2026 : Maillots stylés, buzz sur les réseaux… Cette édition sera-t-elle une nouvelle Fashion Week ?
bg pour gagner•Les équipementiers dévoilent petit à petit les maillots que porteront les joueurs pour la Coupe du monde 2026. Au premier coup d’œil, les couleurs et les imprimés peuvent faire penser à la Fashion Week… Plus qu’au footballFiona Bonassin
L'essentiel
- Nike, Adidas et Puma ne vendent plus seulement des maillots de foot pour les supporters. Ils vendent du rêve, un storytelling et des pièces qui finiront probablement sur le dos de tous les amoureux du ballon et du style.
- Pour la styliste Sophie Malagola, « les maillots sont beaucoup plus travaillés. Il y a une volonté d’en faire des produits qui ne soient pas basiques, de vraies pièces mode. »
- Mais si tout semble beau, les prix des maillots restent un frein pour les consommateurs. 100 euros du côté d’Adidas, 110 pour Nike, avoir des produits stylés cela a un coût.
On le sait, le foot c’est du spectacle. Mais cette fois, on assiste carrément à un défilé de mode géant. À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les équipementiers ont sorti l’artillerie lourde. Les maillots sont vintages, colorés et parsemés d’inspirations culturelles. Nike, Adidas et Puma ne vendent plus seulement du textile technique. Ils vendent du rêve, un storytelling et des pièces qui finiront probablement sur le dos de tous les amoureux du ballon et du style. Bienvenue sur le terrain… de la mode.
Longtemps réservé aux tribunes et aux salles de sport, le maillot est maintenant présenté comme un élément de pop culture. Preuve en est, Adidas a dévoilé plusieurs maillots pour la Coupe du monde et sur leurs réseaux sociaux français, mais aucun joueur n’apparaît pour les promouvoir. La marque a misé sur des gens lambda, beaux et fashions. Les travées des stades vont donc se confondre avec les front rows des défilés.
Le terrain devient un podium, la rue un terrain
Nike a frappé un grand coup le 23 mars dernier avec les deux maillots pour l’Equipe de France. Le domicile est d’un bleu nuit profond, presque royal, rehaussé par un col polo rétro et des touches cuivrées. Mais c’est l’extérieur, baptisé « Liberté », qui fait vriller les fans. Un vert menthe/vert-de-gris inédit, directement inspiré de la patine oxydée de la Statue de la liberté. Un hommage poétique, historique et parfaitement calibré pour un Mondial sur le sol américain. Sur les réseaux, c’est l’hystérie. Certains parlent de « génie audacieux » et même de « maillot le plus stylé de l’histoire des Bleus ». A 35 ans, Loïc l’avoue, il ne pense qu’à « acheter le maillot vert. Dès que je trouve un maillot sympa je vais l’acheter… Bon après je ne vais pas prendre une équipe que je déteste mais ça me coûte vite cher. » sourit le Grenoblois. Si l’Isérois est ravi, d’autres sont très réticents et crient au sacrilège « trop loin du bleu » ou « le maillot bleu ressemble aux sièges du RER ». Peu importe, le buzz est massif, les vidéos TikTok s’enchaînent et les ventes s’envolent. « En période de Coupe du Monde, on soutient notre équipe, on soutient notre pays. La manière la plus évidente pour supporter, c’est quand même de porter un maillot de son équipe. » résume la styliste Sophie Malagola, qui ajoute que « les maillots sont quand même beaucoup plus travaillés. Il y a une volonté d’en faire des produits qui ne soient pas basiques, de vraies pièces mode. » Preuve que le maillot n’est plus un uniforme de terrain, le basketteur Victor Wembanyama a porté la tunique un soir de match. Un ambassadeur de luxe.
Comme l’explique l’experte mode, s’offrir un maillot c’est revendiquer son appartenance à un clan et avoir en sa possession une pièce collector que l’on portera en ville.
Une culture globale
Si Nike a touché le cœur des Français avec un peu d’audace, Adidas mise sur la nostalgie et le style. La marque aux trois bandes est partie sur le terrain de l’héritage. L’Espagne, le Japon et le Mexique proposent des pièces qui mélangent graphisme et histoire culturelle. Marina n’est pas Japonaise, mais elle a prévu de s’offrir le maillot du pays :
« Il est beau, il raconte une histoire. Je sais que je pourrais le mettre même quand la compétition sera passée. Je le porte comme si c’était un tee-shirt basique. »
Si les marques veulent sortir des enceintes sportives, c’est pour rejoindre la rue confirme un porte-parole d’Adidas :
« Le rôle d’Adidas est d’apporter son expertise créative pour que le maillot s’inscrive dans une culture globale, à la croisée du sport et de la culture. Le maillot doit ainsi résonner dans la rue comme dans les tribunes, mais il reste, avant tout, le symbole d’une appartenance. »
Résultat, les réseaux sociaux se régalent et les fashions se battent pour avoir quelques pièces comme le maillot et la veste que portera l’équipe espagnole (les produits ont été en tendance sur X). « J’ai l’impression qu’Adidas joue beaucoup sur son approche de la mode et du lifestyle. On peut le voir rien qu’au choix de leurs égéries qui ne sont plus des sportifs. » note Sophie Malagola. Le maillot de Coupe du monde mais aussi des équipes locales le reste de l’année, doit avoir à la fois une image guerrière sur le terrain et irrésistible dans la rue.
Quand le sport se rapproche du prêt-à-porter
Mais ce qui change vraiment en 2026, c’est l’échelle et le nombre de propositions. Avec 48 équipes, un continent hôte immense et des réseaux ultra-puissants, chaque révélation de maillot devient un événement global. Les drops limités, les collaborations (le Brésil avec Jordan)… Tout est calibré pour créer du désir et du contenu par la suite. Du côté d’Adidas on nous explique que « certains maillots suscitent un intérêt particulier lorsqu’ils s’inscrivent dans une démarche stylistique forte » et que la tunique « est aussi devenue une pièce adoptée par une nouvelle génération, plus sensible aux codes lifestyle et streetwear. La campagne Adidas de 2026 illustre bien cette évolution, en mettant en scène des figures issues à la fois du football et de la culture, dans des contextes du quotidien. Cela montre que le maillot fédère aujourd’hui bien au-delà du terrain. »
Mais si tout semble beau, les prix des maillots restent un frein pour les consommateurs. Minimum 100 euros du côté d’Adidas et 110 pour Nike, avoir des produits stylés cela a un coût. Pour la marque allemande, « les maillots intègrent aujourd’hui des matériaux plus techniques, des innovations en matière de confort et de performance, mais aussi un travail plus poussé sur le design et les finitions. » En rendant leurs pièces plus lifestyle, les marques se rapprochent donc des géants du prêt-à-porter premium comme Sezane ou Cos, « ils ne sont plus uniquement des équipements sportifs, mais des pièces hybrides, à la fois techniques et lifestyle, ce qui contribue également à leur valorisation », termine un porte-parole d’Adidas.
Pour retrouver nos papiers StyleMais Sophie Malagola note toutefois que les maillots se ressemblent tous dans la forme, « et même s’il y a de la recherche, à partir du moment où vous avez le même patronage et la même matière, et que les changements sont juste sur les imprimés et les flocages… C’est vrai que ça reste quand même très cher. » Que vous soyez team vert menthe, team rayures nostalgiques argentine ou plutôt motifs mayas, une chose est sûre : cet été 2026, on ne regardera pas que les matchs. On scrutera aussi les looks.



















