Sur les podiums de Dior ou lors du concert de Rosalía, la jupe tutu va-t-elle faire son grand retour dans nos armoires ?
tu-tu-tu•Remis au goût du jour par les créateurs et porté par des figures de la pop culture, le tutu fait un retour remarqué en 2026Victoria Berne
L'essentiel
- Le tutu fait un retour marqué en 2026 sur les podiums des grandes maisons de couture et dans les concerts, s’inscrivant dans la tendance du balletcore et en opposition aux silhouettes structurées de tailoring qui dominent depuis plusieurs saisons.
- Cette pièce iconique se réinvente constamment depuis les années 1990 avec Madonna et Sarah Jessica Parker.
- Pour adopter le tutu au quotidien, l’experte conseille de casser les codes en évitant « le total look danseuse » et en le mélangeant avec des pièces casual comme un jean ou des chaussures plates pour désamorcer son côté spectaculaire.
Sur les podiums, dans les concerts, sur les réseaux sociaux : une silhouette inattendue refait surface. Du tulle, du volume, et une allure de danseuse revisitée. Du défilé des grandes maisons de couture lors de la dernière Fashion Week aux concerts de Rosalía lors de sa tournée mondiale, le tutu s’impose partout.
Longtemps cantonné à une pièce trop fantaisie, presque datée, il signe en 2026 un retour aussi surprenant que révélateur des nouvelles envies de la mode. Et vous, seriez-vous prêt à adopter cette pièce tout droit sortie du dressing de Carrie Bradshaw ?
Une pièce iconique qui ne disparaît jamais vraiment
Difficile de parler du tutu sans évoquer son imaginaire. Celui des ballerines, bien sûr, mais aussi celui de figures pop qui ont marqué la mode. « C’est un vêtement emblématique, très féminin, qui revient régulièrement », analyse Sophie Malagola, créatrice et experte en tendances.
Si la pièce semblait s’être effacée face à des silhouettes plus minimalistes ces dernières années, elle n’a jamais totalement disparu. Sa force : une capacité quasi infinie de réinterprétation. « La base du tutu est très riche. Il peut être souple, rigide, court, long… et chaque version raconte quelque chose de différent », poursuit-elle.
Sur les podiums de 2026 justement, cette plasticité saute aux yeux. Chez Dior, Jonathan Anderson les jupons sont courts, accompagnés d’une longue traîne. Chez Chloé, la jupe tutu est longue, souple et colorée… et surtout facilement portable. Chez Matières Fécales la jupe tutu est peut-être celle qui se rapproche plus des tenues des danseuses de l’Opéra, et se décline même en robe impressionnante de cette même matière.
Entre balletcore et réaction au tailoring ?
Ce retour s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis plusieurs saisons, la mode explore une esthétique inspirée de la danse, souvent qualifiée de balletcore. Mais pour Sophie Malagola, le phénomène va plus loin. « Le tutu arrive aussi en opposition au tailoring très présent. Le tailleur, le smoking, ces silhouettes très structurées dominent depuis un moment. Le tutu permet de réintroduire quelque chose de plus expressif, plus féminin », explique-t-elle.
Une manière, aussi, de rejouer les codes. Car, loin d’un vestiaire figé, le tutu s’émancipe de son héritage classique. Il devient une pièce de contraste, portée avec des éléments inattendus.
L’inspiration n’est d’ailleurs pas nouvelle : « Madonna ou Sarah Jessica Parker ont déjà totalement réinterprété le tutu dans les années 1990. Ces images restent ancrées et continuent d’inspirer les stylistes aujourd’hui », souligne l’experte.
Comment adopter le tutu ?
Si la mode est avant tout une manière pour vous de vous amuser, sentez-vous libre de tester et d’adopter les combinaisons que vous souhaitez. Mais pour celles et ceux qui se demandent, voici les conseils de notre experte.
Premier réflexe : casser les codes. « Le seul vrai conseil, c’est d’éviter le total look danseuse », prévient Sophie Malagola. Au contraire, le tutu devient intéressant lorsqu’il s’inscrit dans un mélange de styles. Avec un jean, par exemple, ou des pièces du quotidien. « Quand il est souple, il devient presque une jupe comme une autre, beaucoup plus facile à porter », explique-t-elle.
Chaussures plates, sandales, voire pièces plus casual : tout l’enjeu consiste à désamorcer son côté spectaculaire. Le tutu n’est plus une tenue de scène, mais un élément de silhouette. Et comme souvent en mode, tout dépend du contexte. Long, court, structuré ou aérien : chaque variation ouvre une possibilité différente, à adapter selon sa morphologie ou l’occasion.
Plus qu’un simple retour de tendance, il incarne une envie de réinjecter du jeu, de l’imaginaire et une certaine liberté dans la manière de s’habiller. Entre héritage de la danse et réinterprétations modernes, le tutu s’impose ainsi comme un terrain d’expression.



















