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Qui est Lyas, élu créateur de contenu de l’année 2025 ?
(D)étonnant

Watch party, franc-parler… Qui est Lyas, le créateur de contenu qui bouscule (enfin) la mode ?

Une telle gouaille aurait dû le mettre au ban des défilés des plus grandes maisons de luxe. Mais la justesse des critiques mode de Lyas, tout comme la ferveur du public, l’ont, au contraire, hissé au sommet
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • Lyas, critique de mode originaire de Rouen, a été élu « Créateur de contenu de l’année 2025 » par l’industrie de la mode sur Models.com.
  • Exclu du show Dior, Lyas a organisé sa première « Watch Party » dans un bar parisien, rassemblant des centaines de personnes pour regarder le défilé sur écran géant comme un match de football.
  • Les Watch Parties de Lyas sont devenues une institution durant la Fashion Week de Paris, rassemblant des milliers de personnes à La Caserne sans besoin d’invitation, contribuant à démocratiser et dépoussiérer un secteur de la mode jugé trop fermé et guindé.

«Créateur de contenu de l’année 2025 ». C’est le titre décerné par le très sérieux site Models.com à Elias Medini, plus connu sous le pseudonyme Lyas. Chaque année à la même période, l’industrie de la mode et le public sont invités à voter pour mettre à l’honneur celles et ceux qui ont fait bouger les lignes dans le mannequinat, le street style, ou sur les réseaux sociaux. Si les lecteurs ont élu Olandria Carthen créatrice de contenu de l’année, Lyas a, lui, obtenu les suffrages de toute l’industrie, loin devant ses concurrents. Une ironie, que dis-je un comble, quand on sait comment l’histoire a débuté.

Ce n’est sans doute pas la carrière que Lyas a imaginée en quittant son Rouen natal pour se frotter à l’univers très fermé de la mode parisienne. Décidé à y pénétrer par la grande porte, Lyas se heurte à un monde très (trop) policé qui n’a pas l’habitude qu’on le bouscule, encore moins qu’on le critique.

Habitué des premiers rangs qui lui permettent de décrypter chaque collection, Lyas fait les frais d’une critique mal digérée par la maison Dior. La sentence est irrévocable, il n’est pas convié à découvrir la toute première collection Dior Homme par Jonathan Anderson en juin 2025 - le show le plus attendu de la saison. Un camouflet que le jeune homme balaie d’un revers de la main.

Des contre-soirées aux airs de Ligue des champions

Le critique de mode n’a - bien évidemment - pas bien pris ce bannissement imposé. « J’étais triste et je me suis dit : "Qu’est-ce que je vais faire ? Le regarder chez moi à la télévision ou dans le métro sur mon téléphone ?" », a-t-il confié au New York Times. C’est finalement dans un bar, le Saint-Denis, que Lyas se pose pour découvrir la première collection du prodige de la mode. Mais pas tout seul. A force de culot (et d’un message sur les réseaux sociaux), le jeune homme déplace des foules - plusieurs centaines de personnes - pour partager ce moment désormais ancré dans l’histoire de la mode. La Watch Party est née, la première d’une (très) longue liste.

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Pour celles et ceux qui auraient loupé le phénomène (et vécu dans une cave en 2025), les Watch Parties sont des contre-soirées aux airs de Ligue des champions. Il s’agit de profiter en couple, entre amis, ou simplement entre passionnés de mode d’un défilé sur écran géant, comme on materait un match. En le commentant, donc. Sans avoir besoin de figurer sur une liste, sans invitation ou inscription, juste en se déplaçant à l’adresse indiquée. De quoi s’attirer les foudres de l’univers impitoyable de la mode ? Même pas. « Jonathan Anderson m’a écrit "it is very very very smart". Une semaine après, on s’est rencontrés et il m’a offert un sac Dior, un sample de la collection, unique au monde, pour me remercier », a relaté Lyas au magazine Elle.

Dépoussiérer un secteur trop lisse et guindé

Le directeur artistique de la maison Dior n’est pas le seul à avoir salué l’audace du critique mode. Le New York Times lui a consacré un article, tout comme le prestigieux Vogue, et on en passe. Le phénomène est tel que l’industrie de la mode lui ouvre cette fois les portes en (très) grand, et que ses Watch Parties deviennent une institution. C’est d’ailleurs à La Caserne, haut lieu de la mode, que se tiennent les suivantes, du 29 septembre au 6 octobre 2025, à l’occasion de la Fashion Week de Paris. L’une des plus scrutées du fait de l’importante valse des créateurs qui l’a précédée. Et ce sont cette fois des milliers d’aficionados de la mode qui se pressent pour découvrir les shows en direct sur grand écran.

Ce n’est pas la première fois que la mode s’ouvre de cette façon au grand public - on pense au Balmain Festival d’Olivier Rousteing - mais elle n’a besoin cette fois d’aucun sésame pour y accéder. Non content de contribuer à démocratiser un des secteurs les plus repliés sur lui-même, Lyas peut se targuer de le bousculer, de le déniaiser et de le dérider. Et c’est ce qui fait le plus de bien. Que ce soit à travers ses Watch Parties, comme ses critiques sans langue de bois, aussi justes qu’authentiques. Chose qui n’est pas - non plus - commune dans un secteur où les goodies sont légion - et la parole un tantinet bridée.

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Pompon sur le mocassin, c’est aujourd’hui l’industrie elle-même qui hisse Lyas au rang de créateur de contenu de l’année. Preuve que l’on peut encore - ou désormais - critiquer la mode sans craindre de tomber aux oubliettes. Un autre tour de force du critique et commentateur mode, qui maîtrise bel et bien l’exercice à la perfection. Le phénomène est tel que Madonna herself l’a invité dans son antre new-yorkais pour analyser et commenter son dressing. Autant de raisons de rejoindre les quelque 400.000 abonnés de son compte Instagram, et d’observer de près son ascension fulgurante. Elle ne fait que commencer.