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L’obsession de la diète parfaite nous entraîne vers un mode de vie malsain ?

« What I eat in a day » : A force, ces vidéos d’alimentation saines nous entraînent-elles vers un mode de vie malsain ?

le sain des sainsEn excès, elles participent au développement de l’orthorexie, un trouble qui se caractérise par l’obsession de contrôler son alimentation pour manger toujours plus sain
Dora Christian

Dora Christian

L'essentiel

  • La tendance « What I eat in a day » sur les réseaux sociaux, qui consiste à filmer ses repas quotidiens, peut être problématique lorsqu’elle encourage une obsession pour l’alimentation saine, pouvant mener à l’orthorexie ou à d’autres troubles du comportement alimentaire.
  • Selon la psychiatre Camille Ringot, certaines de ces vidéos peuvent devenir « problématiques » en raison de « la rigidité » et la « glamourisation » d’une alimentation « qui ne reflète même pas la réalité de l’assiette de certains de ces influenceurs sur plusieurs jours ».
  • Il est important de rappeler que chaque corps a des besoins différents, comme l’explique Sophie Janvier, diététicienne nutritionniste : « La bonne approche est celle de la modération heureuse ».

«Ce que je mange en une journée », c’est le concept en vogue sur les réseaux sociaux, plus connu sous sa formulation anglaise « What I eat in a day ». Cette trend consiste à filmer tout ce que l’on mange en une journée. Codes « æsthetics » obligent, ces plats sont toujours soigneusement filmés, et évidemment toujours sains, faits maison. Ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose, au contraire ! Du moins, quand cette alimentation ultra-saine ne cache pas des troubles d’orthorexie, c’est-à-dire, une obsession qui conduit à toujours vouloir manger sain, tout contrôler, et qui peut cacher d’autres troubles du comportement alimentaires.

Des vidéos qui peuvent devenir « problématiques »

Au premier abord, partager des idées de recettes n’a rien de mauvais. Mais depuis quelque temps les contenus présents sur les réseaux sociaux sont de plus en plus poussés à l’extrême. Parmi celles qui font le buzz, les vidéos de Nara Smith, connue pour cuisinier quotidiennement « from scratch », soit, à partir de rien, dans de belles tenues. Plus récemment, l’influenceur Ashton Hall a fait réagir la Toile avec sa routine démentielle à partir de 3h55 du matin, montrant ses heures de repas et snack toujours très calculés.

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Bien que la plupart de ces contenus se veulent bienveillants afin d’encourager le plus grand nombre à une alimentation moins transformée, la psychiatre Camille Ringot, spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire (TCA), souligne toutefois que quelques-unes de ces vidéos peuvent devenir « problématiques », lorsqu’elles excluent l’équilibre alimentaire et poussent à l’orthorexie, c’est-à-dire, une obsession d’une alimentation ultra-saine poussée à l’extrême.

Une porte vers les troubles du comportement alimentaires

Ce que la psychiatre reproche à certaines vidéos : « la rigidité » et la « glamourisation » d’une alimentation « qui ne reflète même pas la réalité de l’assiette de certains de ces influenceurs sur plusieurs jours ». « Certaines personnes se disent : je vais essayer de manger pareil, et là ça devient du désordre alimentaire », raconte-t-elle à 20 Minutes. N’oublions pas que certaines vidéos sont tournées dans des contextes de perte de poids ou prise de masse musculaire, mais certaines personnes s’y calquent à la lettre pour atteindre les mêmes objectifs.

C’est à ce moment-là que certains contenus peuvent devenir une fenêtre aux TCA comme l’anorexie mentale ou la boulimie par exemple. On l’a notamment vu avec le « Skinny Tok », causé par une « valorisation de la perte de poids » avec ses régimes stricts et ses assiettes presque vides. Mais aussi des troubles obsessionnels compulsifs comme l’orthorexie, où l’on va diaboliser certains aliments et constamment vérifier les étiquettes, la provenance des aliments, jusqu’à ce que cela empiète jusqu’à 80 % de l’espace psychique, et forcément, la vie sociale.

A chacun son corps, à chacun son assiette

« On m’a demandé si je pouvais faire un « What I eat in a day », donc ce que je mange sur une journée. Vous allez vite comprendre que je ne ferai jamais ça », déclare l’ex-candidate de Koh-Lanta, Alix Noblat sur son compte Instagram. « Tout simplement parce que ça peut emmener les gens à complexer sur ce que l’on mange. Mais aussi parce que chaque jour, je ne mange pas la même chose », explique l’ultra-traileuse, en affirmant manger quatre œufs ce midi après une sortie de randonnée, parce qu’elle en avait « envie ».

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En effet, la psychiatre explique qu’il y a une sorte de projection miroir qui renvoie l’impression aux gens que s’ils mangent la même chose que la personne qu’ils suivent, ils seront pareils, auront le même corps. Or ça ne marche pas comme ça, « il faut prendre en compte sa morphologie et d’autres facteurs. Car chaque corps est différent et a des besoins différents », rappelle Camille Ringot. Ainsi, la diététicienne nutritionniste Sophie Janvier affirmait à 20 Minutes : « La bonne approche est celle de la modération heureuse ».