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Deux bonnes raisons de passer à la nutrition intuitive

Manger de tout et quand on veut ? Les bonnes raisons de passer à la nutrition intuitive

ALIMENTATIONOn a demandé à la nutritionniste Karine Gravel de nous expliquer en quoi cette alimentation consiste
Dora Christian

Dora Christian

L'essentiel

  • L’alimentation intuitive consiste à écouter les signaux de faim et de satiété de son corps au lieu de suivre des règles alimentaires strictes.
  • Contrairement aux régimes, il n’y a pas d’interdits alimentaires ni d’horaires de repas imposés. On mange quand on a faim, les aliments que l’on souhaite, jusqu’à satiété.
  • L’alimentation intuitive n’est pas une excuse pour « manger n’importe quoi » prévient la nutritionniste Karine Gravel. Il est important d’apprendre à percevoir sa sensation de satiété et de ralentir lors des repas pour ne pas tomber dans le grignotage compulsif.

Créée en 1995 par des diététiciens californiens, l’alimentation intuitive consiste à « améliorer sa relation avec la nourriture et avec son corps ». Au lieu d’être dans une attitude de privation, on apprend plutôt à écouter les ressentis du corps, dont « chacun est le propre expert ». Karine Gravel, nutritionniste et docteure en nutrition exerçant au Québec, également auteure du livre De la culture des diètes à l’alimentation intuitive, a expliqué à 20 Minutes le principe de cette approche alimentaire.

Les bases de l’alimentation intuitive

1. Se fier à sa faim naturelle. C’est évidemment le principe fondamental de cette alimentation. L’idée est de s’enlever les contraintes des heures fixes auxquelles il faut habituellement manger, afin de privilégier les sensations de son corps.

« On n’est pas dans le contrôle », explique Karine Gravel, « on ne s’oblige pas à manger trois repas par jour si on n’en ressent pas l’envie ». Par là, la professionnelle entend être « attentif » à ses préférences pour se réapproprier les informations, signaux naturels et internes que l’on reçoit. « Ai-je faim ou suis-je juste stressé ? »

2. Rompre avec la culture de la diète. Contrairement aux régimes restrictifs, l’alimentation intuitive est « flexible », raconte la nutritionniste. Il n’y a pas de « mauvais » aliments à bannir, ni de règles précises à respecter. Donc, pas la pression, ni la peur d’échouer avec cette approche. On se repère grâce au poids avec lequel on est en bonne santé, explique le Dr Gravel. Comment le connaître ? C'est le poids qu’on parvient à maintenir naturellement, avec de bonnes habitudes alimentaires, et non le corps issu « d’attentes irréalistes ».

Cette approche, que la nutritionniste qualifie de plus « saine » et « bienveillante », permet de « faire la paix » avec la nourriture, mais aussi son corps, en appréciant les aliments sans les cataloguer bons ou mauvais. Comme il n’y a pas d’interdit, on « retrouve le plaisir de manger », et surtout, on évite les craquages et toutes formes de culpabilité. Car elle le rappelle : « Un seul aliment ne peut pas être responsable d’une carence nutritionnelle ou d’une prise de poids ».

L’alimentation intuitive, ce n’est pas « manger n’importe quoi »

Evidemment, (on vous voyait venir) l’alimentation intuitive n’est pas non plus une excuse pour « manger n’importe quoi », prévient la nutritionniste. Au contraire, elle nécessite de s’interroger régulièrement sur ses différentes sensations de faim : « Ai-je vraiment envie de finir mon plat ou suis-je en train de manger parce que les autres n’ont pas fini le leur ? »

La nutritionniste invite également à « percevoir sa sensation de satiété », afin de manger quand il faut, sans tomber dans les excès. Pour y parvenir, elle propose de prendre une pause au milieu de son repas pour évaluer son niveau de rassasiement par exemple. « Pas de pression », rassure Dr Gravel, ces nouvelles habitudes s’acquièrent à son rythme.