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Vacances en France : Viens, je t’emmène à Marseille
NOS REGIONS ONT DU TALENT•Loin des faits divers qui la font apparaître à la Une des journaux, la capitale provençale est aussi une terre de contrastes qui ne peut laisser indifférentMathilde Ceilles
L'essentiel
- Cet été, 20 Minutes limite son bilan carbone et pose ses valises dans nos régions pour faire découvrir leurs nombreux atouts.
- Comment éviter la foule, où manger les spécialités locales, les clichés sur les autochtones… On fait le tour de ces questions avec les mieux placés pour en parler, nos journalistes qui couvrent l’actualité en région.
- Vous avez des infos à ajouter ? Des bons plans à partager avec nos lecteurs en vacances ? Nos commentaires sont ouverts, vous pouvez y laisser vos remarques et compléter les remarques 100 % subjectives de nos reporters.
Catapultée en 2017 à Marseille, dont elle ne connaissait rien ou presque la première fois qu’elle a foulé les pavés du Vieux-Port après avoir bourlingué en France, Mathilde Ceilles a appris à connaître cette cité si mystérieuse, qui suscite autant de fantasmes que de méfiance, autant d’idées reçues que de convoitises. Journaliste depuis plus de six ans pour 20 Minutes au bureau de Marseille, elle en est devenue marseillaise d’adoption, passionnée par cette ville bouillonnante.
Si vous deviez décrire votre ville en quelques phrases…
Marseille, c’est une ville à part. Elle a ses propres codes, ses propres règles, sa propre culture. C’est une ville particulière et difficile à décrire, car, en réalité, c’est avant tout une ville de contrastes. On pourrait vous sortir l’image carte postale de Marseille, avec le soleil, la mer, les plages et les glaces dont on se délecte les soirs de canicule. Ce ne serait pas forcément faux. Mais ce serait pas tout à fait vrai. On pourrait vous chanter le refrain de la Marseille cosmopolite et populaire, Marseille porte d'entrée de la Méditerranée par laquelle, depuis des siècles, toutes les communautés vivent et se rencontrent. Et ce serait la même chose. Ni complètement faux, ni tout à fait vrai.
En fait, on dit souvent que c’est un agglomérat de plus d’une centaine de villages, avec chacun ses particularités sociales et urbanistiques. On peut se balader dans un quartier populaire et très cosmopolite et marcher un peu plus loin pour se retrouver dans un quartier touristique, et enfin à quelques encâblures un quartier huppé. C’est tout sauf une ville uniforme, et c’est ce qui la rend aussi passionnante que complexe. Et c’est la raison pour laquelle Marseille, on l’adore ou on la déteste. Ce n’est pas une ville tiède, donc c’est une ville qui ne laisse pas indifférent.
Quel est le lieu à ne pas manquer ?
On ne va pas vous répondre le Vieux-Port, parce qu’on se doute que vous ne le manquerez pas. On pencherait plutôt ici pour le Cours Julien et plus généralement la Plaine, LE lieu festif à Marseille. Il est emblématique de la ville : à la fois beau et foutraque, alternatif et ouvert, avec ses tags qui recouvrent les façades, entre deux petites boutiques et restaurants.
Les monuments historiques à voir absolument
S’il y a un marathon touristique à faire, il faut commencer par la cathédrale de la Major, puis continuer jusqu’au Mucem, traverser la mer par le fort Saint-Jean, longer le Vieux-Port jusqu’au jardin du Pharo. Et évidemment, faire un tour à la Bonne Mère, en prenant son courage à deux mains car ça grimpe sévère. La direction ne prend pas en charge les réclamations en cas d’ampoule aux pieds.
Un coin de paradis à l’abri des touristes
La Madrague de Montredon, un petit port de pêche hors du temps dans le sud de Marseille. Ce n’est pas pour rien qu’une certaine Florence Arthaud avait élu domicile ici…
Un endroit pour se mettre au vert
C’est une réalité : les espaces verts ne sont pas légion et l’herbe manque à Marseille. Enfin, ça dépend laquelle.
Une activité typique des locaux
Au risque d’alimenter les clichés, il faut reconnaître qu’une pétanque en fin de journée dans un des boulodromes de la ville, comme ceux au pied de Notre-Dame-de-la-Garde, est une activité assez prisée des locaux. Et si on combine ça avec un plouf et une bière à Malmousque, c’est le summum.
Le plat à déguster absolument
La bouillabaisse étant par essence super onéreuse, on penche plutôt pour un petit bol de panisses, sorte de beignets de pois chiches typiques en Provence servis notamment au moment de l’apéro. A accompagner d’un pastis ou, si on veut limiter sa consommation d’alcool, un Pac à l’eau, nom donné à cette boisson locale au sirop de citron.
Une expression typique à connaître
Il y a plein de mots provençaux qui mériteraient une explication. Mais il est nécessaire d’éclaircir l’usage du « ça va » à Marseille… qui ne veut pas forcément dire que « ça va », au sens d'« aller bien ». Ainsi, on peut tout à fait entendre sur un ton énervé : « Tu m’as gonflé, ça va ? ». Même si on l’entendra plus aisément sur le mode : « On va boire un verre après le taf ? Allez, ça va ! » Le « ça va » marseillais est une déclinaison locale du « Ok ». Au début, ça surprend. Après, on s’y fait. Ca va ?
Le cliché vrai sur Marseille
C’est une vraie ville de supporters. L’Olympique de Marseille est une partie de la ville. Quand l’OM gagne, les élus locaux réagissent. Quand l’OM joue, les bars sont pleins. Dans la rue, les gens sont habillés aux couleurs de l’OM, et on connaît tous un copain de copain qui est abonné au stade, quand on ne l’est pas soi-même. Bref, il y a une vraie ferveur autour du club, qui se ressent au Vélodrome. Une ambiance assez particulière qu’il faut avoir vécue au moins une fois dans sa vie.
Et le faux ?
Tout le monde ne parle pas avec l’accent provençal. Loin de là, même. Dans un article de 2018, La Provence faisait même état d’un accent « en voie de disparition », au gré des différentes vagues d’installations de nouvelles catégories de population à Marseille, qui n’échappe pas aux phénomènes de gentrification, mais aussi, plus largement, la globalisation de la société.
Ce qu’il ne faut jamais faire quand on vient ici
Porter un maillot du PSG. Ou plus largement, se comporter comme un Parisien, autrement dit, ne pas s’intéresser à l’art de vivre local et ne pas chercher à en épouser les us et coutumes.
L’info insolite à connaître sur la destination
Les canons du fort d’Entrecasteaux, un des deux forts qui surplombent le Vieux-Port et la mer, n’étaient pas tournés vers la Méditerranée pour se protéger des attaques extérieures. En 1660, le roi Louis XIV a fait tourner les canons vers le Vieux-Port à la suite de plusieurs révoltes, de peur que le peuple marseillais se soulève contre le pouvoir établi. Vous avez dit Marseille, ville rebelle ?
L’objet à rapporter dans sa valise
Un savon de Marseille, même si, selon les savonneries, le savon n'a parfois de marseillais que le nom…


















