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Pourquoi les petits-déjeuners d’hôtel nous fascinent autant ?

« C’est un incontournable »… Pourquoi les petits-déjeuners d’hôtel nous fascinent autant ?

instantCertains vacanciers ne jurent que par les petits-déjeuners fastueux servis dans les hôtels, un rendez-vous « incontournable »
Vos habitudes chelou au petit-déjeuner
Clio Weickert

Clio Weickert

L'essentiel

  • A l’occasion de la Journée du petit-déjeuner, « 20 Minutes » s’interroge sur ce rituel gastronomique à la fois culturel et intime.
  • Un petit-déjeuner particulièrement couru est celui servi dans les hôtels, en chambre ou disposé sur de grands buffets. Pour certains clients, ce service matinal est même devenu un « incontournable ».
  • Pourquoi les petits-déjeuners d’hôtel nous fascinent autant ?

Une farandole de confitures faites maison, une avalanche d’œufs à la coque, brouillés ou sur le plat… Sans oublier une montagne de viennoiseries sorties tout droit du four, des petites saucisses fumantes, des tranches de poissons fumées, un tour de France des fromages et une forêt de fruits frais… Existe-t-il sur Terre un kif plus grand que les petits-déj d’hôtel ?

« Ahhhhh le petit-déjeuner continental dans un hôtel… C’est un vrai critère de choix quand nous partons en week-end ou en voyage », approuve Maïté, une lectrice de 20 Minutes âgée de 47 ans qui a répondu à notre appel à témoignages.

Alors qu’il y a encore quelques années on se contentait d’une pauvre biscotte dure comme du plâtre, d’une micro noisette de beurre et d’un fond de café soluble (tiède), le petit-déjeuner à l’hôtel est devenu un moment essentiel. Mais pourquoi une telle fascination ?

Un « luxe » et un « rituel » matinal

Anne, 44 ans, est formelle : le petit-déjeuner d’hôtel est « un incontournable ». « J’adore manger salé et sucré quand je suis en déplacement, ce que je ne prends pas le temps de faire au quotidien. C’est un petit luxe et un plaisir qu’on s’accorde, en dehors de la routine », explique-t-elle. Un point de vue que partage Nabil, habitué avec sa famille des hôtels 4 étoiles.

« On prend systématiquement les petits-déjeuners car en général le choix y est important et permet de bien démarrer la journée. C’est devenu un rituel du matin », note le quadragénaire qui conseille par ailleurs d’y aller « tôt le matin pour éviter les gens qui touchent la nourriture avec les mains » et « la cohue face à la machine à café ».

Parmi les amis du petit-déjeuner d’hôtel, on retrouve enfin notre lectrice Maïté, qui décrit ce moment comme « le bonheur incommensurable de délecter nos yeux devant l’étalage de douceurs salées et sucrées, l’envie de consommer des mets qui ne font pas partie de notre quotidien, le luxe de prendre notre temps, de faire des allers-retours au buffet et de dénicher des produits inhabituels. Un véritable moment de plaisir et d’évasion ». Et de poésie !

Pour Sara Brami, directrice générale du réseau Hospya qui compte 27 établissements en région parisienne (dont plusieurs hôtels Mercure), « le petit-déjeuner est devenu bien plus qu’un simple service hôtelier. C’est un moment auquel les clients accordent une attention croissante, au même titre que la qualité de la literie ou l’emplacement de l’hôtel. Le petit-déjeuner contribue fortement à la satisfaction globale du séjour. Il est souvent perçu comme le premier vrai moment d’expérience à l’hôtel. »

Pour tous les goûts

C’est aussi, bien évidemment, un plaisir gustatif. L’occasion de se taper la cloche au lever du lit, tout en gardant les pieds sous la table. « J’aime les buffets d’hôtels (quand ils sont bien garnis !), témoigne Audrey, 45 ans. Ça fait partie de l’expérience du séjour. On peut manger des choses que l’on ne mangerait pas chez nous, c’est plus varié, ça laisse le temps de démarrer la journée tranquillement car on n’a rien à préparer. »

Du côté d’Hospya, les « produits locaux, artisanaux et identifiables rencontrent un succès croissant. Les clients apprécient de savoir d’où viennent les produits qu’ils consomment et de découvrir les bonnes adresses du quartier à travers le buffet ». Mais la réussite se cache aussi dans la variété.

« Ce qui fait réellement le succès d’un petit-déjeuner aujourd’hui, c’est sa capacité à satisfaire tous les profils. Entre les amateurs de viennoiseries, ceux qui privilégient des produits salés, les adeptes de formules plus équilibrées ou les clients qui souhaitent simplement prendre un café avant de partir, chacun doit pouvoir y trouver son compte », estime Sara Brami, la directrice générale du réseau hôtelier.

Le concours du meilleur petit-déjeuner d’hôtel

Le monde de l’hôtellerie a bien compris cette appétence grandissante pour le petit-déj. « Les habitudes des consommateurs évoluent : ils s’attendent de plus en plus à trouver dès le matin une vraie offre gastronomique », confirme Stéphanie Martinez, directrice communication de la Fédération Nationale des Tables & Auberges de France, à l’initiative de la journée nationale du petit-déjeuner.

Elle ajoute : « Avec l’évolution des comportements alimentaires (végan, sans gluten, etc.), les hôteliers sont un peu obligés de se mettre à la page et de proposer des offres adaptées. »

Pour les distinguer, la Fédération Nationale des Tables & Auberges de France a même créé en 2017 un concours « dédié aux hôtels pour valoriser le petit-déjeuner comme signature d’établissement ». Les participants y présentent leur offre habituelle à l’année et sont évalués sur l’origine des produits, leurs recettes originales mais aussi la cohérence de la tarification.

Une récompense qu’a remportée l’an dernier l’Hôtel Albert 1er à Toulouse, un établissement familial qui privilégie la proximité avec sa clientèle – en les accueillant notamment chaque matin dans la salle petit-déj par une maîtresse de maison –, et en mettant en avant les produits locaux et de saison.

Pour Emmanuel Hilaire, copropriétaire exploitant de cet hôtel 3 étoiles, le petit-déjeuner est un « fort levier pour se différencier et fidéliser » sa clientèle mais il permet aussi de « mettre en avant l’ADN, l’histoire et les valeurs » de son établissement.

Bon et pratique

Le petit-déjeuner est aussi devenu pour certains un repas à part entière. « Nous prenons d’office les petits déjeuners à chaque nuit d’hôtel, c’est un grand plaisir, on est prêt à mettre une vingtaine d’euros si le choix et la qualité sont au rendez-vous, explique Edith, 68 ans. Et nous pouvons sauter le déjeuner, tenir jusqu’au soir, un petit en-cas suffit. »

Notre rubrique A table !

Une astuce que partage Aurélie, 54 ans, qui « adore » les petits-déjeuners d’hôtel, « version buffet à volonté ». « C’est un peu comme un repas : je commence par le salé et termine par une touche sucrée. Ce petit déjeuner copieux permet de sauter le déjeuner, c’est à la fois plus pratique et moins cher, quitte à manger une glace ou une gaufre dans l’après-midi pour tenir jusqu’au restau du soir ! »