Le « cortisol face » est-il une arnaque des réseaux sociaux ?
La traque du taux de cortisol est devenue le nouveau graal des influenceuses beauté qui pointe du doigt cette hormone dans la prise de poidsDora Christian
L'essentiel
- Le cortisol est l’hormone sécrétée par les glandes surrénales qui augmente en cas de stress physique, psychologique, métabolique ou inflammatoire. Ses principaux déclencheurs incluent le manque de sommeil, le jeûne prolongé, l’entraînement sportif excessif, l’excès de caféine et l’inflammation chronique.
- Bien que le cortisol élevé puisse indirectement influencer la prise de poids, un visage gonflé « s’observe surtout dans des excès de cortisol beaucoup plus marqués et prolongés, comme dans le syndrome de Cushing », explique la médecin nutritionniste Michèle Marchaland, et non lors d’un stress chronique du quotidien.
- Les informations circulant sur les réseaux sociaux autour du cortisol sont souvent exagérées pour vendre des méthodes miracles, et « d’un point de vue médical, on ne peut pas réellement identifier un excès de cortisol simplement en regardant notre visage le matin », selon le diabétologue Boris Hansel.
On entend parler du cortisol partout ! Notamment depuis qu’on a vu naître la tendance « cortisol face » sur TikTok. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes accusent cette hormone du stress, sécrétée par les glandes surrénales sur ordre du cerveau, de faire, entre autres, gonfler le visage, provoquer de la rétention d’eau et faire prendre du poids. Ainsi, empêcher de faire grimper son taux de cortisol devient le nouveau cheat-code pour perdre des kilos. Mais ce nouveau réflexe n’est pas forcément pertinent.
Qu’est-ce qui fait grimper le cortisol ?
« Tout ce qui est perçu par l’organisme comme un stress physique, psychologique, métabolique ou inflammatoire peut entraîner une augmentation du cortisol », explique à 20 Minutes le Dr Michèle Marchaland, médecin nutritionniste Valdys. En clair, « son rôle est d’aider l’organisme à s’adapter aux situations de stress en mobilisant le glucose stocké dans le foie, en augmentant la tension artérielle et la vigilance ». Ce qui constitue une réponse naturelle du corps et non un danger.
Il suffit donc qu’un stress chronique anodin se présente (pression professionnelle, manque de sommeil prolongé, charge mentale, maladie) pour que le cortisol reste élevé pendant plusieurs semaines, voire davantage, tant que le facteur déclenchant persiste.
Parmi les causes principales, la médecin relève le manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité, le jeûne prolongé ou la sous-alimentation, un entraînement sportif excessif, l’excès de caféine et l’inflammation chronique. Pour le faire baisser, les meilleurs alliés d’un cortisol équilibré sont un sommeil de qualité, la gestion du stress, une activité physique régulière mais modérée et une alimentation équilibrée et le respect du rythme circadien.
Faut-il autant se soucier de son cortisol dans le cadre d’une perte de poids ?
Dans l’idée, certains éléments véhiculés sur les réseaux sociaux ne sont pas infondés. « Indirectement, une alimentation riche en sucres raffinés, en produits ultra-transformés ou une consommation excessive d’alcool peuvent favoriser une inflammation de bas grade et perturber les mécanismes de régulation du stress », affirme la médecin nutritionniste. Et en cela, certains avant/après montrant un corps moins ballonné ou un visage moins bouffi peuvent s’expliquer. En effet, « lorsque le cortisol est durablement élevé, il favorise souvent les envies d’aliments sucrés ou gras, augmente l’appétit chez certaines personnes, peut accentuer le stockage des graisses, notamment au niveau abdominal, et entraîner des troubles digestifs comme des ballonnements liés au stress », poursuit la professionnelle de santé.
En revanche, (et tout comme le marketing autour des pics de glycémie), certaines informations sont exagérées sur les réseaux sociaux pour vendre des régimes et méthodes miracles. Par exemple, le classique visage gonflé qu’on voit partout « s’observe surtout dans des excès de cortisol beaucoup plus marqués et prolongés, comme dans le syndrome de Cushing », souligne Dr Michèle Marchaland. Cela « ne reflète pas ce qui se passe lors d’un stress chronique du quotidien », nuance-t-elle.
Il est donc inutile de développer une obsession autour du cortisol chez une personne en bonne santé, ayant une hygiène de vie équilibrée. De manière isolée, un taux de cortisol élevé ou un pic de glycémie ne feront pas prendre du poids soudainement.
Par ailleurs, « d’un point de vue médical, on ne peut pas réellement identifier un excès de cortisol simplement en regardant notre visage le matin », corrige le diabétologue et nutritionniste Boris Hansel. Votre gua sha n’aura donc pas forcément la solution.



















