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Comment s’est négociée la prolongation de Louis Bielle-Biarrey à l’UBB

Salary cap, JO, revalorisation à sa juste valeur… Comment s’est négociée la prolongation de Louis Bielle-Biarrey à l’UBB

casque d’orLouis Bielle-Biarrey a prolongé son contrat avec l’Union Bordeaux-Bègles, avec qui il affronte Toulouse ce dimanche, jusqu’en 2029
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • La semaine dernière, l’Union Bordeaux-Bègles, qui affronte le Stade Toulousain ce dimanche, a annoncé la prolongation de son ailier Louis Bielle-Biarrey, désormais sous contrat jusqu’en 2029.
  • La prolongation de Bielle-Biarrey s’inscrit dans un casse-tête financier pour l’UBB qui doit respecter le salary cap tout en gardant ses cadres.
  • Selon son agent Jérôme Charban, Louis Bielle-Biarrey est désormais entré dans le top 10 des joueurs les mieux payés du Top 14. Et peut-être même dans le top 5.

On venait tout juste de passer l’heure de jeu, samedi dernier, à l’occasion du retour du Top 14 au stade Lescure. L’UBB avait déjà fait du Racing 92 sa chose (64-5 score final), les essais s’enchaînaient et le public bordelais, heureux de retrouver ses poulains après une saison achevée en eau de boudin (8e), pouvait festoyer. Pourtant, il manquait un petit quelque chose : Louis Bielle-Biarrey n’avait toujours pas réussi à mettre les pieds en terre promise.

Il aura finalement suffi de deux petits ballons proches des lignes pour que le serial marqueur d’essais au casque blanc enquille son premier doublé de la saison. Le soir même de l’officialisation de sa prolongation de contrat de deux saisons avec le club bordelais, c’était la moindre des choses. « Les résultats sur les deux dernières années sont plutôt bons, on a cette envie de faire toujours plus. J’ai l’impression que le club se donne les moyens, donc j’ai envie de participer à ça », expliquait-il au micro de Canal+ au terme de la rencontre.

LBB « valorisé et respecté » avec ce nouveau contrat

Arrivé sur les bords de Garonne en 2021, LBB a prolongé son bail de deux ans, jusqu’en 2029. L’aboutissement de plusieurs semaines de négociations où Laurent Marti, le président bordelais, a dû s’arracher les cheveux pour que le nouveau contrat de sa pépite rentre dans le cadre, légal, du salary cap. Mais, selon toutes les parties concernées, l’accord s’est fait en bonne intelligence tant joueur et club n’ont cessé de répéter leur volonté de poursuivre l’aventure commune, ponctuée déjà de deux titres européens.

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« On n’a pas cherché à mettre Louis sur le marché de manière à mettre les clubs en concurrence, ce qui souvent fait gonfler la rémunération d’un joueur de manière un peu artificielle, explique à 20 Minutes son agent Jérôme Chabran. De manière aussi délibérée et intentionnelle, on n’a pas cherché à attendre le mois de juillet pour que Louis soit "attaquable" par d’autres clubs. Je pense qu’il est respecté dans son statut de joueur de haut niveau international et valorisé dans son nouveau contrat. »

Si le contrat de Louis Bielle-Biarrey courait jusqu’en 2027, les négociations sur la prolongation cet été, avec un accord de mise à disposition pour disputer les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 avec l’équipe de France de rugby à VII, ont également permis de revenir sur les termes initiaux de cette saison 2026-2027 avec une revalorisation salariale sensible à la clé.

Pas forcément dans le top 3 des joueurs les mieux payés

Avec cette fiche de paie sensiblement changée, l’ailier arrivé à Bordeaux avec un simple contrat Espoirs il y a cinq ans, a fait un bond dans la hiérarchie des joueurs les mieux rémunérés du Top 14. Sans pour autant tutoyer les sommets, assure son agent. « Il est assurément entré dans le top 10 des joueurs les mieux payés du championnat. Et peut-être dans le top 5, mais ce n’est pas sûr. L’important, c’est qu’il ait un contrat dans lequel il soit valorisé à sa juste valeur. »

Alors comment expliquer que celui qui a été désigné deux fois meilleur joueur du Tournoi des VI Nations en 2025 et 2026 et nommé parmi les meilleurs joueurs du monde en 2025 ne soit pas directement dans le trio de tête ? D’un côté, la prolongation de « seulement » deux ans permet de revenir sur la table des négociations assez rapidement et facilement. De l’autre, le poste d’ailier n’est généralement pas celui qui paie le mieux.

Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey et Damian Penaud, le triangle magique de l'UBB.
Matthieu Jalibert, Louis Bielle-Biarrey et Damian Penaud, le triangle magique de l'UBB. - DANIEL VAQUERO /SIPA

Dans un rapport sorti à la fin de la saison 2024-2025, la Ligue nationale de rugby indiquait que les ailiers étaient les moins bien lotis dans une équipe avec une rémunération moyenne estimée à 223.000 euros bruts par an, même si le salaire de LBB est bien au-dessus. Loin, par exemple, des demis d’ouverture (343.000 euros bruts annuels).

« Sincèrement, je trouve que la rémunération de Louis aujourd’hui est juste, assure Jérôme Chabran. Certes, elle aurait pu peut-être être un peu plus importante, on aurait pu chercher à gratter quelques milliers d’euros en plus mensuels, mais ce n’était pas dans le sens de ce contrat-là. Au regard des sommes dont on parle, c’est très très bien. Et si ça permet aussi à l’UBB d’être dans une marge de manœuvre qui laisse encore un petit peu de marge de confort pour d’autres dossiers, tant mieux. »

Garder Bielle-Biarrey… et les autres

Car le casse-tête se situait aussi là pour Laurent Marti : prolonger Bielle-Biarrey et garder ses autres meilleurs joueurs, un an seulement après avoir déjà offert à Matthieu Jalibert une belle prolongation, tout en respectant le salary cap. « L’UBB n’est pas un club désagréable, donc les mecs ont très envie de rester, reconnaissait le dirigeant sur RMC. Mais ils veulent optimiser leur contrat, et c’est normal car les carrières sont courtes. On doit faire en sorte que tout le monde rentre dans le salary cap et ça demande des négociations difficiles où chaque euro est compté. »

Après avoir réussi la mission avec Louis Bielle-Biarrey, l'UBB a officialisé la prolongation de contrat de deux cadres en troisième ligne : Pierre Bochaton jusqu'en 2030 et Marko Gazzotti, que le Stade Toulousain espérait récupérer, jusqu'en 2029, vendredi. Autant de bons signes quant à la compétitivité du club, selon le réprésentant de LBB :

« Aujourd’hui, il est important pour Louis d’être dans une équipe compétitive. Et des très bons joueurs aspirent aussi à des niveaux de rémunération conséquents. L’équation est parfois compliquée entre retirer une forme de valorisation personnelle justifiée et pertinente par rapport à la valeur d’un joueur et ce qu’il mérite et, en contrepartie, le confronter à une réalité d’équilibre de marché, de lignes budgétaires et de joueurs qui aussi méritent parfois une certaine valorisation. » Le directeur financier de l’UBB va encore passer des semaines compliquées.