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Et si la lumière guérissait les commotions cérébrales chez les sportifs ?

« On a peut-être la solution »… Et si la lumière guérissait les commotions cérébrales dans le rugby ?

avancée médicaleUn essai clinique va commencer à l’automne autour d’un casque de photobiomodulation pour aider à la récupération post-traumatique
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Paul Willemse, a pris sa retraite à 32 ans en septembre 2025 après de multiples commotions cérébrales, mais souffre toujours de symptômes deux ans après son dernier match avec Montpellier.
  • L’ancien deuxième ligne est devenu ambassadeur d’un essai clinique autour d’un casque innovant de photobiomodulation transcrânienne destiné à stimuler les mécanismes naturels de réparation du cerveau.
  • Les patients devront porter le casque trente minutes par jour pendant quatorze jours. Les résultats ne devraient pas être connus avant 2028.

Paul Willemse a pris sa retraite en septembre 2025, à 32 ans seulement. Un an après avoir disputé son dernier match avec Montpellier durant lequel il a été victime d’une énième commotion cérébrale. Pas la plus violente, ni la plus impressionnante, mais la succession de ces chocs à la tête a eu raison de la carrière du deuxième ligne international français. Pourtant, malgré deux ans sans rugby, le solide gaillard continue d’avoir des symptômes.

« J’ai des encore vertiges qui peuvent durer quelques jours, je peux aussi avoir des maux de tête lorsque je fais des gestes rapides ou quand je change de hauteur en jouant par exemple avec mes enfants », confie le natif de Pretoria (Afrique du Sud). Comme beaucoup de joueurs victimes de commotions, Willemse a cherché des solutions pour se soigner, sans que la médecine ne lui apporte de réponses concrètes hormis celle de se reposer.

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Début d’un essai clinique à l’automne

« Aujourd’hui, la médecine pour les traumatismes crâniens légers (dont sont victimes les joueurs de rugby), elle n’existe pas, confirme le neurochirurgien David Brauge. Il n’y a pas beaucoup de réponses thérapeutiques : on donne un médicament pour les céphalées, on prescrit de la kiné pour les vertiges… » Mais celui qui est également président de la commission commotions cérébrales LNR/FFR a peut-être trouvé une solution à tous ces problèmes.

Avec le Fonds Clinatec, centre de recherche biomédicale dédié aux maladies neurodégénératives et aux handicaps lourds, il a développé un casque de photobiomodulation transcrânienne destiné à stimuler les mécanismes naturels de réparation du cerveau. Présenté mardi au siège de la GMF à Paris, le casque qui ressemble à celui porté les joueurs de rugby, va faire l’objet d’un essai clinique à l’automne à Lyon et à Toulouse pendant deux ans.

Présentation du casque (à g.) qui pourrait guérir les commotions cérébrales.
Présentation du casque (à g.) qui pourrait guérir les commotions cérébrales. - Edyta Tolwinska pour Fonds Clinatec

« La photobiomodulation, c’est la lumière qui vient moduler l’effet des cellules, vulgarise David Brauge. Avec la photobiomodulation, il y a une plus grosse production d’énergie dans le cerveau, le métabolisme est activé. Sur le plan neuronal, ça facilite la connexion des neurones, il y a aussi une augmentation du drainage lymphatique… »

Le concept de photobiomodulation avait déjà été utilisé il y a deux ans par d’autres spécialistes avec de bons résultats mais « pas scientifiquement établis, assure le spécialiste. On veut faire de la médecine. On s’est dit qu’on allait créer une étude de méthodologie irréprochable pour démontrer l’efficacité de ce dispositif. »

A Lyon et Toulouse, une trentaine de patients vont prendre part à cet essai clinique, dont la moitié aura un casque « placebo ». A domicile, ces sportifs (pas forcément professionnels), victimes d’une commotion cérébrale avec des symptômes qui durent depuis au moins trois mois, devront mettre ce casque qui produira de la lumière proche de l’infrarouge trente minutes par jour, plutôt en fin de journée, pendant quatorze jours.

Un casque utilisé aussi en préventif ?

Au terme de ces deux semaines de test, les spécialistes espèrent que les résultats soient positifs en prenant en compte plusieurs critères. « Il y a 22 symptômes répertoriés parmi les symptômes de la commotion cérébrale chez les sportifs, assure Jean-François Payen, professeur émérite d’anesthésie-réanimation, directeur médical du Fonds Clinatec. On considérera que cet essai sera positif si on réduit de manière significative le nombre de ces symptômes. »

« Ça sera pas la fin des symptômes dans toutes les situations de la vie, y compris le sport à très haute intensité, ajoute David Brauge. Mais le critère ultime de guérison reste que le sportif ait pu reprendre son activité, qu’il puisse se réexposer à des gros entraînements, des gros chocs, qu’un footballeur puisse par exemple faire une tête avec un ballon qui arrive à 80 km/h… »

Ambassadeur de cet essai clinique, Paul Willemse, qui ne rentre pas dans les critères de sélection, se montre très optimiste quant à la réussite du projet, lui qui a été très souvent au contact de David Brauge durant sa carrière. « Si ça marche, ça sera le premier dispositif médical pour les commotions, espère l’ancien deuxième ligne. Ça peut même ouvrir d’autres perspectives. Tu peux mettre le casque après un entraînement juste pour enlever l’inflammation, ça peut être utilisé en préventif. »

Paul Willemse espère surtout que ce dispositif puisse permettre aux amateurs et parents inquiets pour leurs rejetons face aux commotions cérébrales de souffler un peu : « Ça peut être grave, si ce n’est pas bien traité, mais il n’y a pas de raison d’avoir plus peur que pour d’autres blessures. Une blessure aux cervicales, c’est plus dangereux, mais personne n’en parle, parce que tu peux être opéré. Là, avec ce casque, on peut trouver enfin une solution. »