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Comment parler de poils aux enfants sans les barber ?
poil au nez

« Si on en a, ce n’est pas pour rien »… Pourquoi parler de poils aux enfants n’est pas si bête ?

Dans le livre « Merveilleux poils », l’auteur jeunesse Mathis explique notamment comment apparaissent les poils mais aussi quelle est leur utilité
Clio Weickert

Clio Weickert

L'essentiel

  • Le livre pour enfants « Merveilleux poils » de Mathis est sorti fin août aux éditions La Doux.
  • Dans cet ouvrage, l’auteur jeunesse explique ce qu’est la pilosité, comment apparaissent les poils mais aussi quelle est leur utilité. Il consacre également tout une partie sur le pelage des animaux. Une thématique qui interroge les enfants ?
  • « Pour la plupart des enfants, il y a effectivement quelque chose d’intriguant lié à la découverte du corps. Certains poils vont intriguer plus que d’autres, cela dépend des âges et des stades de développement. C’est tout à fait normal et légitime qu’ils se questionnent sur leurs fonctions, à quoi ça sert, pourquoi… », répond la psychologue Aline Nativel Id Hammou à « 20 Minutes ».

Après le caca, le poil ! Dans un livre paru à la rentrée aux éditions La Doux, l’auteur jeunesse Mathis s’intéresse à une nouvelle thématique universelle : la pilosité. Dans cet ouvrage rigolo et coloré, à destination des enfants à partir de 5 ans, l’illustrateur répond à une myriade d’interrogations sur le sujet : c’est quoi, les poils ? Ça pousse où et quand ? A quoi ça sert ? On en a tous ?

La couverture du livre "Merveilleux poils".
La couverture du livre "Merveilleux poils".  - © Merveilleux poils, Mathis, éditions La Doux, 2026.

De façon ludique, et toujours à hauteur d’enfants, Merveilleux poils fourmille aussi d’infos et d’anecdotes sur les cheveux, les pelages d’animaux ou encore les micro poils de certains fruits comme le kiwi. Sans oublier, bien sûr, les nombreuses expressions poilues de la langue française que Mathis met en image : « barbant », « être de mauvais poil », « s’arracher les cheveux », « avoir un poil dans la main »…

Consacré tout un livre sur la pilosité peut vous paraître farfelu ? Le sujet n’a pourtant rien de tiré par les cheveux, en particulier pour les petits qui peuvent s’interroger sur tous ces espaces velus qui peuvent apparaître sur le corps au fur et à mesure qu’on grandit.

Les poils sont normaux et constitutifs du corps

« Pour la plupart des enfants, il y a effectivement quelque chose d’intriguant lié à la découverte du corps. Certains poils vont intriguer plus que d’autres, cela dépend des âges et des stades de développement. C’est tout à fait normal et légitime qu’ils se questionnent sur leurs fonctions, à quoi ça sert, pourquoi… », répond Aline Nativel Id Hammou, psychologue spécialisée dans l’enfance et la famille.

Dans Merveilleux poils, l’auteur Mathis développe aussi bien la façon dont poussent les poils, que leur rôle. « Les sourcils dévient les gouttes de sueur », rappelle-t-il, « les cils protègent les yeux des poussières, des pollens et des microbes », précise-t-il encore. « Si on en a, ce n’est pas pour rien. Ce n’est pas un truc inutile ni nuisible », souligne l’auteur auprès de 20 Minutes.

Rappeler que les poils sont normaux et constitutifs du corps est important, confirme la psychologue Aline Nativel Id Hammou. Elle ajoute néanmoins que tous les parents ne sont pas forcément à l’aise avec ces sujets qui renvoient à leur propre rapport au corps. Un livre peut alors être un bon intermédiaire pour répondre à d’éventuels questionnements. « Tout peut être un support intéressant. On peut aussi dessiner avec son enfant un corps humain, il y a même des jeux qui existent », note-t-elle.

Notre corps nous appartient (tout comme nos poils)

La pilosité est aussi une histoire d’injonctions et de stéréotypes liés au genre. S’il se concentre principalement sur la facette physiologique du poil, l’ouvrage de Mathis évoque toutefois par touche des dimensions plus sociétales et culturelles comme la façon dont il a été utilisé pour faire la distinction entre les hommes et les femmes. Des thématiques qu’il est possible d’aborder avec son enfant si on le désire.

« Tout comme on peut expliquer que les garçons peuvent avoir les cheveux longs, on peut dire que les filles peuvent avoir des poils sous les aisselles ou sur les jambes, que tous les hommes n’ont pas forcément beaucoup de poils… », répond la psychologue Aline Nativel Id Hammou. On peut aussi exposer le fait que garder ses poils – ou non –, est la décision de chacun et que notre corps nous appartient.

« Ça peut être subtil mais on peut quand même commencer à en parler. Après, ce sont des discussions qu’on prend et que l’on reprend, évidemment, en fonction de l’évolution. Mais si cela tient à cœur d’évoquer ce type de sujet, on peut tout à fait le faire. »

La métamorphose de l’adolescence

Et pour les plus grands ? De nouvelles questions peuvent apparaître chez les enfants à l’approche de l’adolescence en voyant leur corps évoluer et se transformer. Une métamorphose même effrayante pour certains.

« Il faut rappeler à son enfant que des changements peuvent être angoissants, perturbants, mais qu’on reste disponible en tant que parents sur ce sujet. Si on est un peu déstabilisé, si on a quelques peurs parentales, on peut aussi le renvoyer vers des soignants ou d’autres adultes de référence qui peuvent prendre le relais », conseille Aline Nativel Id Hammou.