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Pourquoi les enfants ont une obsession pour le caca (boudin) ?
c’est du propre !

« Caca boudin », « crotte », « popo »… Pourquoi les enfants ont-ils une obsession pour la grosse commission ?

Le caca fascine les petits – tout comme les grands, à vrai dire – et sa découverte marque pour eux une grande étape vers la propreté et l’autonomie
Clio Weickert

Clio Weickert

L'essentiel

  • Parmi les nouveautés jeunesse en librairie de la rentrée, il y a le livre « Merveilleux caca » de Mathis, paru le 10 septembre aux éditions La Doux. Un « caca-tologue » aussi drôle qu’instructif sur le monde des crottes.
  • Les ouvrages sur le sujet sont des classiques de la littérature pour les petits et répondent à la fascination qu’ils peuvent avoir pour la grosse commission.
  • « Certains enfants peuvent avoir peur parce que tout ce qui sort du corps est un peu bizarre, quand même. L’idée est d’essayer de leur expliquer ce qui se passe dans leur corps mais aussi de dire que c’est naturel, normal et qu’il faut que ça se fasse », explique la psychologue Catherine Verdier à « 20 Minutes ».

Les enfants peuvent en parler matin, midi et soir. Il y a le fameux « caca boudin ! » lancé à tout-va, premier cri de révolte et de provocation pour nos petits punks en herbe, mais aussi une source intarissable de rigolades. Sans oublier la multitude d’énigmes qu’entoure pour eux le monde des popos : d’où viennent-ils ? Où vont-ils ? Pourquoi sentent-ils mauvais ?

Autant de questions auxquelles répond Merveilleux caca, un tout nouveau livre à destination des bambins (à partir de 2 ans), paru le 10 septembre chez La Doux. Au fil des pages de ce documentaire imagier, son auteur Mathis dépoussière le genre avec humour et pédagogie et dévoile tout ce qu’il faut savoir sur les petites crottes. « Je voulais faire quelque chose de frais et réhabiliter socialement le caca, en n’en faisant pas quelque chose de sale et de cracra », explique-t-il à 20 Minutes.

La couverture du livre "Merveilleux caca" de Mathis (La Doux).
La couverture du livre "Merveilleux caca" de Mathis (La Doux).  - La Doux

Les ouvrages sur le sujet sont des classiques de la littérature jeunesse : Petit ours brun sur le pot, Qu’y a-t-il dans ma couche ?, De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête… Il faut dire que le caca fascine les petits – tout comme les grands, à vrai dire – et sa découverte marque pour eux une grande étape vers la propreté et l’autonomie.

Lever le voile sur une matière aussi mystérieuse « qu’utile »

Mais pourquoi les enfants aiment-ils autant parler d’étrons ? Notamment parce qu’il s’agit d’une immense découverte pour ces petits aventuriers à la curiosité sans limites. « Ils explorent d’abord l’extérieur de leur corps, ils touchent, manipulent, c’est ce qu’on appelle la période sensori-motrice », précise Catherine Verdier, psychologue, thérapeute et analyste pour les enfants et les adolescents.

Aux alentours de deux ans, leur univers change quelque peu de perspectives avec la fin des couches, la nouveauté du pot et ce qu’ils peuvent trouver dedans. « Ils ont évolué, grandi, marché, parlé… Ils ont touché tout ce qu’ils pouvaient, même – ou surtout – ce qui était interdit. Et là, ça sort du corps et c’est assez mystérieux. Ils se demandent d’où ça vient et où ça va mais aussi pourquoi ça fait tant plaisir aux parents », poursuit la psychologue.

Dans son livre où le caca tient le premier plan, Mathis expose avec simplicité, à hauteur d’enfants, de quoi il est constitué, quelles formes et couleurs il peut prendre, quel est le chemin de la digestion… Il détaille aussi l’étape d’après, une fois la crotte tombée dans le trou des toilettes, et plus tard sa fonction de fertilisation.

« Cette matière fait partie de la vie, du cycle des êtres vivants, des mammifères et des insectes… C’est super utile », estime l’auteur. D’où le choix d’un titre de livre positif, « Merveilleux caca », « en contrepoint de l’image habituelle qu’on en a ».

Parler de caca mais sans pression

Faire ses besoins dans un pot ou sur les toilettes n’est pas qu’une simple question de découverte pour les petits. C’est aussi une nouvelle phase cruciale dans leur vie : l’acquisition de la propreté. « C’est une étape importante pour tout le monde, pour les enfants, pour les parents et pour aller à l’école, puisque en général, quand ils entrent en maternelle, on leur demande d’être propres. Ça implique effectivement qu’il y ait un accompagnement autour », souligne la psychologue Catherine Verdier.

Apprendre à retenir ou non ses selles, et donc à maîtriser ses sphincters, est aussi une étape de taille d’un point de vue individuel. « C’est une période du contrôle de soi, de son corps. Ça veut dire être autonome », affirme-t-elle.

D’où l’intérêt de verbaliser tout cela avec son enfant, de répondre à ses questions, mais sans non plus en faire tout un plat ni lui mettre la pression. « En France, notamment, on demande que l’enfant acquière la propreté assez tôt, entre 18 et 36 mois, alors que dans d’autres pays, c’est à 4 ans », observe Catherine Verdier.

Elle ajoute : « Certains enfants peuvent avoir peur parce que tout ce qui sort du corps est un peu bizarre, quand même. L’idée est d’essayer de leur expliquer ce qui se passe dans leur corps mais aussi de dire que c’est naturel, normal et qu’il faut que ça se fasse ».

Dans la joie et la bonne humeur

Si les mots vous manquent pour évoquer ce sujet avec votre petit, les livres sont de très bons supports pour vous y aider. « Je conseille de suivre le rythme et la maturité de son propre enfant puis d’en parler, dessiner, écrire, rigoler autour de ça, pour qu’il n’y ait pas de blocages et que ça se fasse dans la joie », recommande la psychologue.

Dans Merveilleux caca, l’auteur Mathis rappelle à juste titre que tout le monde va sur le trône : les papas et les mamans, les maîtresses, les docteurs, les chanteuses… Il passe aussi en revue les étonnantes déjections des animaux, comme celles en forme carrée des wombats. Et saviez-vous que certaines boules de poils les mangent, comme les castors et les musaraignes ? Les parents aussi peuvent en apprendre sur le popo.

Tout comme en rire, le caca étant, il faut l’avouer, plutôt rigolo. Et les blagues enfantines ont également leur utilité. « C’est un peu transgressif et l’humour scatologique est un moyen de tester les limites et le rire de chacun », explique la psychologue Catherine Verdier. Ça fait partie de leurs expérimentations. Ils expérimentent les réactions que ça provoque chez l’adulte et ça permet aussi de comprendre ce qui est bien socialement, ce qui ne l’est pas, ce qu’on peut faire ou dire en société. »

Apprendre, s’autonomiser, se poiler… Autant de raisons pour ne plus tourner autour du pot avec votre enfant.