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Les dessous de la prépa de la cycliste Pauline Ferrand-Prévot

« La routine me sert de guide »… Les dessous de la prépa de la cycliste Pauline Ferrand-Prévot

interviewEntre secrets de préparation et équilibre personnel, la championne de cyclisme se confie sans filtre sur ses ambitions futures et son état d’esprit d’après-saison
Qui est Pauline Ferrand-Prévot, vainqueure du Tour de France ?
Dora Christian et Antoine Huot de Saint Albin

Dora Christian et Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Après le Tour de France Femmes 2026, Pauline Ferrand-Prévot a répondu aux questions de « 20 Minutes » sur son état d’esprit général pour cette après-saison.
  • La cycliste professionnelle considère sa médaille d’or aux Jeux olympiques de Paris comme la victoire qu’elle attendait « depuis très longtemps », précisant que « ça aurait été un échec de ne pas réussir à devenir championne olympique à Paris ».
  • À 34 ans, Pauline Ferrand-Prévot continue de se fixer de nouveaux objectifs comme gagner le Tour des Femmes ou « ramener une médaille sur route » aux Jeux de Los Angeles, tout en profitant de l’après-saison pour « travailler ses points faibles » et être « moins speed » dans son quotidien.

En exclusivité pour 20 Minutes, la cycliste professionnelle et ambassadrice HiPRO, Pauline Ferrand-Prévot, revient sur sa saison. Sacrée championne olympique à Paris et figure incontournable du sport français, elle livre notamment ses ressentis après son échec au Tour de France Femmes 2026, ses astuces de récupération, et affiche ses ambitions futures.

Quel bilan tirez-vous de cette deuxième participation au Tour de France ?

Je me suis vraiment donnée à fond pendant ce Tour, j’y ai mis toute mon énergie et toute ma force, et forcément je ne m’attendais pas à vivre cette expérience-là. Mais globalement, je ne peux pas dire que je suis déçue ou triste, car je sais que j’ai donné le meilleur de moi-même.

Ça m’a beaucoup appris sur moi-même : c’est la première fois que je me prépare de cette façon et que ça n’aboutit pas au résultat espéré. Il a donc fallu que je me demande « qu’est-ce qui s’est passé ? », que je prenne du recul pour identifier ce qui avait bien fonctionné ou moins bien, et ce qu’on pourra changer pour l’avenir.

Finalement, c’est la meilleure façon pour moi d’apprendre, de me remettre en question et d’analyser ce qui s’est passé. C’est bénéfique pour garder ma motivation et continuer cette quête d’un autre titre au Tour de France.

Le Tour de France vous a-t-il fait voir la compétition différemment, notamment par l’engouement du public et l’attention médiatique qu’il suscite ?

La première année, je ne m’attendais pas du tout à un tel engouement, et voir que les gens suivaient autant, que ce soit le cyclisme féminin ou moi personnellement, c’était vraiment surprenant. Malgré cela, j’essayais vraiment de rester concentrée sur ma course.

Cette année, évidemment, j’étais un peu plus préparée, mais ça reste une expérience incroyable à vivre. Le public est toujours présent sur les routes du Tour de France, que ce soit à l’échauffement, pendant les courses ou après. Pour cette édition, j’ai vraiment eu envie de profiter du public, et j’ai aussi pris plus de temps avec eux pour puiser un maximum d’énergie.

Avant les Jeux, vous vous étiez isolée pour vous préparer. Aujourd’hui, vous êtes beaucoup plus sollicitée, comment trouvez-vous votre équilibre ?

J’ai pu trouver un équilibre grâce à mon équipe : ils m’aident beaucoup au quotidien, notamment pour gérer mes réseaux sociaux, ce qui me permet de me concentrer sur le partage avec les gens que je rencontre pendant le Tour, plutôt que d’être touchée par certains commentaires de personnes en ligne. Cela m’enlève déjà un poids et me permet à la fois de me concentrer sur ma préparation, sur ma course, mais aussi de profiter davantage du Tour.

Entre les Jeux olympiques, qui reviennent tous les quatre ans, et le Tour de France, organisé chaque été, les attentes et le rythme médiatique sont très différents. Est-ce que cela a changé votre manière de préparer vos saisons et d’organiser votre quotidien ?

Les Jeux, c’est tous les quatre ans, et c’est à la fois long à attendre, mais le temps passe finalement très vite à chaque fois. La préparation commence un an et demi en amont. En VTT, on avait la découverte du circuit, ce qui nous permettait de le travailler en amont.

Pour le Tour de France, c’est différent, parce que le circuit n’est dévoilé qu’en décembre, ce qui laisse moins de temps pour l’apprendre et s’y préparer. Mais à chaque fois, c’est cette découverte du circuit qui déclenche, dans ma tête, le vrai début de la préparation.

Cette phase de préparation, c’est vraiment ce que j’adore faire, ça me plaît même plus que la course en elle-même. Au quotidien, c’est plus routinier, avec des réveils, des entraînements et des repas aux mêmes heures, mais ces emplois du temps stricts me conviennent tout à fait et j’aime vraiment ça.

Quelle place l’alimentation occupe-t-elle dans votre préparation et ta récupération ?

J’aime vraiment ce que je fais, j’aime vraiment mon sport, c’est ma passion. Donc, comme tout le monde, il y a des jours où j’ai un peu moins envie, mais globalement, comme je ne me vois pas faire autre chose, j’arrive facilement à maintenir cette organisation et cette rigueur qui sont indispensables. La routine me sert de guide : avoir un emploi du temps régulier, des repas toujours aux mêmes heures, des temps de récupération prévus, j’aime ça.

Mon astuce, c’est aussi d’être très organisée : je prépare mes vêtements la veille, je sais à l’avance quel entraînement je vais faire, je prépare mes repas en amont et j’ai des produits adaptés à la récupération. Une habitude toute simple, c’est notamment mon Snack : je prends presque toujours deux yaourts HiPRO, avec un fruit et des noix ou des amandes, pour bien récupérer de mes entraînements quotidiens.

Parmi toutes les compétitions que vous avez remportées, laquelle reste aujourd’hui la plus marquante pour vous ?

Les Jeux de Paris ! C’était vraiment, vraiment, la victoire que j’attendais depuis très longtemps ! Ça aurait été un échec pour moi de ne pas réussir à devenir championne olympique à Paris.

Après cette compétition, je me suis vraiment sentie libérée, et ça m’a permis de vivre mes compétitions autrement, de profiter davantage, ça m’a libérée mentalement.

Ça a été à la fois un tournant dans ma carrière, mais aussi dans la façon dont je me sens en tant que personne. C’était l’objectif d’une vie, donc ça restera toujours une victoire importante pour moi.

Après avoir remporté un titre olympique, le Tour de France et Paris-Roubaix, est-ce qu’il est encore possible de se fixer de nouveau objectifs ambitieux ?

J’ai besoin d’objectifs pour rester motivée, c’est comme ça que j’arrive à me lever. Ma carrière est déjà bien remplie, mais je sais que j’ai encore plein d’objectifs à me donner. Je ne suis pas forcément une fille qui aime refaire ce qu’elle a fait, je préférerais ajouter d’autres lignes à mon palmarès ! Gagner une course comme le Tour des Femmes ce serait un super objectif, si je peux aller aux jeux de Los Angeles et ramener une médaille sur route, ce serait quelque chose d’incroyable.

À 34 ans, vous avez encore quelques années de carrière devant vous. Mais considérez-vous cette carrière comme déjà complètement réussie, manque-t-il encore des médailles ?

C’est vrai que j’ai déjà un beau palmarès. Mais évidemment, ma carrière n’est pas finie. Je dirais qu’à 34 ans, je sais ce dont j’ai besoin, et c’est différent de ce dont j’avais besoin à 20 ans.

J’aime ce que je fais et être en maîtrise de ma préparation. Je me rends compte que, quand je suis souvent avec l’équipe, j’adore ça, mais ça me demande aussi beaucoup d’énergie. Aujourd’hui, je n’ai plus envie de rentrer dans un moule, et si je continue, enfin évidemment que je continue, j’aimerais désormais davantage me prioriser et continuer à faire ce que j’aime.

Vous êtes devenue une figure majeure du sport français, aux côtés de championnes comme Marie-José Pérec, Laure Manaudou ou Clarisse Agbégnénou. Est-ce que vous avez conscience d’occuper cette place ?

Je pense que c’est vraiment ça qui a évolué : il y a quelques années, j’étais reconnue en tant que cycliste, alors que maintenant, je pense qu’on m’identifie plutôt comme une sportive. C’est bien ! C’est bien de pouvoir apporter ça aux gens, de les inspirer, de leur donner envie de faire du sport… Donner envie de faire du vélo, mais aussi du sport en général, pour se sentir bien dans son corps, c’est très important, et je suis contente si j’incarne ça aujourd’hui.

J’aime bien être Pauline la sportive, mais j’aime bien aussi être Pauline la femme, et c’est très important pour moi d’inciter les gens à prendre soin d’eux et de leur santé.

Après, je reste toujours la même, je suis plus ou moins normale, enfin je ne sais pas si je suis normale, mais je ne m’en rends pas vraiment compte : moi, je vis de ma passion, et j’espère pouvoir continuer le plus longtemps possible.

Quels sont vos prochains objectifs pour cette après-saison ?

Mon objectif est de profiter des prochains mois pour revenir plus forte. C’est la première fois que j’aborde l’après-saison sans être blessée ni malade, et j’ai vraiment envie de profiter de cette période pour travailler mes points faibles, évidemment, mais aussi pour être à la maison et faire d’autres choses que j’aime.

J’ai plus de temps libre pour ça, alors qu’habituellement je n’ai pas ce temps, surtout en pleine saison. Là, j’ai l’impression de pouvoir m’entraîner à la carte et vraiment profiter de mes journées, pour être moins speed. Donc je souhaite en profiter au maximum.