On a joué à « The Blood of Dawnwalker », un RPG vampirique qui ne manque pas de mordant
sang pour sang•« The Blood of Dawnwalker » est l’un des RPG à suivre de cette fin d’année. « 20 Minutes » a eu l’opportunité de le tester, et on est séduitTom Comminge
L'essentiel
- «The Blood of Dawnwalker », développé par le studio polonais Rebel Wolves, est un RPG sorti le 3 septembre qui nous plonge au XIVe siècle dans une région fictive inspirée de la Slovaquie, où le joueur incarne Coen, transformé en vampire et qui dispose de 30 jours pour sauver sa famille enlevée par le dictateur vampire Brencis.
- Le gameplay repose sur une dualité jour/nuit où Coen est « humain le jour, vampire la nuit », avec des choix moraux aux conséquences réelles qui modifient l’histoire et un monde qui réagit aux actions du joueur, même si le système de combat reste mitigé et qu’« on aurait aimé davantage de sauvagerie en mode vampire ».
- Malgré des combats perfectibles, un bestiaire manquant de variété et quelques défauts techniques comme des problèmes de collision ou des graphismes parfois douteux, le jeu se démarque par « son écriture, ses choix aux conséquences réelles et son monde réactif », avec une durée de vie d’une vingtaine d’heures pour l’histoire principale.
Sortez les crocs et les manettes, The Blood of Dawnwalker est arrivé sur les consoles. Sorti le 3 septembre dernier, le jeu développé par Rebel Wolves, studio polonais fondé par d’anciens artisans de The Witcher 3, s’annonce comme l’un des gros RPG de cette fin d’année. Pour son développement, l’équipe annonçait avoir mis le paquet. « On s’est lancé un vrai défi en produisant ce jeu, affirme Mateusz Tomaszewicz, directeur créatif de Rebel Wolves. Notre titre dispose de tous les éléments pour surprendre et captiver les joueurs. » On a pu tester The Blood of Dawnwalker pour vérifier si ce pari est réussi.
Une histoire qui vampirise, mais qui manque de suspens
L’intrigue nous emmène au XIVe siècle, dans la région fictive de Vallis Sangora, inspirée de la Slovaquie. On y incarne Coen, un beau brun ténébreux du village de Laslea, qui vit sous la domination de Brencis, un dictateur vampire exigeant de l’hémoglobine en guise d’impôt et une loyauté sans faille envers lui et ses trois généraux.
Lors d’une récolte de sang habituelle, les choses dérapent. Coen est transformé en vampire tandis que sa famille est enlevée par Brencis. Il apprend ensuite que leur sacrifice aura lieu lors du couronnement du tyran, dans 30 jours et 30 nuits. Il dispose donc d’un mois pour sauver ses proches grâce à ses nouvelles capacités.
« L’idée était qu’on mette le joueur en situation d’urgence, affirme Mateusz Tomaszewicz. Ses choix influenceront beaucoup le cours de l’histoire. »
Alors, est-ce que ça marche ? Plus oui que non. La pression est réelle au début : la plupart des quêtes importantes ont un impact sur le temps et il faut éviter de gaspiller ses journées. C’est prenant, parfois frustrant puisqu’il est quasiment impossible de tout faire en trente jours. Mais après une quinzaine d’heures, cette urgence retombe et l’on comprend qu’il est possible d’enchaîner les missions sans trop de stress.
Ce sentiment disparaît presque totalement, même lorsqu’il ne reste que quelques jours pour sauver sa famille. En revanche, les choix ont bien des conséquences. Vous pouvez sauver vos proches comme les laisser se faire dévorer par Brencis. Cette liberté permet aussi de rejouer plusieurs fois sans vivre exactement la même aventure.
« Le scénario du jeu repose sur des décisions difficiles, des actions à privilégier plus qu’une autre, rajoute Mateusz Tomaszewicz. Ce n’est pas juste un enchaînement de quêtes, chaque action aura un impact. »
C’est l’un des points forts du jeu. Les choix, rarement tout blancs ou tout noirs, peuvent avoir des conséquences plusieurs heures ou jours plus tard. Les personnages secondaires et les PNJ sont également bien travaillés et réservent quelques surprises. Cette richesse narrative donne tout son sens aux trente jours impartis à Coen. Elle pousse le joueur à s’attacher aux personnages et à accepter que certaines histoires lui échappent.
Un gameplay à deux visages
La particularité du gameplay réside dans sa temporalité. Coen n’est pas qu’un simple monstre sensible au soleil et à l’ail, c’est un dawnwalker : humain le jour, vampire la nuit. Les mécaniques évoluent donc selon l’heure.
« Cette approche apporte deux visions et deux gameplays différents, rajoute Mateusz Tomaszewicz. Les deux facettes du personnage offrent une dualité intéressante entre les émotions du côté humain et la bestialité du côté vampire. »
Cette dualité reste toutefois timide au début, Coen manquant de capacités. Les deux approches sont alors assez similaires. Le mode vampire apporte tout de même quelques possibilités intéressantes, notamment celle de boire le sang de presque n’importe qui lorsque sa soif devient trop forte, même certains personnages importants.
Comme tout bon RPG, The Blood of Dawnwalker permet ensuite de débloquer des compétences. Coen peut développer ses pouvoirs magiques le jour et ses capacités vampiriques la nuit. De quoi diversifier progressivement les styles de jeu. Côté combats, le résultat est plus mitigé. On aurait aimé davantage de sauvagerie en mode vampire.
Le système de parades et d’attaques directionnelles reste néanmoins bien pensé. Une fois le timing maîtrisé, les affrontements deviennent nerveux et fluides. La caméra pose cependant parfois problème lorsque Coen est encerclé. Le bestiaire manque également de variété. Les ennemis et certains boss répètent souvent les mêmes schémas d’attaque, rendant les combats prévisibles. Les joueurs expérimentés devront donc augmenter la difficulté pour conserver du challenge.
Un monde qui réagit aux choix
« On a voulu rendre l’aventure de Coen plus compliqué au fur et à mesure de l’histoire, souligne Mateusz Tomaszewicz, directeur créatif chez Rebel Wolves. Brencis et ses généraux ne vous rendront pas la tâche facile lorsque vous essaierez de vous mesurer à eux. »
C’est justement l’une des bonnes surprises du jeu. Le monde évolue en fonction des actions de Coen. En s’attaquant aux intérêts des trois généraux de Brencis, le héros augmente leur méfiance. Les vampires peuvent alors renforcer leur présence, reconnaître Coen et l’attaquer à vue. Cette mécanique rend les missions plus difficiles et donne une vraie impression de monde vivant, où les décisions du joueur modifient l’environnement et le comportement des personnages.
La rubrique GamingLe monde ouvert mise par ailleurs sur une carte plus petite mais dense, avec des environnements variés et des déplacements rapides. Les pouvoirs vampiriques permettent notamment de se téléporter et d’atteindre des zones inaccessibles le jour. Quelques problèmes de collision et un manque de précision dans les déplacements viennent toutefois ternir légèrement l’exploration. On a aussi repéré des graphismes douteux, notamment sur certains personnages. La gestion de la lumière est aussi à revoir.
Dans l’ensemble, The Blood of Dawnwalker réussit à nous plonger dans son univers gothique et sombre. Malgré des combats perfectibles et quelques défauts techniques, son écriture, ses choix aux conséquences réelles et son monde réactif lui permettent de se démarquer. Comptez une vingtaine d’heures pour finir l’histoire principale, même s’il est important de rappeler qu’après ces trente jours, le jeu n’est pas vraiment terminé.



















