Ligue des champions : « On est vraiment des potes »… Comment le RC Lens a arraché son succès miraculeux à Prague
Dinguerie sang et or•Grâce à Florian Thauvin (90e+ 1) et Ruben Aguilar (90e+ 3), le vice-champion de France 2026 a réussi des débuts rêvés en Ligue des champions, en renversant jeudi le Slavia Prague sur sa pelouse (2-3)Jérémy Laugier
L'essentiel
- Le RC Lens a remporté un succès historique en Ligue des champions, jeudi sur la pelouse du Slavia Prague (2-3), puisqu'il était mené (2-1) à l’entrée du temps additionnel.
- Grâce à deux buts inscrits dans les derniers instants par Florian Thauvin (90e+ 1) et Ruben Aguilar (90e+ 3), le vice-champion de France en titre lance parfaitement son aventure européenne.
- Les joueurs et l’entraîneur Dino Toppmöller ont salué le mental et l’état d’esprit de ce groupe, qui restait pourtant sur deux revers consécutifs en Ligue 1.
Une première depuis treize ans ! Pour la première fois depuis avril 2013, et un quart de finale retour Borussia Dortmund-Malaga (3-2), une équipe est parvenue jeudi à arracher une victoire en Ligue des champions après avoir été menée au début du temps additionnel, comme l’a relevé Opta. Et pas n’importe quelle équipe, puisqu’il s’agit du RC Lens, auteur de cet exploit sur la pelouse du Slavia Prague (2-3), pour son entrée en lice dans la plus prestigieuse compétition européenne.
Les deux héros de cette folle soirée se nomment Florian Thauvin (2-2, 90e+ 1) et Ruben Aguilar (2-3, 90e+ 3). Deux buts inattendus, surtout après avoir pris ce qui semblait être un immense coup derrière la tête avec le but tchèque de Danijel Sturm (2-1, 88e). Et ce malgré une domination statistique pour le vice-champion de France en titre (63 % de possession, 26 tirs à 18). Où les joueurs de Dino Toppmöller sont-ils allés chercher ces ressources pour éviter in extremis une troisième défaite consécutive, après Strasbourg (2-1) et Lorient (0-1) en Ligue 1 ?
« Ce scénario, on ne pouvait pas l’écrire »
« Le foot est le meilleur sport au monde pour vivre de telles émotions », glissait spontanément en zone d’interview le joker gagnant du soir Ruben Aguilar, auteur d’une interception et d’une frappe cruciale au bout du temps additionnel. « Il ne faut jamais rien lâcher. A 2-1, on ne s’est pas dit qu’on allait gagner mais on y a cru », reprend l’ancien latéral monégasque de 33 ans, ravi de placer cet épilogue de match dans son « top 3 des scénarios les plus fabuleux » en carrière. Peu avant, au micro de Canal +, Ruben Aguilar avait tenté une explication quant à ce finish de zinzin.
« Quand on porte ce logo, on se doit de s’investir à 100%, même si, parfois, on peut passer à côté de certains matchs. On donne tout pour le peuple lensois et il n’y a que dans ce club qu’on peut vivre des émotions comme ça, parce que c’est exceptionnel. Je suis très fier ce soir. Ce scénario, on ne pouvait pas l’écrire. Je suis content du groupe, même de ceux qui n’ont pas joué. On est vraiment des potes, on s’éclate, on souffre ensemble et tout le club est récompensé. »
Clin d’œil du destin, ce sont deux joueurs qui se sont côtoyés durant leur formation à Grenoble (de 2008 à 2011) qui ont offert aux Lensois cet instant unique, avec à la clé le trophée d’homme du match pour l’incontournable Florian Thauvin.
Premier succès en C1 loin de Bollaert depuis 1998
« On a eu du mental ce soir, savourait l’international tricolore sur Canal+. On sortait d’une période difficile, et réagir comme on l’a fait va nous faire du bien, c’est comme ça qu’on crée ce supplément d’âme pour une saison. C’est le reflet de toute l’équipe, on s’est battus comme des lions, on n’a rien lâché. » Avant de faire preuve de dérision : « On aura tout vu dans le football, si je commence à marquer de la tête… Plus qu’un but, c’est un état d’esprit. Quand on se donne à fond jusqu’au bout, on marque du pied, de la tête, de la fesse, c’est le football ».
Ça n’est pas le nouvel entraîneur des Sang et Or, Dino Toppmöller (ex-Eintracht Francfort), qui va se plaindre. Encore que… « Je me sens bien plus âgé qu’hier, a-t-il d’abord blagué en conférence de presse. C’était un match de fou. On a montré un top caractère avec beaucoup de jeunes. Je n’ai jamais imaginé que c’était fini. Je suis très fier de l’équipe. On n’est pas ici, dans cette grande compétition, seulement pour participer ».
Notre dossier sur la Ligue des championsOn a hâte de découvrir l’ambiance que réservera Bollaert à ses joueurs pour la première à domicile en Ligue des champions, le 13 octobre contre le Sporting. Car mine de rien, depuis le fameux exploit sur la pelouse d’Arsenal en novembre 1998 (0-1, le but Michaël Debève, tout ça), le RC Lens vient de vivre jeudi le premier succès à l’extérieur de son histoire en C1. N’en jetez plus, on a bien vécu une soirée historique à Prague.



















