Rugby : Salon-de-Provence n’a plus d’équipe féminine après une sombre affaire de vidéo sous la douche
Enquête•Six mois après le dépôt de plainte de joueuses de rugby du Sporting Club Salonais (Bouches-du-Rhône), qui assurent avoir été filmées à leur insu sous la douche par des membres de l’équipe masculine, la section féminine n’existe plusJ.Lau.
L'essentiel
- Le Sporting Club Salonais, club amateur de rugby de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), n’a pas inscrit d’équipe féminine seniors en championnat cette saison, contrairement aux neuf années précédentes.
- En décembre 2025, plusieurs joueuses auraient été filmées sous la douche à leur insu par des membres de l’équipe masculine. Une sombre affaire qui a entraîné ces derniers mois le départ de 25 joueuses, ainsi qu’une enquête judiciaire ouverte en mars par le parquet d’Aix-en-Provence.
- Le président du club, Jean Pratali, s’est exprimé pour la première fois sur cette affaire, jeudi dans un communiqué, en assurant « un soutien inconditionnel aux joueuses ».
«Un club, une famille. » Le slogan affiché partout par le club amateur de rugby de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) est sacrément mis à mal depuis de longs mois. Car si son équipe masculine a fêté en juin son accession en Fédérale 3, le Sporting Club Salonais n’a pas inscrit d’équipe féminine seniors en championnat cette saison. La raison ? En décembre 2025, plusieurs joueuses auraient été filmées sous la douche, à leur insu, par des membres de l’équipe masculine.
L’affaire a éclaté fin mars lorsque le parquet d’Aix-en-Provence a ouvert une enquête, toujours en cours, en raison d’un courrier envoyé au procureur de la République et des plaintes déposées à la police par plusieurs joueuses, mises au courant de la supposée existence d’une vidéo en février. Minée par ce contexte pesant et regrettant le manque de soutien de sa direction, la section féminine salonaise ne compte plus assez de joueuses pour s’inscrire cette saison.
Les joueuses regrettent l’absence d’action du club
C’est en tout cas la teneur du communiqué publié jeudi par le président du club Jean Pratali, qui sort pour la première fois du silence quant à cette affaire de vidéo jusque-là introuvable. Il y affirme regretter de ne pas pouvoir engager d’équipe féminine en championnat : « Ce constat est un véritable échec ». Mais il assure « un soutien inconditionnel aux joueuses qui auraient été victimes » de cette affaire de vidéo. « Le club a été informé, au mois de février, de ces faits d’une extrême gravité qui, le cas échéant, seraient parfaitement inacceptables et contraires aux valeurs de notre sport », insiste Jean Pratali.
Un discours qui ne va pas suffire à convaincre la section féminine, qui existait depuis neuf ans, alors que 25 joueuses ont quitté le club ces derniers mois. « Le président nous a expliqué qu’il n’avait pas de projet, qu’il n’avait pas d’entraîneur et qu’il n’avait pas de stade, a confié anonymement une joueuse au journal L’Equipe. Il n’y a pas d’équipe parce qu’il n’en veut pas. Et devant nous, il a assumé le fait de dire qu’il n’en voulait pas. »
Une autre joueuse salonaise regrette auprès de L’Equipe : « Le club ne nous a jamais proposé de mise en sécurité. Il n’y a toujours pas d’action. Les gens suspectés d’avoir filmé cette vidéo sont toujours là. Humainement, on ne peut pas… » Mise au courant, la Fédération française de rugby (FFR) avait indiqué en juillet s’être portée partie civile.



















