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Comment les Bleues peuvent-elles résister à la géante chinoise Zhang Ziyu ?

Coupe du monde de basket 2026 : Comment les Bleues peuvent-elles résister à la géante chinoise Zhang Ziyu (2,23 m) ?

PhénomèneAprès son sans-faute en première phase de Coupe du monde, l’équipe de France féminine de basket dispute son quart de finale contre la Chine, ce jeudi (14h30) à Berlin. Avec un phénomène « jamais vu » en face : une pivot de 2,23 m et 130 kg !
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’équipe de France féminine de basket va disputer ce jeudi (14h30) son quart de finale de Coupe du monde contre la Chine, qui l’avait éliminée au même stade de la compétition il y a quatre ans.
  • La sélection chinoise intègre pour ce Mondial un fascinant phénomène, la pivot de 19 ans Zhang Ziyu. Celle-ci mesure en effet 2,23 m pour 130 kg, ce qui fait d’elle « la plus grande joueuse à avoir jamais participé à une épreuve féminine de la Fiba ».
  • Les Bleues auront donc pour sacré défi, ce jeudi à Berlin, de limiter l’impact de cette jeune géante, qui tourne à 9,3 points et 4,3 rebonds de moyenne sur la compétition, malgré seulement 11,7 minutes de jeu en moyenne.

Lorsqu’on aborde un match couperet de Coupe du monde de basket, il n’est clairement pas commun de redouter une adversaire qui ne joue en moyenne que 11,7 minutes par match sur la compétition. Sauf que même avec ce temps de jeu très limité, Zhang Ziyu fait des différences dingues, en combinant 9,3 points et 4,3 rebonds, et en ayant par exemple obtenu 10 lancers francs contre l’ogre américain (61-94) en poules.

Et pour cause, la pivot chinoise de 19 ans est un véritable phénomène mondial du basket, du haut de ses 2,23 m et de ses 130 kg. Des mensurations hors normes qui en font « la plus grande joueuse à avoir jamais participé à une épreuve féminine de la Fiba », comme l’a validé l’organisation. Et donc forcément un casse-tête pour l’équipe de France, opposée à la Chine en quart de finale de cette Coupe du monde, ce jeudi (14h30) à Berlin, après un sans-faute en première phase.

Même Malonga sera dépassée de 25 cm et de 40 kg

Comment donc parvenir à résister à cette force de la nature, qui avait été laissée au repos lors du match d’entraînement survolé par les Bleues avant le Mondial (83-54) ? Impossible de comparer ce rendez-vous avec un plan anti-Wembanyama chez les hommes : notre atypique « Alien » aime s’écarter, il ne pèse « que » 106 kg, et il peut être soit défié aux hanches par des postes 3/4 plus trapus que lui, soit confronté à des pivots à qui il rend une dizaine de centimètres.

Là, Zhang Ziyu ne prend rendez-vous que près du cercle, où elle n’a guère de difficultés à recevoir le ballon dans la position préférentielle, au vu de son avantage physique XXL. Jugez plutôt : les trois plus grandes joueuses côté tricolore sont Marieme Badiane, Aminata Gueye (1,90 m toutes les deux) et Dominique Malonga (1,97 m). Soit un différentiel colossal de plus de 25 cm, et d’environ 40 kg vis-à-vis du plus grand atout tricolore à l’intérieur, All-Star en WNBA cette saison avec le Seattle Storm.

« J’ai l’habitude d’être la plus grande sur le terrain, ça va me changer, souriait Dominique Malonga en évoquant son futur duel avec Zhang Ziyu. Il faut jouer physique, ne pas la laisser s’installer. Si tu sautes avec le bon timing, tu peux aller chercher des ballons. Ça va être stratégique. Personne n’est inarrêtable. » Les joueuses portoricaines ont quand même parfois dû penser l’inverse, lors de leur match de barrage perdu d’un rien contre la Chine mercredi (72-75), alors qu’elles étaient trois joueuses pour entourer la géante sur une remise en jeu ligne de fond.

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« C’est un dossier sensible car c’est du jamais vu »

Zhang Ziyu a juste eu à lever les bras, à 50 cm du cercle, pour recevoir la balle et conclure dans le plus grand des calmes. Ses 13 points (à 5/6 aux tirs) en seulement 9 minutes sur ce rendez-vous crucial disent beaucoup de son impact dans le jeu chinois. Celle qui mesurait déjà 2,10 m à 11 ans (!!!) s’était révélée au monde entier en détruisant la Coupe d’Asie U18 en 2024, avec 35 points et 12,8 rebonds de moyenne durant le tournoi, et bien entendu un titre de MVP à la clé.

Evidemment comparée à l’iconique ancien pivot chinois des Houston Rockets Yao Ming (2,29 m), elle évolue dans le championnat local avec l’équipe du Shandong Shangai. Son sélectionneur Gong Luming la décrit comme « un talent unique dans un siècle », avec un staff spécial qui lui est consacré en équipe nationale.

« Dans l’année, elle fait surtout du travail individuel, indique dans L’Equipe Pierre Vincent, ex-sélectionneur des Bleues et assistant coach pour la Chine sur ce Mondial. Elle ne s’entraîne que très peu avec nous. A Berlin, je la suis mais je ne sais pas comment l’entraîner, je ne sais pas jusqu’où on peut la pousser. C’est un dossier sensible car c’est du jamais vu. »

Il semblerait que Zhang Ziyu sorte un peu de la mêlée, lorsque l'équipe chinoise se rassemble sur le parquet.
Il semblerait que Zhang Ziyu sorte un peu de la mêlée, lorsque l'équipe chinoise se rassemble sur le parquet. - VCG/Newscom/SIPA

De la transition à tout-va pour la fatiguer ?

Y compris pour les stars américaines de WNBA, qui ne s’étaient jusque-là jamais mesurées à une telle géante, même dans la meilleure ligue du monde donc. « Elle nous a clairement posé des problèmes. On voit qu’elle est encore en plein apprentissage mais il n’y a pas grand-chose à faire pour l’arrêter quand elle est près du panier », reconnaissait ainsi la brillante shooteuse américaine Caitlin Clark, bluffée par les 13 points et 6 rebonds du phénomène face à elle, qui avait bénéficié de son plus grand temps de jeu (18 minutes) contre Team USA vendredi.

« On essaiera de faire courir cette équipe chinoise », prévenait mercredi le sélectionneur tricolore Jean-Aimé Toupane, conscient que Zhang Ziyu a, avec ses difficultés de mobilité/cardio, un profil quasi anachronique dans le basket de transition à tout-va de 2026. Une caractéristique qui explique d’ailleurs son faible temps de jeu dans le tournoi. « Les transitions sont de plus en plus rapides, donc pour nous, améliorer ses performances en course est notre priorité, glisse à ce propos son coach Luming Gong. Elle doit marquer en attaque, mais aussi pouvoir vite revenir en défense. »

Notre dossier sur la Coupe du monde de basket

Battue par le même adversaire en quarts de finale de la précédente Coupe du monde, en 2022 en Chine (71-85), l’équipe de France sait que ce match couperet ne se disputera pas qu’en fonction de Zhang Ziyu, qui devrait passer les deux tiers de la rencontre sur le banc. On aurait presque oublié de vous parler de la principale menace côté chinois, Han Xu (18,3 points de moyenne), qui évolue en WNBA au New York Liberty (avec Marine Johannès et Pauline Astier), et qui mesure… 2,05 m !