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Sauver son couple ou mettre fin ? Une psychologue nous révèle les indices pour faire son choix
Votre relation fragile a-t-elle encore un avenir ? Une psychologue nous livre les signes avant-coureurs pour discerner s’il faut tourner la page ou non.Dora Christian
L'essentiel
- Une relation mérite d’être travaillée si elle ne présente pas de violence, d’infidélité répétée, de pathologies psychiques non traitées ou d’addictions fortes, à condition que les deux partenaires acceptent de se remettre en question et soient dans la même démarche de reconnexion.
- Il faut arrêter une relation en cas de violence, d’addictions fortes non traitées ou de pathologies psychiques mal accompagnées, car « lorsqu’elles ne sont pas bien accompagnées et régulées, cela peut entraîner l’effondrement du partenaire, et peut aussi insécuriser fortement un enfant ».
- Les breaks peuvent être une stratégie bénéfique qui « relève même parfois de la survie » selon la psychologue Camille Rochet. A condition qu’ils soient utilisés pour continuer la réflexion sur le couple tout en prenant du temps seul pour traiter un problème et calmer les tensions.
Quand son couple bat de l’aile, on est vite tiraillés entre l’idée de mettre fin (mauvaise idée ?) ou de persévérer sans fin, au risque d’ouvrir la voie à une relation toxique à terme. Comment prendre la bonne décision ? 20 Minutes a demandé à la psychologue et thérapeute de couples Camille Rochet, de nous éclairer.
Dans quels cas continuer la relation ?
En dehors des cas de violence, d'emprise, d’infidélité à répétition sans vraie prise en charge, de pathologies psychiques avérées et d’addictions fortes, « je dirais que toute relation mérite d’être bien travaillée », estime la psychologue Camille Rochet.
Accepter de se remettre en question. Quand ça ne va pas, tout n’est pas la faute de l’autre, « il faut d’abord se poser des questions sur soi, son attitude et les émotions négatives que l’autre réveille en soi », reprend la psychologue. L’idéal reste évidemment que le partenaire fasse ce travail de rétrospection en parallèle, afin de soulever les points à travailler et sur lesquels communiquer.
Etre dans la même vision. Pour raviver la flamme, cela nécessite que les partenaires soient dans la même démarche de reconnexion. Les deux parties doivent donc s’impliquer au cœur de cette réflexion de couple. Le but étant « d’aider chacun à comprendre ce que recherche inconsciemment l’un chez l’autre et qui n’est en fait pas ajusté », explique Camille Rochet. Ce point est souvent la raison pour laquelle les sentiments s’effritent : une protection émotionnelle se met en place de peur d’être déçu.
Si tout ce travail n’a pas encore été effectué en amont, la relation mérite encore d’être explorée, avec l’aide d’un professionnel.
Quels sont les signes qu’il faut arrêter ?
La violence. Il faut rapidement en parler et trouver de l’aide, d’autant plus quand il y a des enfants qui sont concernés. En effet, « les enfants n’ont pas la structure psychique suffisamment construite pour faire face à cela sans se sentir responsable », rappelle la psychologue.
Les addictions fortes. Celles-ci ont des répercussions importantes sur la vie de couple ou les enfants, quand elles refusent d’être traitées par la personne concernée. Cela peut se présenter sous plusieurs formes : alcool, argent, drogue, sexe, jeux vidéo, etc.
Les pathologies psychiques. « Lorsqu’elles ne sont pas bien accompagnées et régulées, cela peut entraîner l’effondrement du partenaire, et peut aussi insécuriser fortement un enfant », raconte Camille Rochet. Malgré les sentiments, il est important de privilégier sa santé mentale ainsi que celle de son entourage.
Outre ces redflags, « tous les autres signaux de détresse méritent d’être travaillés, car on voit aussi des relations qui sortent de la toxicité grâce au travail des deux amants », affirme la thérapeute de couples.
Les breaks, une stratégie à envisager
Et si c’était un peu des deux, se séparer pour mieux se retrouver ? La psychologue n’est pas contre l’idée du break, qui « relève même parfois de la survie » selon elle.
Attention, cette pause doit être envisagée simplement quand le but est de continuer la réflexion sur son couple tout en prenant du temps seul pour « souffler », traiter un problème et « calmer les tensions » ! Dans ce cas seulement, la psychologue encourage un accompagnement en parallèle et des rencontres régulières qui permettent de continuer la réflexion à deux.



















