Pourquoi le vernis semi-permanent n’est pas inoffensif pour la santé des pieds ?
Pratique et résistant, le vernis semi-permanent est largement utilisé, en particulier l’été, mais son usage doit rester exceptionnelClaire Frayssinet
L'essentiel
- Le vernis semi-permanent présente des avantages comme un séchage rapide et une longue tenue, mais comporte aussi des risques importants pour la santé des ongles et de la peau.
- Selon le podologue Pierre Schlienger, « le semi-permanent doit rester une exception un mois dans l'année. C'est un plaisir de l'été, mais le reste de l'année, soit pas de vernis, soit du vernis normal. ».
- L'utilisation fréquente de vernis semi-permanent peut entraîner des infections, des mycoses, voire la perte totale des ongles, tandis que les lampes UV utilisées pour le séchage présentent un risque accru de cancer de la peau.
L’essayer, c’est souvent l’adopter. Car contrairement au vernis classique, le vernis semi-permanent présente au moins deux gros avantages : il sèche en quelques minutes grâce à son exposition à des lampes UV et il tient au moins trois semaines sans s’écailler. Mais derrière ce vernis idyllique, se cache une réalité bien moins réjouissante : un risque accru de mycose, voire la perte de ses ongles. Pour Pierre Schlienger*, podologue et auteur de la chaîne YouTube Allopodo, « le semi-permanent doit rester une exception un mois dans l’année. C’est un plaisir de l’été, mais le reste de l’année, soit pas de vernis, soit du vernis normal. ».
L’application et la dépose peuvent augmenter les risques d’infection
Le professionnel déconseille particulièrement ce type de vernis sous des chaussures fermées : « Comme le pied est confiné, il va y avoir des microfissures sur les vernis qui vont entraîner des infections superficielles avec l’humidité de la chaussure. Et si on commence à faire une petite atteinte de mycose sur un ongle, mais qu’on le garde enfermé sous un vernis et encore plus enfermé dans une chaussure, on va détecter la mycose beaucoup plus tard. Et une mycose, plus elle est prise tard, plus ça va être long à traiter. Cela peut prendre jusqu’à un an ! »
Au-delà des microfissures, l’application peut aussi poser problème. Comme l’explique Pierre Schlienger, « En Institut, les produits et outils vont pouvoir parfois être utilisés sur plusieurs personnes et s’il y a une personne atteinte de mycose, elle va contaminer les autres… »
Enfin, le dernier problème est la « dépose » du vernis. Car pour le retirer, l’esthéticienne gratte l’ongle. « C’est finalement très agressif, alerte le podologue. Et si on répète ce geste toute l’année, on retire des couches d’épaisseur dans les ongles ».
Le risque de perdre ses ongles de pieds
Le professionnel a pu observer des cas extrêmes dans son cabinet : « J’ai des patientes qui sont arrivées au cours d’un été ou à la rentrée, ayant perdu 1, 2, 3 ongles au niveau des pieds. L’année dernière, une patiente avait progressivement perdu tous ses ongles en trois semaines. Donc c’est un vrai problème».
En 2023, l’Académie nationale de médecine avait aussi alerté sur l’utilisation des lampes UV pour sécher le vernis. Ces lampes émettent des rayons UV de type A (UVA), qui pénètrent profondément dans la peau et sont connus pour favoriser le vieillissement mais surtout le développement de cancers de la peau. Le Centre international de recherche sur le cancer a classé les UVA comme cancérogène du groupe 1. L’Institution avait identifié trois facteurs de risque à prendre en compte : l’âge jeune de début d’utilisation (en moyenne 20 ans), la fréquence rapprochée des expositions, (moyenne de 5 à 6 fois par an, voire plus avec le développement des lampes à domicile) et l’exposition durant plusieurs années.
*Pierre Schlienger est l’auteur de « Prenez soin de vos pieds ! » aux éditions DBS disponible en librairie le 4 septembre 2025.



















