Mycose : Le pied d’athlète touche-t-il plus les sportifs ? Et comment s’en débarrasser pour de bon ?
C’est pas le pied•La mycose du pied, ou pied d’athlète, est une affection cutanée très fréquente, et qui touche plus facilement les sportifsAnissa Boumediene
L'essentiel
- Surnommée « pied d’athlète », la mycose du pied est très fréquente, et touche particulièrement les sportifs.
- Elle peut s’installer entre les orteils, et se propager au reste du pied et aux ongles.
- Avec quelques précautions, on peut s’en débarrasser et prévenir les récidives.
Ça gratte, ça brûle, ça gêne, (ça peut aussi puer un peu) et ça peut même influer sur les performances sportives. La mycose du pied ou « pied d’athlète », est une affection fongique de la peau très fréquente, causée par des champignons.
Mais ce nom de pied d’athlète signifie-t-il qu’elle touche particulièrement les sportifs ? Si oui, pourquoi ? Comment reconnaître et se débarrasser d’une mycose du pied ? On vous explique tout.
Des sports plus propices au pied d’athlète
Tout le monde peut contracter une mycose du pied, mais si elle est surnommée « pied d’athlète », c’est parce qu’elle touche particulièrement les sportifs. Pourquoi ? « Le sport favorise la survenue d’une mycose superficielle. La natation, la gymnastique, le judo, le cyclisme, la lutte et l’équitation sont les plus touchés », relevaient déjà en 1997 les Pr Chabasse et Barale, spécialistes en parasitologie-mycologie, dans leur étude « Mycoses et activités sportives » publiée dans la Revue française des laboratoires. « C’est au niveau des établissements où la pratique du sport se fait nus pieds (judokas, nageurs), et par la fréquentation régulière des vestiaires, sanitaires et douches que le sportif s’expose à la contamination fongique ».
Course à pied et tennis ne sont pas en reste non plus. Logiquement, les disciplines sollicitant le plus les pieds exposent à un risque accru de développer un pied d’athlète. « De par leurs habitudes, les sportifs constituent l’une des populations les plus exposées aux mycoses », confirme la Fédération française d’athlétisme (FFA) qui, en plein JO de Paris, prend le sujet très au sérieux. Pratique intensive et prolongée et chocs au niveau des pieds peuvent causer des microlésions au niveau des ongles des pieds, créant une voie d’entrée pour la mycose. Et « l’humidité de la transpiration ou la pratique de la natation est un autre facteur de risque, ajoute la FFA. Les micro-organismes se développent de manière préférentielle en milieu humide ».
Une atteinte entre les orteils
Le plus souvent, le pied d’athlète est causé par « une contamination par un dermatophyte [un champignon] à partir d’un sol contaminé (piscine, salle de sport, salle de bains…) Le champignon pénètre d’autant plus facilement que la peau est humide ou présente une petite plaie, explique l’Assurance maladie. La mycose est située entre les orteils, on parle alors d’intertrigo, surtout entre le 3e et le 4e ou entre le 4e et le 5e ».
Pour la reconnaître, il suffit de regarder l’aspect du pied. « Une rougeur puis des vésicules apparaissent entre les orteils, la peau desquame et une macération s’installe, poursuit l’Assurance maladie. Des démangeaisons entre les orteils sont source d’un grattage qui aggrave les lésions ». Et la mycose peut vite se propager : « L’atteinte va du banal "intertrigo" interorteils à des lésions sur le dos, la plante ou le bord des pieds, et parfois même sur la cheville », précise la FFA.
Une contamination de l’ongle par ricochet
Et s’il n’est pas pris en charge rapidement, le pied d’athlète peut encore gagner du terrain. Il s’accompagne ainsi « souvent d’une atteinte des ongles, ou onychomycose, souligne l’Assurance maladie. Elle est souvent secondaire à une mycose des pieds ». Les champignons « pénètrent dans l’ongle au niveau de la jonction entre la peau et le lit de l’ongle. La mycose débute donc par une atteinte des tissus péri-unguéaux (autour de l’ongle) appelée péri-onyxis puis de l’ongle. Ces tissus sont tuméfiés, rouges et douloureux, laissant échapper un liquide clair ».
En pratique, l’ongle malade « présente sur un bord une tache jaunâtre qui s’étend, puis il s’épaissit. L’atteinte gagne progressivement la matrice de l’ongle qui se décolore et devient blanchâtre. L’ongle se décolle partiellement ». Et ce n’est pas joli à voir.
Des traitements disponibles
Heureusement, il existe des traitements pour se débarrasser de son pied d’athlète. Cette affection étant provoquée par un champignon, la prise en charge repose sur des traitements antifongiques. En première intention, le professionnel de santé prescrira un traitement en application locale. Si l’atteinte est cutanée, il s’agira d’une pommade, d’un spray ou d’un talc antifongique à appliquer au moins jusqu’à disparition des symptômes.
Si un ongle est touché, il faudra un traitement ciblé, qui consiste à appliquer un vernis antifongique à intervalle régulier. Dans ce cas, les ongles abîmés par la mycose « doivent être fraisés régulièrement pour une meilleure efficacité », recommande la FFA. Avant l’application du vernis antifongique, il faut limer légèrement la surface de l’ongle atteint pour permettre une meilleure pénétration du traitement. On peut pour cela utiliser une lime en carton, à usage unique pour ne pas recontaminer l’ongle via la lime. Mais il faudra s’armer de patience : le traitement est long, il doit durer tout le temps de la repousse de l’ongle, jusqu’à ce que la toute la partie atteinte ait repoussé et ait été coupée.
Eviter les récidives
Entre-temps, et pour éviter les récidives, il faut adopter une hygiène des pieds irréprochable : les laver tous les jours à l’eau et au savon, bien les sécher après la douche, particulièrement entre les orteils, et veiller à changer de chaussettes tous les jours, en préférant des modèles en coton plutôt qu’en matière synthétique, qui favorise la transpiration, donc l’humidité, donc la mycose.
Et, parce qu’on ne peut pas forcément se permettre de jeter ses chaussures infectées et de s’en racheter une panoplie, il faudra, avant de reporter une paire contaminée, la traiter avec un spray antifongique. Un problème soulevé par la FFA, consciente que « les chaussures d’athlétisme sont coûteuses, et sauf à avoir une marque pour sponsor, la plupart [des athlètes] renouvellent le moins souvent possible leurs chaussures de jogging et leurs pointes. Celles-ci risquent alors de devenir de vrais bouillons de culture dans lesquels les pieds sont agressés par les foulées rapides ou bondissantes ». Résultat : les « chaussures sont responsables d’une auto-réinfestation régulière et les mycoses deviennent alors chroniques ». Pour encore plus de précaution, il est important d’éviter de porter tous les jours la même paire, afin de laisser les chaussures « respirer » et sécher complètement avant de les reporter.
Mais s’il est possible de se débarrasser efficacement d’une mycose, en pratique, le pied d’athlète est une affection souvent récidivante. Si elle revient ou si elle est sévère et que les traitements locaux n’ont pas été efficaces, le médecin traitant pourra alors prescrire un traitement par voie orale.


















