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« Cacher » les vergetures de grossesse avec un tatouage, une bonne idée ?

Mondial du tatouage : « Cacher » les vergetures de grossesse avec un tattoo, une bonne idée ?

TATTOO COVERLe Mondial du tatouage ouvre ses portes ce vendredi à Paris. L’occasion d’explorer le tattoo « thérapeutique » pour oublier les marques de la grossesse
Laure Beaudonnet

Laure Beaudonnet

L'essentiel

  • Le tatouage permet de se réapproprier des parties du corps qu’on ne peut plus voir en peinture (ou dans un miroir).
  • Si le tatouage peut avoir des effets thérapeutiques, il ne peut pas faire de miracle.
  • Pas plus que la dermopigmentation, dont le principe est de colorier les vergetures pour donner l’impression d’une peau lisse.

Il est parfois difficile d’accepter de voir son corps changer. L’accueil d’un nouveau-né n’est pas sans conséquences pour la peau des femmes qui, parfois, voient des sillons se creuser sur un ventre flétri par la grossesse. Selon une étude d’OpinionWay pour Deleo publiée en janvier 2024, 47 % des femmes interrogées ont été confrontées à des difficultés physiques à la suite de leur accouchement.

Selon les résultats, « 17 % expriment la difficulté à accepter les changements physiques, et 16 % des problèmes liés à l’aspect de leur ventre ». Mais tout n’est pas (complètement) perdu. A l’occasion du Mondial du Tatouage ce vendredi à Paris, explorons les bienfaits des tatouages pour se réapproprier la zone abîmée.

« Quand on ne peut plus se regarder dans un miroir, c’est problématique. Avec un tatouage, l’idée, c’est d’avoir quelque chose de beau à regarder », explique la tatoueuse Florence Saez, spécialisée dans l’ornemental pour l’atelier Fleur Mécanique à Grenoble. Elle a publié récemment sur Instagram un tatouage floral sur une femme qui souhaitait se réapproprier les stigmates de sa grossesse. Les tatouages esthétiques -ou cover- consistent à recouvrir d’anciens tatouages ou des cicatrices. Les vergetures en font partie.

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Un tatouage thérapeutique

Même s’il n’y a pas de contre-indication, « une partie des tatoueurs refusent de piquer une peau lésée », note Florence Saez. De peur de décevoir le client. La peau est plus fine, plus délicate. Le pigment peut « baver » en cicatrisant. « Il faut s’adapter avec un motif qui a les lignes solides. Si le motif est petit et détaillé, il risque d’être moins lisible au bout de quelques années. Les pigments bougent un peu avec le temps », poursuit-elle. Ces dernières années, le monde du tatouage a un peu évolué. Les tatoueurs acceptent plus facilement de se prêter à l’exercice et de travailler différemment. Sortir du joli tattoo au profit d’un tatouage thérapeutique.

« La cicatrice est là, les vergetures sont là, on ne va pas les faire disparaître comme par magie. Mais le tatouage va prendre le dessus », pointe Florence Saez. Pour se débarrasser des fissures de la peau, il n’existe pas de recette miracle. « Il y a quelques années, un tatoueur Brésilien [Rodolpho Torres] proposait de recouvrir les vergetures par des tatouages couleur peau », se souvient Alexandra Bay, spécialiste de tatouages et autrice du blog Histoire du tatouage.

La « dermopigmentation » – remplir la vergeture de pigment coloré – laisse espérer qu’en « coloriant » les lignes à l’encre, les traces de la peau craquée disparaîtraient. Mais c’est un leurre. « Etant donné que l’encre bouge et qu’elle n’a pas forcément la même couleur une fois sous la peau, cela me semblait compliqué », souligne la spécialiste de tatouages.

Un ventre zébré

Pire, au bout de quelques années, la couleur du pigment a de grandes chances de virer au vert. Au lieu d’afficher une peau parfaitement lisse, on se retrouve avec un ventre zébré. Tout le contraire de ce qu’on voulait. « Dès que le tatouage comprend du beige ou du blanc, il contient de l’oxyde de titane et c’est un vrai écueil pour le détatouer, confirme la dermatologue Dr Séverine Lafaye. Il y a des risques que ça prenne une couleur marronnasse ou verdâtre ». Même après 15 séances de laser, il est souvent difficile de s’en débarrasser, explique-t-elle.

« Mieux vaut proposer aux patients des séances de laser fractionné pour estomper les vergetures abdominales plutôt qu’un tatouage qui change de couleur », propose la spécialiste. D’autant que, selon elle, cette technique marche plutôt bien selon les types de peau. Résultat : passer sous l’aiguille pour cohabiter en bonne intelligence avec les cicatrices du post-partum, pourquoi pas. Encore faut-il être sûr de ne pas avoir d’autres grossesses dans le futur pour ne pas le déformer. Mais, imaginer se débarrasser à tout jamais des vergetures en passant par le tatouage est à classer du côté du fantasme. Il n’y a pas de miracle… Mais de l’espoir, oui !