US Open : Alexander Zverev est-il le pire double vainqueur en Grand Chelem de l’histoire ?
bof•Après Roland-Garros, l’Allemand a remporté son 2e titre majeur dimanche, à l’US Open, après avoir bénéficié une nouvelle fois d’un tableau avantageux. Une raison suffisante de minimiser son exploit ?William Pereira
L'essentiel
- Alexander Zverev a remporté l’US Open contre Ben Shelton, devenant double vainqueur en Grand Chelem, mais son parcours est critiqué car il n’a affronté aucun top 10 avant la finale, comme lors de son précédent titre, à Roland-Garros.
- Contrairement à Zverev, les autres doubles vainqueurs de Grand Chelem comme Marat Safin, Sergi Bruguera, Pat Rafter et Ilie Nastase ont dû affronter et battre les meilleurs joueurs de leur époque pour décrocher leurs titres, ce qui rend leurs performances incontestablement supérieures.
- Il manque encore à Alexander Zverev de remporter un titre majeur en battant ce qu’il se fait de mieux dans le tennis mondial.
Longtemps condamné au statut d’éternel perdant, Alexander Zverev a trouvé le moyen de conjurer le sort une deuxième fois en trois mois. Vainqueur de l’US Open après avoir battu Ben Shelton en finale, l’Allemand est désormais double vainqueur en Grand Chelem, au même titre que Marat Safin, Sergi Bruguera, Evgueni Kafelnikov, Lleyton Hewitt ou encore Ilie Nastase. En ayant bénéficié à chaque fois d’un tableau sans top 10 avant la finale, le Z mérite-t-il réellement de s’asseoir à leur table ?
Le parcours : il y a match avec Johan Kriek
De toute la liste des doubles détenteurs de titres en Grand Chelem, le Sud-africain, vainqueur de l’Open d’Australie en 1981 et 1982, est le seul à avoir bénéficié d’un concours de circonstances comparable à celui de Zverev. A l’époque, le tournoi de Melbourne était snobé par les meilleurs, et ni Borg, ni McEnroe, ni Connors n’avaient daigné fouler la terre australienne quand Kriek est allé y chercher ses titres.
Tous les autres sont incontestablement supérieurs à l’actuel numéro 2 mondial. Marat Safin est allé décrocher son butin en coupant la tête du roi à chaque fois (Sampras à l’US Open 2000, Federer puis Hewitt à l’Open d’Australie 2005). Sergi Brugera a enchaîné Sampras, Medvedev et Courier à Roland-Garros en 1993 après avoir collé trois bulles à Thierry Champion - pendant que Zverev tremble à chaque fois que l’ogre Quentin Halys croise sa route.
Pat Rafter a eu à écarter Andre Agassi et Michael Chang pour aller chercher un titre à l’US Open. Quant à Ilie Nastase, sa finale remportée à New-York contre Arthur Ashe est plus grande que toute l’œuvre de l’Allemand. On s’arrête là, l’énumération est déjà suffisamment embarrassante.
La balle de match : c’est pas sérieux
Après avoir forcé un retour trop long de Ben Shelton sur un énième service de mammouth, Alexander Zverev s’est replacé comme pour attendre un jeu de retour de son adversaire. Il n’avait pas compris qu’il venait de gagner l’US Open et sa célébration s’est retrouvée dépourvue de la spontanéité du moment. Nul. « Je pensais qu’on en était à 5-1. Je savais que je l’avais breaké deux fois, mais je croyais que j’en étais à 5 au lieu de 6, ce qui m’a aidé d’une certaine manière parce que du coup je n’étais pas vraiment stressé de servir pour le match. Je me suis juste trompé de score. » Pratique, en effet.
Le chiffre qui endort
Zverev a passé approximativement 2h30 à faire rebondir sa balle avant de servir de toute la quinzaine. 12.000 rebonds au total. Que quelqu’un vienne en aide au tennis. « Je ne les compte pas dans ma tête ni n’essaie d’atteindre un nombre spécifique », se défendait-il avant la finale. Nous, on les compte pour s’endormir la nuit.



















