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« Il parle trop »… Bublik tape Moutet et remporte le duel des trashtalkers

Masters 1000 de Paris : « Je devais le punir », Bublik corrige Moutet et remporte le duel des trashtalkers

TENNISCorentin Moutet s’est incliné dès le 2e tour du Rolex Paris Masters contre Alexander Bublik, avec qui il s’était (déjà) pris le bec à Phoenix en mars dernier
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Corentin Moutet et Alexander Bublik ne s’apprécient pas beaucoup et cela s’est encore vu mercredi soir dans un après-match plus chaud que le duel sur le court.
  • Défait en deux sets, le Français avait déclaré la veille qu’il espérait renvoyer Bublik à la maison, après une première altercation en mars dernier à Phoenix.
  • Mercredi, les deux hommes se sont couverts de mots doux après la rencontre, aussi bien sur le court qu’en conférence de presse. Le groupe vit bien à La Défense Arena.

De notre envoyé spécial à Paris La Défense Arena,

Et la montagne accoucha d’une souris. Alors qu’on avait commandé des kilos de pop-corn et un petit plaid pour assister au combat des chefs entre les deux meilleurs ennemis du moment, Corentin Moutet et Alexander Bublik, à deux doigts de se mettre sur le museau il y a sept mois de cela lors du Challenger de Phoenix, on a finalement tout remballé devant un spectacle sans grande saveur. Battu fort logiquement par le Kazakh en deux sets et 1h20 de jeu, Moutet n’a donc pas tenu sa promesse, lui qui annonçait la veille son envie de « renvoyer » Bublik « chez lui ». On appellera ça le « syndrome Yamal ».

A l’arrivée, le numéro 16e mondial n’a pas fait trois tours dans son short direction Astana et c’est bien le Français, le dernier encore en lice mercredi soir après les éliminations successives de Rinderknech, Cazaux et Müller, qui doit plier bagage. A défaut d’assister à une orgie tennistique comme ça arrive parfois avec les Français à (pas) Bercy, on espérait au moins se refaire au niveau de l’ambiance, avec ce duel annoncé de sales gosses avec supplément trash-talk et embrouilles dans tous les sens.

Mais là encore, le public n’en a pas eu pour son argent. Enfin, pour ceux qui ont pu assister au match dans son intégralité, car ils étaient des centaines à poireauter dans la queue (depuis l’Arche de la Défense, soit 500 bons mètres !) sous des trombes d’eau en forme de mauvais présage. Sur le court, les deux hommes se sont formidablement ignorés tout au long de la soirée, préférant mettre les sentiments de côté pour mieux s’allumer par balle jaune interposée. Et à ce petit jeu, c’est Bublik qui est sorti gagnant, alternant les services de mammouths à 225 km/h et les amorties fouettées avec doigté. Ce n’est qu’après la rencontre et une poignée de main tiédasse que le grand show a commencé.

Du spectacle (mais une fois le match terminé)

Feutre en mains, le vainqueur a adressé un petit message bien senti à son ennemi du soir sur la caméra : « On the way home » (qu’on pourrait traduire par « en route pour la maison »), a-t-il écrit avant de prendre le micro et d’en remettre une louchée. « Il a trop parlé avant le match, a-t-il dit dans un large sourire satisfait. Je devais le punir, je n’avais pas d’autre option. Il a dit qu’il ferait tout pour me renvoyer à la maison. C’est bien. Lui, il vit à Paris donc ce n’est pas très loin en taxi. »

« j’habite à Dubaï maintenant », a rétorqué le Français en conférence de presse après qu’un confrère l’a averti de la pique de Bublik. Avant de rendre un hommage (involontaire ?) à l’une des plus belles répliques du cinéma, tirée du film Le Bon, la Brute et le Truand : « Je ne pense pas que ce soit personnel, il aime se moquer des joueurs quand il joue contre eux. Il y a des gens qui parlent et des gens qui font, je pense qu’il fait partie de la première catégorie. Ça ne sert à rien de rentrer dans un clash verbal, je ne suis pas là-dedans. Je sais qui il est, hors du personnage qu’il laisse transparaître derrière les médias. Donc je le laisse parler, ça, il sait très bien faire. »

Conscient malgré tout de ne pas avoir été à la hauteur de son adversaire du soir sur le court, le Parisien a conclu, beau joueur : « C’est un bon joueur de tennis, un très gros serveur. Bravo à lui, il a été meilleur. » Fidèle à sa réputation d’OVNI dans le monde policé du tennis, le Kazakhstanais en a remis une couche pour la route sur les réseaux sociaux, reprenant sans le savoir les mots de Moutet. « Certains parlent, d’autres agissent… Sans rancune Moutet ». Les grands esprits se rencontrent.

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Pas un Français en 8es, comme en 2023

C’est donc le cœur lourd que nous avons quitté Nanterre, avec la désagréable impression de revivre le pire de ce que peuvent nous offrir les Français dans ce maudit tournoi qui ne leur réussit décidément pas. Après la parenthèse enchantée la saison dernière, où Ugo Humbert avait fait honneur à la der' de Bercy, en poussant la folie jusqu’en finale après avoir mis Carlos Alcaraz à l’amende en huitième de finale, les tricolores ont repris leurs mauvaises habitudes de fin d’année.

Arthur Rinderknech avait ouvert le bal des vampires en se faisant sortir par son cousin monégasque Valentin Vacherot, pour le remake de la finale de Shanghai quinze jours plus tôt, avant que son homonyme Arthur Cazaux et Alexandre Müller ne prennent eux aussi la porte après deux défaites contre Alejandro Davidovich Fokina et Félix Auger-Aliassime. Oh, bien sûr, on n’était pas venu ici avec des ambitions débordantes. Mais tout de même, est-ce trop demander que d’aller au moins jusqu’au jeudi et le début des huitièmes de finale avec un de nos frenchies ?

Une fois le forfait d’Arthur Fils acté, il ne restait plus qu’Humbert pour porter le flambeau. Manque de peau le garçon a dû jeter l’éponge, lui aussi à cause d’une blessure au dos contractée juste avant d’arriver à Paris. Le tournoi poursuit donc son petit bonhomme de chemin sans le moindre local d’étape et sans aucune réelle tête d’affiche un tant soit peu sexy. Non pas qu’on ait quelque chose contre Jannik Sinner ou Alexander Zverev (si), mais ça va devenir compliqué de s’ambiancer jusqu’au bout de ce Masters 1000, qui paye régulièrement en fin d’année les pots cassés d’une saison casse-pattes pour les joueurs.