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Grâce à Moutet et Dimitrov, le tennis plus fort que les « servebots »

Masters 1000 de Paris : Grâce à Moutet, Dimitrov et la surface ralentie, le tennis plus fort que les « servebots »

rolex paris mastersCorentin Moutet est venu à bout de Reilly Opelka (3-6, 7-5, 6-1) mardi et confirme la suprématie du beau tennis sur les gros serveurs, après la victoire de Dimitrov contre Mpetshi Perricard
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Corentin Moutet a battu Reilly Opelka au Masters 1000 de Paris (3-6, 7-5, 6-1), confirmant la suprématie des créatifs sur les servebot après la victoire de Dimitrov contre Mpetshi Perricard
  • La surface de Paris a été ralentie cette année (indice passant de 46 à 35) pour s’aligner sur les standards de Turin. Alcaraz y voyait une opportunité de « voir jouer du vrai tennis » et des « échanges plus longs ». Le match de Moutet l’a confirmé.
  • Après la perte du premier set, Moutet a pris la mesure du service d’Opelka pour prendre le meilleur sur l’Américain dans les sets suivants.

De notre envoyé à la Paris La Défense Arena,

On espère que Reilly Opelka ne le prendra pas personnellement, d’autant plus que son bourreau du jour Corentin Moutet semble l’apprécier, mais le Français ne pouvait décemment pas laisser un homme à qui il ne manque que la chemise à carreaux et la veste sans manches pour compléter la dégaine de pêcheur du lac Michigan lui voler la vedette. Opelka peut bien être un chic type, il est de cette espèce de joueurs - fort heureusement rare - qui ne suscite rien d’autre que sommeil et indifférence chez le passionné de tennis : le servebot.

Si le modèle français Giovanni Mpetshi Perricard était passé par-dessus bord contre le revenant Grigor Dimitrov au premier tour du Masters 1000 de Paris, ce n’était pas pour garder son clone américain le lendemain, encore moins quand on sait que ce dernier a été scandaleusement repêché après son retrait des qualifs le week-end. Pour le bien du tennis, il fallait donc que Moutet gagne.

Moutet a souffert avant de rebondir

On ne va pas se mentir, les choses étaient mal barrées pour notre Coco national sur un central froid comme la glace. Difficile de dire, à ce sujet, qui du public en pleine digestion ou du 32e joueur mondial, assommé par les aces à 225 et les deuxièmes balles à 215 de son adversaire, a le plus galéré pour rentrer dans son match. « Si on pouvait mettre le fond de court trois mètres plus loin… Ou alors il faut que je grandisse », se marrait Moutet, qui n’en finissait plus de reculer dans la première manche pour faire face au service de l’Américain. Mieux réveillé, Opelka a profité d’un break d’entrée pour gérer son business à grands coups de tatane jusqu’à cueillir le premier set qui lui était gentiment offert. 6-3, on se fait chier, les points durent deux, trois coups, Moutet est sans réponse face au service adverse, bref, l’enfer.

« Il fallait que je trouve des solutions [sur le service d’Opelka], analyse le futur nouveau top 30 mondial. De près, de loin, j’essayais de trouver des distances différentes, d’essayer de trouver la manière de le retourner. Tous les joueurs ont du mal à le retourner, peu importe la taille. Au final j’ai bien retourné de près, de loin, il n’y avait pas vraiment de solution unique. »

Le Français a pu trouver dans la nouvelle surface une alliée contre le service du titan. Ralentie pour coller aux standards des finales ATP de Turin, la surface a vu son indice de rapidité passer de 46 l’année dernière à 35 en 2025. Il y a désormais de la place pour jouer du beau tennis, c’est Carlos Alcaraz en personne qui le dit. « Si le court est plus lent, on peut vraiment voir jouer du vrai tennis, ce n’est pas simplement une question de service. On peut élaborer nos jeux, on peut voir des échanges plus longs. »

Plus de jeu, moins d’aces = Moutet gagnant

Coco en a fait l’agréable découverte à partir du deuxième set en poussant Opelka à jouer un ou deux coups supplémentaires, à chercher des amorties et même à rattraper des lobs (oui, oui). Au bout d’une demi-heure à jouer au chat et la souris et cracher ses poumons, l’Américain a craqué sur une double faute. Sur ce coup, Moutet peut remercier le public de l’Arena, passée en mode Bercy entre la première et la deuxième balle, une tendance volcanique qui n’évoluera plus malgré les « restez respectful please » de l’arbitre.

Le 3e set est un carnage : 6-1, le même tarif que Mpetshi Perricard sur la fin de match contre Dimitrov. Ce n’est que la 2e fois de sa carrière que l’Américain prend un score aussi rude sur une manche en indoor. Révélateur du niveau de Moutet et d’une surface qui résistait jusqu’ici à une uniformisation récemment dénoncée par Alexander Zverev à Shanghai.

« Les directeurs de tournois vont dans cette direction parce que, évidemment, ils veulent que Sinner et Alcaraz réussissent dans chaque tournoi. Nous avons toujours eu des surfaces différentes : on ne pouvait pas jouer le même tennis de la même manière sur gazon, dur et terre battue. Aujourd’hui, on peut jouer presque de la même façon sur chaque surface. » Est-ce si grave si ça permet d’avoir plus de Moutet et Dimitrov et moins d’Opelka et de Gio ?